Le Forum Catholique
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( 930 )
Bonjour par Jean-Gab (2006-12-11 19:38:10)
Monsieur Morin, et merci d'apporter votre témoignage.
Ma question va être simple, et votre réponse me servira pour argumenter auprès de camarades qui sont comme vous avez été et qui n'en sortent pas ou ne veulent pas en sortir.
Drogue, sexe et violence, comment, par quel moyen avez vous pu arrêter -presque- d'un seul coup ?
Je suis content de ne pas "goûter" à ces choses, mais il paraitrait qu'une fois qu'on y a mis les pieds, on a énormément de mal à s'en sortir.
Merci :)

( 955 )
le piège n'en a pas les apparences par
Dominique Morin (2006-12-11 21:57:07)
[en réponse à 930]
Jean-Gab,
Le piège est que ça n’a pas l’air dangereux, c’est agréable, ça défoule, le sexe et la violence et ça permet d’oublier, la drogue et l’alcool. Une fois dedans, l’habitude de fuir, la puissance du plaisir dont la mémoire se souvient longtemps après peut perturber toutes nos relations. Il ne faut pas commencer et c’est mon seul message aux jeunes. Ensuite, on ne maîtrise plus rien, malgré les apparences. La vie est bien trop belle, l’amitié bien trop riche et l’amour bien trop grand pour risquer de gâcher tout ça.
Beaucoup heureusement s’en sortent mais marqués et parfois fragilisés durablement. J’ai quand même mis quatre années à arrêter et j’ai eu de la chance.
Je me permets de vous joindre une lettre à diffuser sur le cannabis.

( 956 )
Lettre à un fumeur de cannabis par
Dominique Morin (2006-12-11 21:58:22)
[en réponse à 955]
Lettre à un fumeur de cannabis
Je m'adresse à toi pour avoir gaspillé mon adolescence dans le cannabis. Personne n’a pu m’en dissuader à l’époque. J’en suis sorti difficilement mais cela reste un souvenir douloureux et j’y ai contracté le sida avec une fille, droguée comme moi et morte depuis. Comment faire réfléchir ceux qui se droguent ou sont tentés de le faire? Dans des écoles ou ailleurs, je témoigne devant les jeunes pour éveiller leur esprit critique. Ils sont attentifs et bienveillants, voire reconnaissants. Ils savent tous que je dis vrai, même ceux qui se droguent. Le cannabis ne résout rien, mais empêche le fumeur de bâtir sa vie. Autour de toi, combien se droguent, certains même s’en vantent comme d’une identité ou attendent avec impatience la légalisation ? Comment les accabler, ce sont aussi des victimes comme toi et moi. Mais crois-tu qu’on puisse vraiment réfléchir sur la drogue dans ces conditions ?
Pourquoi en sortir ? Parce que consommer sa vie en fumant rend passif, parce que la drogue étouffe nos capacités, parce que notre existence devient virtuelle. On n’est plus capable de prendre ses responsabilités ni de choisir librement. Quelle perte de temps et d’énergie ! Combien de fumeurs dont le cannabis a envahi la vie en sont devenus esclaves ? C’est dur à reconnaître, je sais. En prendre conscience peut faire peur, dégoûter de soi, mais aussi faire réagir, c’est ce que j’espère. Pour réussir un projet, scolaire, personnel ou autre, il faudra choisir entre la drogue ou la liberté, il va falloir agir ! Et pour agir, il faut être lucide. La drogue rend pénible l’effort, démotive, et favorise la dépression. Ne la laisse pas choisir à ta place. J’ai choisi un jour d’arrêter la drogue pour reprendre le contrôle de mon destin. Depuis, je n’ai plus peur de vivre et je suis libre.
Sans le cannabis, on peut faire des choix en toute liberté, aller vers les autres. Tu as besoin d’eux, eux de toi, pour construire ton avenir. Tes copains de fumette ne pourront rien pour toi dans ces moments-là . Ils ont tellement de mal avec leur propre vie ! Comment aimer les autres et s’aimer quand on ne se supporte que défoncé ? La vérité du drogué, c'est la fuite et une grande solitude. La vie s’éloigne, devient angoissante, alors on l’oublie avec des produits. Quel gâchis de tant de jeunes vies pleines de promesses !
Tu ne cherchais pas cela, n'est-ce pas ? Mais que trouver dans le plaisir facile ? La fuite des difficultés ? Le bonheur reste fragile et repose sur des efforts sur soi à chaque instant. Une vie digne de ce nom, se fonde sur l’amour qui lui donne un sens et la vérité qui éclaire nos choix, certainement pas dans la fuite. Pourtant, je ne te juge pas. Nous avons été trompés par cette belle illusion. Tu reprendras confiance en toi dans ce combat pour la vie. Pour retrouver ta dignité où liberté rimera avec responsabilité, abandonne cette angoisse de vivre caché derrière ton pétard.
En donnant le meilleur de soi, on court un risque. Mais donne-toi une chance de découvrir la vraie vie. Si tu refuses cette réalité, tu cours vers un suicide spirituel et humain. Renonce à ce qui t’enchaîne ; je ne te promets rien, mais ouvre les yeux et tu découvriras la beauté de la vie et ta valeur personnelle. Malgré les difficultés, la joie de donner et recevoir des autres. Cette joie et cette paix, aucune illusion n’a pu les apporter à personne. N'aie plus peur, lève ton regard et va vers l'avenir. Apprends à voir les gens autour de toi comme des partenaires et non plus comme des agresseurs ou des ennemis.
Plus personne ne vient parler du Ciel aux jeunes alors le paradis sur terre tardant à paraître à l'horizon, ils fuient vers les paradis artificiels. Je ne t'accable pas, car tu voulais une nourriture pour ton âme mais on ne t'a donné que des pierres. Certes, en donnant le meilleur de toi-même tu risques d'y laisser des plumes, mais la vraie vie est un risque à courir. Ceux qui refusent cette évidence fuient dans un suicide spirituel et humain. Je ne te promets rien, mais quand tes yeux s'ouvriront à la vie, tu découvriras, la beauté qui nous entoure, malgré les difficultés de l'existence et la joie qu'il y a à se donner. Cette paix du cœur que les illusions, du monde moderne n'ont jamais pu apporter à quiconque. Ne recules pas vers ce qui n'a jamais été mais monte vers ce qui demeure. N'aie plus peur de la vie, lève ton regard vers l'avenir et considère les autres comme tes amis et non plus comme des agresseurs et des ennemis. Sous la lumière de Dieu qui t'a toujours aimé depuis qu'Il t'a crée unique, irremplaçable, appelé à vivre dans l'éternité et qui attendra le temps qu'il faudra pour que tu sortes de ta révolte. Il te veut libre, le regard clair, capable d’aimer en vérité la vie et les gens, d’aimer Dieu à ton tour.

