Le Forum Catholique
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( 906 )
Comment éviter par Thomas (2006-12-10 15:31:04)
Bonjour,
Malheureusement, je ne peux pas être présent pendant les rendez-vous du FC. Je me permets donc de vous poser maitnenant les questions qui me brûlent les lèvres.
Vous dîtes, dans votre présentation que vous vous êtes rebellé à 16 ans et que vous avez alors commencé, par la consommation de cannabis, ce qu'on pourrait appeler votre « chûte ».
Ma première question est double :
- Contre quoi exactement vous êtes-vous rebellé ?
- Étant donné vos souvenirs de celui que vous étiez alors, comment aurait-il été possible de l'éviter ?
Ma seconde question, double elle-aussi, n'est pas sans rapport :
- Quel regard portez-vous sur vos idées de jeunesse. Sur votre rebellion, sur vos idées politiques ?
- Quel genre de discours peut atteindre des personnes qui partagent les sentiments et les opinions que vous aviez alors ?
Merci d'avance pour les éclaircissements que vous pourrez m'apporter.
Thomas

( 923 )
Combattre le mal par le bien par
Dominique Morin (2006-12-11 18:41:08)
[en réponse à 906]
Thomas,
Je n’ai pas eu conscience de me rebeller immédiatement. Je voyais ma vie comme un échec familial par l’absence de mon père, la découverte négative de ma sexualité par l’impureté et la pornographie sans cadre porteur vers un but supérieur, mon échec scolaire et pas de projet d’avenir, un malaise profond lié aussi à cet âge de transformation. J’avais globalement une vision négative de la vie. J’ai commencé à m’intéresser aux idées anarchistes, aux utopies soixante-huitardes, à jouer le rebelle. Mais jusque-là , ce n’était pas bien terrible, juste une crise d’adolescent. La rencontre avec la drogue, son aspect magique, le manque de lucidité sur le risque car j’étais adolescent, puis sa capacité d’abstraction du réel a été un déclencheur. Très vite, les changements de fréquentation, de mentalité, les voyages à Amsterdam et la drogue ont empli le vide de ma vie, caché le malaise, m’ont donné un sentiment de supériorité et de vivre une aventure en prenant des risques. Ce chemin si tentant s’est révélé une impasse et j’y ai gâché mon adolescence. Puis ce fut les filles et le sexe. Une information défaillante sur ma sexualité, la pornographie qui met la confusion dans notre esprit et abîme le regard, un discours unique de copains eux-mêmes en plein défoulement sexuel hors de toute maîtrise, tout cela est venu polluer une attirance naturelle vers les filles et un besoin en soi légitime d’affection. Avec en prime, les premiers discours de la libération sexuelle, pouvais-je deviner qu’il existait autre chose ? Autre impasse, autre déception, à 19 ans, je ne croyais plus en rien sinon au plaisir, souffrant même d’éprouver des sentiments qui ne menaient jamais à rien.
La violence politique s’est mise en place assez vite. Les squats politisés du début des années 80 avec les Autonomes, mélange de marxistes et d’anarchistes d’ultra-gauche prônant la rupture et la violence sur le modèle Italien. La casse dans les manifs, le pillage dans les magasins, les occupations illégales, le refus des lois, du service militaire pour les anarchistes, nous avons soutenu l’avortement, les droits des homosexuels, la légalisation de la drogue, les terroristes d’Action Directe en prison à l’époque. Très vite, les positions se sont radicalisées, les unes en pensées velléitaires dirais-je, ceux que l’extrême droite appelait élégamment « la race des signeurs », les autres dans la délinquance politisée avec des cambriolages, du trafic de drogue, des magouilles en tout genre. Au milieu, il y avait nous, les « purs », les pires, cherchant un mode d’expression dépassant le jet de cocktail Molotov dans une manif. J’ai donc appris à fabriquer des explosifs artisanaux, à mettre le feu à un local politique puis est venu l’arme automatique dans mes mains et j’ai alors compris que j’étais pris au piège. J’étais devenu un vrai rebelle sans m’en rendre compte alors que jusque-là je jouais plutôt au rebelle. J’ai eu peur de moi, je commençais à voir l’autre face de nos comportements, la solitude, la violence, la misère humaine et morale de nos vies. J’ai aussi commencé à découvrir le vrai visage du communisme, menteur, bestial, inhumain, incompatible avec la moindre humanité. Je me suis éloigné très vite de tout ça pour échapper à la tentation et j’ai essayé d’apprendre à vivre en société, selon la loi naturelle et morale. J’ai mis à distance la drogue petit à petit, car on n’arrête pas le cannabis comme ça. J’ai fui la violence immédiatement même si cet instinct reste en nous très longtemps après. J’ai regardé avec un esprit plus critique les idées anarchistes auxquelles j’ai préféré le principe de réalité pour me sortir de cette mélasse, cette inertie, ce fatalisme. Mes lectures aussi ont évolué, ouvrant ainsi devant moi de nouveaux horizons. Enfin de l’air !
