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Optimisme volontariste par Abbé Claude Barthe (2007-01-22 21:06:03) Imprimer

Après l’élection de Benoît XVI, j’ai été maintes fois réprimandé par des traditionalistes pour être trop sobre dans mon optimisme. Aujourd’hui, alors que je reste tout aussi sobre, ces traditionalistes me jugent généralement trop optimiste. En réalité, mon optimisme est délibérément volontariste.
Sur la doctrine, Benoît XV n’est pas un traditionaliste, mais un réformiste. En revanche, il est proche de nombreux théologiens, qui sont, quant à eux, franchement traditionnels d’esprit. C’est une banalité de dire qu’il est intelligent. Mais il a du génie avec une grande souplesse. Il est aussi humble et se range à des arguments théologiques solides. N’avait-il pas écrit en 1969 que « la doctrine de la divinité de Jésus ne serait pas mise en cause, si Jésus était issu d’un mariage normal » ? Mais, il s’est clairement corrigé en 1977. Je pourrais donner quelques autres exemples : dans Ma vie, au milieu d’un passage de grande qualité, il en vient à dire que l’Ancien Testament est « en soi » ouvert sur deux voies d’interprétation, la voie juive post-christique et la voie chrétienne ; sur objection, il a admis et proposé que dans l’édition suivante il soit dit que l’Ancien Testament est « matériellement » ouvert sur ces deux voies d’interprétation.
Si donc, aujourd’hui, dans son discours à la Curie du 22 décembre 2006, il a dit qu’il « respectait la religion islamique », certes en citant Nostra aetate, il pourra, j’en suis certain, revenir sur cette affirmation, en disant par exemple qu’il respecte a priori les hommes qui pratiquent la religion islamique, ou qu'il respecte les éléments de religion naturelle qui se trouvent dans l'islam.
Sur son gouvernement, il subit actuellement de vives attaques de gauche (à Rome, dans un article récent Henri Tincq, dans le journal italien Panorama),toutes sur un schéma identique : Benoît XVI s’avère ne pas être un homme de gouvernement, fragilisé qu'il est, disent-ils par la nomination désastreuse de l’archevêque de Varsovie, affaire qui se double d’une crise très complexe entre lui et les prélats polonais, fragilisé par les effets qu’il n’avait pas prévus du discours de Ratisbonne, et fragilisé par l’annonce du motu proprio qui a mis l’épiscopat français en état de révolte larvée.
Raison de plus pour le défendre, bien que, encore une fois, nous aurions toutes les raisons de nous plaindre des nominations épiscopales françaises. Mais je répète que suis persuadé que la continuation à la Curie d’hommes de confiance (je dis bien hommes de confiance, qu’il connaît de longue date, qui ne l’ont jamais trahi, et non pas nécessairement des traditionnels comme nous aimerions) va finir par porter ses fruits sur les nominations françaises. Je veux le croire !
Benoît XVI est particulièrement tenace, pour ne pas dire têtu dans ses projets. Sera-t-il, lui ou son successeur, l’homme des grands affrontements à l’intérieur de l’Église, ultime et inévitable conséquence de l’époque de Vatican II ?
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