( 957 )
La pornographie ou l'amour condamné à mort par
Dominique Morin (2006-12-11 22:00:20)
[en réponse à 956]
La pornographie ou l’amour condamné à mort
Cher jeune,
Je voudrais m’adresser à toi sur ce sujet si délicat qui renvoie chacun à sa fragilité. Beaucoup de garçons en parlent grossièrement pour se défouler ou choquer, mais aucun ne se vante de ses conséquences intimes si pénibles. J’ai moi-même découvert ma sexualité dans une grande ignorance, autant gêné que perturbé par la puissance de ces instincts naissants. Le discours qu’on me tenait à l’école ne m’apportait aucune réponse, me fournissant juste des techniques pour gérer et subir ma sexualité. Ils appelaient ça la liberté sexuelle. Influencé par mes copains, je suis allé chercher ailleurs et j’ai laissé mon regard, mon cœur et mon corps se polluer par la pornographie. N’ayant jamais appris à ordonner cette sexualité, je ne pensais qu’à coucher avec des filles. Au début, c’était super, mais au bout du compte c’était toujours un échec. Le plaisir qu’apporte le défoulement s’oublie mais l’échec de l’attachement affectif demeure comme le sentiment d’être passé à côté de l’essentiel. Pour mon malheur, j’ai vite pris goût à réduire l’amour à du sexe, avec un regard sale, incapable d’aimer la personne avec qui je partageais une si grande intimité malgré parfois des sentiments réels.
Devenir cynique et jouer avec les sentiments de l’autre, mentir et utiliser l’autre comme un objet a été mon seul idéal d’adolescent et à vingt ans, je ne croyais plus en rien. J’y ai aussi contracté le sida avec une pauvre fille qui en est morte depuis. C’est finalement assez logique.
Les défenseurs du prétendu amour libre, derrière leurs beaux discours, plutôt que de dénoncer ce sort fait à l’amour, ont en réalité renoncé à aimer pour se résigner à se consumer en se consommant. Ils défendent cela comme un progrès, mais si vous aspirez encore à aimer en vérité, ne croyez pas leurs discours qui réduisent l’amour à la solitude, à la peur, voire à la mort.
Adolescent, je n’avais pas à ma disposition tout le progrès technique actuel, Internet, dvd, qui envahissent votre intimité de tentations innombrables. Quand j’aborde le sujet devant des jeunes en témoignant dans les écoles, beaucoup baissent les yeux. La liberté d’y échapper n’existe plus pour eux. Les spots publicitaires, les affiches, n’importe quel film, jusqu’aux modes féminines, la suggestion est permanente. Et le soir, ils se retrouvent seuls à un clic de souris entre la proposition et leur faiblesse. Comment pourraient-ils lutter ?
Le vrai problème nié par les esprits forts, c’est qu’ils n’ont pas reçu de véritable éducation à la maîtrise de leur sexualité leur permettant de l’ordonner vers une aspiration à un Amour vrai tourné en dérision par des théories sexuelles qui réduisent l’homme à ses instincts.
Ne vois-tu pas que la pornographie est un poison violent qui a commencé à se diffuser par l’érotisme apparemment plus anodin mais qui appelait déjà à convoiter l’autre comme un objet. L’amour vrai est sacrifice pour l’autre qui rend possible la joie du don comme le moine qui renonce à l’amour d’une personne pour se donner à Dieu. Aujourd’hui notre environnement est infesté de stimulations qui éveillent l’imagination sexuelle et déchaînent des pulsions chez des hommes mais aussi dans une moindre mesure chez des femmes. Sommes-nous encore libres d’aimer face à ce torrent ?
Non, la pornographie n’est en rien anodine, elle n’apprend rien, elle ne détourne pas les pulsions. Elle est profondément destructrice, insidieusement et s’inscrit dans ta mémoire. A la différence d’un disque dur, tu ne peux pas la nettoyer et des flashs reviendront quand tu regarderas une fille, quand une conversation éveillera en toi un souvenir, quand tu seras avec une amie et que ta mémoire t’échappera et ton imagination s’enflammera. Quel gâchis !
Cela vaut-il la peine de risquer de ruiner des relations qui peuvent être chastes et respectables, de ne voir les filles que comme des objets, aidé malheureusement en cela par certaines tenues et modes actuelles ?
Crois-tu pouvoir y échapper si tu laisses ta vue, puis ton esprit et ton corps se souiller par ce spectacle dégradant ou les personnes sont réduites à la bestialité des instincts de l’autre ?