J’ai manqué d’un père, d’une société qui tienne la route, d’un cadre porteur au lieu de la cité, son laissez faire, ses tentations et son fatalisme. Il m’aurait fallu croire à quelque chose, en moi, dans mon avenir. L’école laïque aussi était en crise comme la société des adultes. Ma mère tenait debout, mais j’échappais à son autorité et elle était dépassée.
C’est depuis l’enfance que j’avais besoin d’un cadre, de modèles adultes positifs, de discours éducatifs cohérents, de Dieu dans ma vie. Peut-on reprocher à un adolescent d’être naïf et de suivre de mauvais exemples, de manquer de lucidité sur les tentations ? Je manquais clairement d’enthousiasme pour la vie et de confiance en moi.
Je m’efforce d’être indulgent pour mes égarements pour ne pas être trop dur avec moi. C’est le passé et les remords n’aident pas à avancer. Il faut faire le bilan et passer à la suite.
Je regrette deux choses, en dehors du mal que j’ai fait autour de moi et à moi-même. Tout d’abord ma virginité que j’aurais dû réserver à la femme que j’aime et ne peux demander en mariage à cause du sida. Je pleure cette virginité. Aucun jeune n’a jamais rigolé quand je leur dis cela. Ils ont une certaine expérience de la vie et savent que l’amour, c’est sérieux ou ce n’est plus rien que du plaisir et de la peur.
Je regrette les années de drogue, qui m’ont fait vivre entre parenthèses mon adolescence. J’ai touché du doigt en négatif l’importance d’une famille stable, d’une éducation à la vie, d’une information affective, de vivre en présence de Dieu et d’avoir un but dans sa vie. Céline disait « On parle souvent des illusions, qu’elles perdent la jeunesse. On l’a perdu sans illusions la jeunesse. » J’en étais là au bout de quatre années de n’importe quoi.
Sans l’accueil bienveillant de ma mère et la puissance de la vie en moi, je n’aurais pas eu la force de tout quitter pour revenir sur terre.
Je cherchais un sens, une saveur, un but à ma vie et n’y ai trouvé que du plaisir médiocre, le mensonge et la fuite. Il faut savoir se pardonner de s’être trompé.
Je pense avoir été fidèle à mon idéal anarchiste en suivant un chemin de vie à travers la foi retrouvée. Mais anarchiste, je faisais de ma liberté un idéal, presque un but, et cela ne m’a apporté ni la paix ni la joie. En apprenant à ordonner ma vie à une loi, ma liberté est devenu un moyen pour choisir et aimer. L’anarchiste devrait comprendre que raisonnablement ce qu’il cherche se trouve dans la foi catholique. Le courage intellectuel est la véritable rébellion et l’humilité une véritable vertu virile. C’est là que j’y ai trouvé cette force de donner le meilleur de moi et d’aimer. Aucun obstacle n’est infranchissable à qui le veut.
