En 1979, date de mon ordination, éclate dans la Fraternité la querelle sédévacantiste. Aucun confrère, je dis bien bien aucun, de la Fraternité n'avait les moyens de répondre théologiquement à cette querelle. Les professeurs de dogmatique à Ecône enseignaient que le Magistère Ordinaire Universel n'était pas infaillible, ou qu'il dépendait du consentement de l'Eglise alors que le Concile Vatican I dit exactement le contraire. N'ayant pas alors les moyens intellectuels de réfuter les sédévacantistes, j'ai pris deux ans pour étudier la question. A la fin, j'ai conlu que le MOU est infaillible mais que Vatican II n'est pas du MOU, quoiqu'en ait dit l'abbé Lucien (le plus brillant théologien de l'époque). Depuis, je n'ai plus jamais eu d'état d'âme. Et ce que je déteste chez les sédévacantistes, c'est qu'ils n'osent même pas s'avouer tels. Comme disait le pape mercredi dernier dans son audience publique, "L'affirmation de notre identité chrétienne [...] suppose la clarté, la force et l'audace de la provocation qui sont le propre de la Foi". |