Alors, ne te voile pas la face, il faut réagir pour ne pas tomber dans ce piège qui dévalorise des milliers de malheureux en les enfermant dans une dépendance.
Refuse le mensonge de la pornographie sous toutes ses formes. L’amour est liberté authentique et joie alors que la bestialité dégrade les personnes. L’explosion actuelle des agressions sexuelles et de l’instabilité de si nombreux couples n’est pas sans lien avec ces pulsions déchaînées et cette chosification des personnes.
L’être humain est nié dans sa dignité d’enfant de Dieu, comme aussi la différence homme et femme appelés à unir leurs capacités pour construire ensemble et donner la vie. Différence qui permet de s’offrir et de s’unir pour s’accomplir ensemble et qui est méprisée pour une tyrannique loi des désirs et des pulsions.
Comment être respecté et admiré quand on devient dépendant du désir de l’autre, de ses pulsions désordonnées voire perverses ?
Comment donner le meilleur de soi et mériter la confiance quand on est débordé par une nature sexuelle livrée à elle-même ?
La pornographie est un crime contre chacun d’entre nous et les promoteurs de ce mensonge qui en vivent grassement sont des criminels. Allons-nous nous taire parce que nous sommes un moment tombé dans leur piège, que la tentation nous guette encore ?
La grâce de Dieu n’abolit pas la nature et nous ne sommes pas responsables de ce que nous subissons. Sans notre dignité que la miséricorde de Dieu nous rend si nous l’avons perdu, serions-nous encore des êtres humains ? Pouvons-nous subir seuls cette souffrance, fréquenter sans risque ceux qui s’y sont résignés voire appeler ce mal un bien ?
Bien sûr que non, alors plutôt que de subir, battons-nous sans relâche. Par des choix quotidiens, qui sont plus difficiles que des grandes décisions parce qu’à recommencer sans cesse, éviter Internet aux moments dangereux, refuser de regarder des films et des sites malsains, cesser de fréquenter des copains qui nous y ramèneraient. Certains choix rendent libres, d’autres esclaves.
Deux visions de l’amour s’opposent radicalement. L’une qui envisage l’amour comme un don réciproque total dans la confiance et ouvert à la vie. Elle suppose la foi dans l’amour et se donne les moyens nécessaires à cette fin. L’autre refuse le don de la vie, conditionne le don aux désirs de chacun et rend la confiance impossible. Le sexe défoulement a supplanté une sexualité ordonnée à une stabilité affective, ce dont j’ai souffert comme tant d’autres jeunes qui subissent les conséquences de cet anti-amour égoïste et désespéré. La pornographie est la conclusion inévitable d’un amour qui n’est plus appelé au dépassement de soi et à la fécondité.
Dieu nous a créés non pas pour nous empêcher d’être libre et heureux mais au contraire pour permettre à notre liberté de rendre possible notre bonheur. Tous les commandements de l’Eglise vont dans ce sens, ils ne sont pas contre mais pour un plus grand bien.
Toi qui aspires, secrètement peut-être, à un grand amour qui dure, relève ce défi. Considère ces tentations, ces suggestions et tous ce qui va dans ce sens comme des souillures qui t’empêcheront de pouvoir vous donner et vous recevoir dans la véritable joie avec celle que tu aimeras. Personne ne mérite cette dégradation de soi, de l’autre, de l’amour.
Je pleure ma pureté perdue pour un peu de plaisir. Si je pouvais rendre tout ce plaisir pour ma virginité, je n’hésiterais pas un instant. Mais il faut assumer mes actes et je ne peux que regretter les quelques minutes dérisoires de plaisir auquel m’avait condamné tout le poison dont je m’étais nourri auparavant. Seule la chasteté m’a rendu capable d’être libre parce que maître de mes instincts pour aimer en vérité. Ne fais pas cette erreur et refuse de salir ton regard, ton cœur et ton corps. Deviens authentiquement libre par tes choix d’aimer en vérité.
Tu as été créé pour de grandes choses pas pour la médiocrité ni la tristesse de ceux qui ne savent plus aimer. Demeure ou redeviens capable de te respecter pour respecter celle que tu aimeras. Demande à Dieu son aide et ne te décourage jamais. Je prie pour toi.