L’idéologie pervertit notre esprit en opposant l’idéal à la réalité. Elle est une contre religion par essence en refusant ce qui est pour ce qu’il voudrait. Le catholique adhère à la réalité puisque c’est par elle qu’il peut maîtriser sa nature, les éléments et aller vers Dieu, qu’il devient capable d’aimer et de surmonter les épreuves. Attention à fuir une vision idéologique de la foi coupée du réel. L’orgueil mais aussi la paresse intellectuelle empêchent beaucoup de personnes de se remettre en cause. Pour ma part, ce sont des auteurs « sulfureux » qu’anarchiste, je commençais à lire. Avec Céline, Bernanos, Saint Exupéry, j’ai élargi ma vision étroite rétrécissant la réalité à mes idées que je croyais généreuses. L’idéalisme est une bonne chose en soi, mais le mettre en pratique est une autre chose. Qu’un jeune soit révolté contre l’injustice, le mal est sain en soi. Mais ce ne sont pas les contraintes sociales qui sont à réformer en priorité mais les intelligences et les cœurs. Tuer les prêtres en Espagne pour le bonheur de l’humanité, interdire l’expression en France aux militants pour la vie au nom de la liberté, refuser de se remettre en cause et chercher sans arrêt des exutoires à ses problèmes, tout cela n’est pas cohérent. Et n’apporte pas la moindre réponse à nos problèmes.
Nietzsche, j’étais individualiste illégaliste, a bien dit « Nous avons tué Dieu, nous sommes maudits. Ne sentons-nous pas le froid envahir notre cœur ? Comment pourrons-nous nous consoler nous, les assassins des assassins ? Jamais plus, nous ne connaîtrons la consolation d’une prière. »
Comment apporter la paix autour de soi sans commencer soi-même par la posséder ? Comment aimer réellement sans se détacher de sa volonté et de ses désirs ? Ces idéologies, ces idées chrétiennes devenues folles comme disait Chesterton, apparemment généreuses gaspillent un potentiel humain formidable et risquent de dégoûter d’aimer et de vivre beaucoup de gens. Écoutez ce que disait Jim Morrison, icône de 68 ;
« Dans la vie, j’ai eu le choix entre l’amour, la drogue et la mort. J’ai choisi les deux premières et c’est la troisième qui m’a choisi. »
Que ce soit par les expériences de la drogue, du sexe, de la violence idéologique ou non, c’est toujours nous qui sommes perdants. Il n’y a rien derrière, aucune forme de bonheur authentique, seulement la solitude et la souffrance de vivre qui devient peu à peu insupportable. Je pense à ces copains qui ont fini par mettre fin à leurs jours d’une façon ou d’une autre. L’arbre se juge à ses fruits et celui de cet idéalisme sent le sapin. Ayons pitié de nous et ne nous faisons pas payer une faute qui ne nous appartient pas, nos problèmes personnels, nos erreurs. Et même si c’était le cas, Dieu pardonne toujours, pardonnons-nous aussi.
Principe de réalité et recherche de son vrai bien tiennent leurs promesses et sur cette route, on rencontre l’Eglise catholique qui nous enseigne comment aimer comme nous n’imaginions pas pouvoir le faire.
Comme disait Fernando Arrabal, écrivain anarchiste, lors d’un congrès de la Fédération anarchiste ibérique en provoquant un tollé : « Compagnons, il nous faut réapprendre à prier. »
J’espère avoir répondu à vos questions sinon n’hésitez pas à me questionner.
Union de prière.
Dominique

( 926 )
Ai-je compris par Thomas (2006-12-11 18:57:45)
[en réponse à 923]
Monsieur Morin,
Merci beaucoup d'avoir pris le temps de répondre avec tant de détails.
Je ne veux pas entamer votre humilité, mais j'admire ce courage que vous avez eu de reconnaître vos erreurs.
Il me semble que c'est là l'un des murs le plus difficile à abattre lorsqu'on se retrouve face à un jeune qui serait en perdition comme vous l'avez été.
Y a-t-il des recettes qui pourraient l'amener à cette humilité ? Des paroles qui seraient susceptibles, plus que d'autres, de réveiller leur conscience ?
Une autre question me taraude : lorsque vous parlez, vous, à ces jeunes, ils vous écoutent d'autant plus que vous êtes passé par là où ils passent. Vous pouvez vous prévaloir d'avoir vécu ce qu'ils ont vécu.
Pensez-vous qu'un discours externe de quelqu'un qui n'est pas leur mère aimante ni un rescapé qui sait de quoi il parle a des chances de les toucher ? Peut-on, nous, péquin lambda plutôt bourgeois, atteindre ces jeunes d'une manière ou d'une autre ?
Merci mille fois pour votre réponse et pour ce que vous faîtes.
Cordialement,
Thomas

( 967 )
Ils auraient tant besoin d'un Dieu! par
Dominique Morin (2006-12-11 23:02:15)
[en réponse à 926]
Thomas,
Pas de fausse modestie. Le témoignage porte, mais vous avez les moyens d’en savoir assez, la volonté de dialoguer avec les jeunes et l’amour nécessaire. Portez ça dans la prière et attendez le moment opportun. Soyez bienveillant et dans la vérité, laissez-le ensuite réfléchir sans attendre de retour. Les jeunes sont plus au courant de la réalité des tentations. Vous seriez étonné de la lucidité de beaucoup. Mais il leur faut des pistes pour quitter tout ça ou l’éviter, des bonnes raisons. C’est par notre témoignage de vie, notre bienveillance et notre amour pour eux que nous pourrons leur transmettre un message de vie face à toutes ces attitudes dangereuses pour eux.
Un très bon blog pour information QFJAMP.fr c’est à dire que ferait Jésus à ma place. C’est tenu par un ami des Sœurs de la Consolation de Draguignan et ça aborde tous les sujets qui fâchent. J’y ai mis quatre lettres dont celle que je joins en message ainsi que trois autres déjà publiées.
Allez-y, jetez-vous à l’eau !
Ils attendent beaucoup des adultes et reçoivent si peu. Nous ne sommes pas assez nombreux pour nous passer de vous. Participez avec nous au complot d’amour !

( 968 )
Lettre à une jeune catholique à la mode par
Dominique Morin (2006-12-11 23:04:00)
[en réponse à 967]
Lettre à une jeune catholique à la mode
Chère jeune fille,
J’aimerais, à partir de ma propre expérience, réfléchir avec vous sur certaines attitudes.
J’ai brûlé mon adolescence dans des expériences désordonnées, avec le désir sexuel comme moteur et une affectivité exacerbée comme boussole. Croyant à l’époque que ces pratiques seraient une initiation sans conséquences, j’y ai pourtant appris à mentir et à tricher en amour, et j’y ai contracté le sida. Un jour, j’ai enfin quitté tout ça pour essayer de construire ma vie. Mon retour vers la foi catholique a donné un sens à cette quête. Il y a dix ans que je connais mon infection et, tout en combattant la maladie, je témoigne de la beauté de la chasteté et de l’amitié. Car même si mon cœur et mon corps restent marqués au fer rouge, le pardon de Dieu a guéri mon âme et les relations très chastes que j’entretiens depuis avec des femmes m’ont appris à croire en l’amour.
Autour de nous règne le culte du plaisir et de la superficialité. Monde de mensonge et de solitude ou l’homme et la femme, orphelins d’un Père qu’il ne connaisse pas ou ont renié, cherchent là une raison d’être. Cette influence, que nous subissons tous, d¹une façon ou d’une autre, s’appuie sur la faiblesse humaine livrée à elle-même.
A l’adolescence, le corps se transforme et l’imagination sexuelle s’éveille. La fille découvre sa fécondité, transformation intérieure de son corps qui fera d’elle un jour une femme. Ce même corps commence à prendre des formes féminines explicites qui va attirer naturellement le regard des garçons. Elle devient une jeune femme et lui un jeune homme. La pudeur lui permet alors de protéger l’intimité de son corps qui se transforme, du regard de convoitise que cette découverte peut provoquer chez le garçon. Cette chasteté peut-être inconsciente est en tout cas un signe évident de délicatesse. Le garçon découvre sa sexualité très extérieurement à travers une génitalité bien envahissante. La première image que la jeune fille donne d’elle étant souvent sa tenue, quel sera l’impact sur lui d’une cuisse dévoilée, d¹un pantalon très collant ou d’un décolleté ? N’oubliez pas que le garçon vous regardera avec sa psychologie à un âge où ce qui n’est que séduction « innocente » pour la fille sollicite sexuellement le garçon. Vos relations s’en ressentiront forcément, même si le garçon n’ose vous avouer sa faiblesse. Aidez-le à s’élever et à grandir en étant délicate à son égard par votre exigence, en ne tentant pas sa grande fragilité.