( 961 )
Merci !! par Jean-Gab (2006-12-11 22:30:29)
[en réponse à 957]
Merci pour votre beau témoignage, je conserve vos lettres bien précieusement !!
Ainsi j'aurai un argumentaire plus étoffé :)
En union de prières

( 965 )
Le Pape est un criminel ! par Patapouf (2006-12-11 22:59:57)
[en réponse à 957]
C'est ce que l'on entend de la bouche de nombreux non catholiques, voire de certains qui se disent catholiques et même prêtres... Un criminel car le pape refuse (comme si cela dépendait de lui) d'accepter le préservatif comme protection de la vie.
En dehors de toute considération morale, et quand vous ne pouvez pas leur sortir vos belles lettres, quel est, en quelques mots seulement, votre argument contre une telle haine de l'Eglise qui "chercherait à asservir ses fidèles pour mieux les tenir" en ne prônant que l'abstinence et la fidélité.

( 975 )
Il le serait s'il laissait croire qu'on peut aimer sans vérité par
Dominique Morin (2006-12-12 00:16:03)
[en réponse à 965]
Patapouf,
Il ne faut pas chercher à convaincre mais à faire réfléchir avec des arguments de bon sens.
Un soldat qui va sur un champ de bataille met un casque en Kevlar, un gilet pare-éclats. Mais il est soldat et sait qu’il pourra limiter les risques efficacement longtemps, peut-être toujours mais qu’il a accepté qu’un jour un éclat, une balle évite sa protection et touche un organe vital.
Est-ce qu’un jeune pense qu’il peut prendre des risques en couchant avec des partenaires qu’il ne connaît pas vraiment sans prendre le temps de gagner la confiance, de se connaître. Les autres font aussi la même chose sur sa route. Le jour ou ça échoue, que leur reste-t-il ? N’est-il pas trop tard alors pour réfléchir ?
Celui qui veut jouer à la roulette russe accepte le risque, son plaisir est sa seule loi. Mais le jeune croit découvrir l’amour et il rime déjà avec méfiance, peur et peut-être demain mort. Se sent-il prêt à réduire l’amour à ça, son plaisir est-il si important pour lui ?
L’amour n’est pas un champ de bataille et la peur, si elle y existe est la preuve que cet amour a échoué puisque la confiance n’existe plus.
S’il a chuté et qu’il va vers un prêtre se confesser, le prêtre, s’il regrette vraiment et essaie de ne pas recommencer, lui donnera le pardon de Dieu. Mais si ce jeune ne croît plus en l’amour, le cœur blessé d’avoir été trahi par ceux à qui il faisait confiance, le corps abîmé par l’impureté et arrive à vingt ans dégoûté de l’amour, ne croyant plus qu’au sexe, qui lui rendra cette foi dans l’amour pour construire demain sa vie ?
Et s’il est blessé à vie par un tout petit virus qui vous la pourrit sûrement, sera-t-il capable de se pardonner son égarement d’un soir ?
Dieu pardonne toujours, l’homme parfois, la nature jamais.

( 976 )
[réponse] par Patapouf (2006-12-12 00:29:15)
[en réponse à 975]
Un grand merci pour le mal que vous vous donnez et le temps que vous prenez pour nous répondre.
Patapouf

( 978 )
[réponse] par
Dominique Morin (2006-12-12 01:02:58)
[en réponse à 976]
Patapouf,
On ne se donne pas de peine et on ne perd jamais son temps en faisant le bien et en aimant.
union de prière