La séduction cherche à attirer à tout prix le regard de l’autre. La provocation et le souci de choquer aussi, d’une autre manière. Êtes-vous sûre de respecter sa liberté en provoquant son regard ? Supporteriez-vous qu’avec sa force physique, qui est son point faible avec l’instinct sexuel, il vous force à s’intéresser à lui ? Chacun a la responsabilité envers l’autre de le laisser libre de son choix. Quelle tristesse que des femmes, jeunes ou adultes, sollicitent notre convoitise envers un corps que, malgré notre nature fragile, nous sommes aussi capables de regarder chastement ! Si chacun n’aide pas l’autre, dans un souci de respect mutuel, cela sera vite une source de conflits entre nous. Observez simplement autour de vous une société ou ne règne que la séduction, le besoin de paraître et l’égoïsme. La souffrance et la solitude ne sont jamais bien loin et la satisfaction bien éphémère et dérisoire.
L’instabilité affective et l’impudeur actuels découlent d’une méconnaissance voire d’un refus de la faiblesse humaine et de l’absence d¹une éducation à la pudeur et à la prudence. La beauté féminine est appelée à être mise en valeur autrement que par une médiocre entreprise de séduction charnelle. Mais les modes vestimentaires sont parfois si ambiguës qu’il est souvent difficile, voire impossible de ne pas être attiré par le spectacle d’un corps outrageusement mis en valeur. Est-ce que la femme n’aurait d’intérêt que pour les formes de son corps offertes à tous ? Je ne l’ai jamais pensé mais que faire sinon se résigner à subir ou protester comme je m’exerce à le faire ?
Ce que je sais d’expérience, c’est ce que va penser un garçon en voyant un corps dévoilé. Sa pensée va s’arrêter à ce qu’il voit et il risque de ne pas aller plus loin. En quelque sorte, de réduire la femme aux formes qu’elle met excessivement en valeur. J’en parle souvent avec des garçons qui me confient sincèrement leur gêne qu’ils n’avoueront jamais aux filles.
Venons-en maintenant à l’essentiel.
Notre foi catholique nous enseigne que notre corps est le temple du saint Esprit. Nous allons nous confesser pour lui avoir manqué de respect afin de retrouver l’amitié de Dieu en redevenant disponible à sa grâce. Chacun de nos actes visibles témoigne de notre foi. Il n’est pas certains actes relevant du spirituel ou Dieu aurait droit de cité dans notre vie, et d’autres ou il devrait rester à l’écart. Notre attitude à l’égard de notre corps est comme une façon d’exprimer notre pensée. Qui se néglige ou met trop d’attention à son apparence déforme le miroir de la création que Dieu a mis en lui en s’attachant excessivement à la superficialité à notre seul profit, souvent en plus au détriment de la vie intérieure. Ce qui est le cas de la séduction ou de l’agressivité vestimentaire. Notre corps est un instrument qui doit nous permettre de réaliser de grandes choses. C’est pour cela qu’il faut le respecter et être délicat à son égard car notre âme a besoin d’un écrin qui la mette en valeur, pas d’un écran qui la cache ou la déforme.
Notre Dieu n’est pas un Dieu sévère et cruel. Il s’est incarné, a vécu notre condition et est mort ignominieusement sur la Croix pour nous racheter. C’est la preuve évidente de son amour sans bornes pour nous. Egarer sa volonté dans une pauvre entreprise de séduction ne risque-t-il pas de vous éloigner d’un Amour si doux et miséricordieux ? Vous n’y aviez probablement jamais songé auparavant, où vous aviez confondu indulgence avec complaisance. Est-ce qu’en allant à la messe, en priant un peu, en respectant certaines règles morales exigeantes, vous pensez en faire bien assez ? Je comprends que le monde est fascinant, brillant, tentant, comme le mal l’est bien plus que le bien qui ne brille ni ne fascine mais tiendra ses promesses qui sont d’un autre ordre, vrai et fécond. Suivre l’esprit du monde dans le domaine de la mode puis, qui sait, notre nature est si fragile, des relations dangereuses est vraiment un risque spirituel pour vous. Dieu, qui ne reprend pas sa fidélité, vous dit sans cesse « je t’aime comme tu es, mon enfant ! » mais le beau jeune homme qui vous regarde séduit ou émoustillé, flatte votre vanité et vos sentiments et risque de vous faire tout oublier. Pourtant, vous devez faire des choix aussi dans ce domaine et les attitudes provocantes sont un choix dont vous n’aviez peut-être pas conscience jusque là . Je précise que si je parais m’en prendre aux femmes plus qu’aux hommes, c’est que Dieu leur a confié d’éduquer les hommes et que, si le péché originel les a réduit à séduire, elles restent néanmoins appelées à redevenir nos éducatrices. Prenez cette lettre comme un hommage à votre vocation.
Dès le matin, je m’arme par la prière afin d¹inspirer le respect et la discrétion. Ma vie spirituelle m’a appris que la vie intérieure compte plus que tout, apaise les sentiments et les passions, rend plus délicat et disponible à Dieu et aux autres en nous éloignant des obstacles de notre nature et notre volonté. La délicatesse à l’égard des autres est un de ces signes d’une âme apaisée par la prière. Commencez par-là ou plutôt continuez, revenez sans vous lasser à la prière qui laisse Dieu agir en vous et vous rend disponible à son amour. Laissez sur le bord de la route les influences, les tentations, le désir de paraître et allez à l’essentiel. Vous y trouverez Dieu et votre véritable valeur. En découvrant que vous êtes aimable et aimée pour vous, comme vous l’êtes réellement, vous serez moins sensible aux influences de recherche de séduction ou de provocation, venant souvent de personnes mal dans leur peau. Vous cesserez d’être superficielle quand vous aurez repris le chemin de la Vie intérieure. Je vous souhaite ce merveilleux cheminement vers la vraie beauté de l’âme d’une femme. Beauté dont ont aussi besoin les hommes pour que nous puissions monter et grandir ensemble.
Dominique Morin

( 958 )
La Rencontre par Consolation (2006-12-11 22:11:06)
[en réponse à 923]
"on rencontre l’Eglise catholique qui nous enseigne comment aimer " Vous qui avez été touché par la Grâce,si cela vous agrée , dites-moi, je vous prie , où eut lieu cette Rencontre? Avez-vous trouvé sur votre chemin un bon pasteur qui sut vous accueillir et vous faire ressentir la Miséricorde de Dieu? Où puis-je le rencontrer?
Que Dieu vous bénisse et vous garde.

( 969 )
Ne Le cherchons plus, laissons-le nous trouver! par
Dominique Morin (2006-12-11 23:30:41)
[en réponse à 958]
Consolation,
J’ai d’abord eu peur des conséquences immédiates de mes mauvais choix et j’ai donc réappris à vivre selon l’ordre naturel. Toujours parler de l’ordre naturel en premier car ils comprennent bien. A Lourdes au pèlerinage militaire international en 1984, j’étais le seul soldat de mon régiment. Je cherchais, mais la liturgie de l’époque ne m’inspirait pas, le discours était flou, plein de bons sentiments mais peu de doctrine. En pratiquant à Paris, j’ai trouvé une bonne paroisse Saint Germain L’Auxerrois, la paroisse du roi de France. Déjà , ce n’était plus progressiste pourtant il manquait encore de substance. Noël doit éclater de joie, d’espérance ou je n’y comprends rien !
C’est Saint Nicolas du Chardonnet qui m’a servi de repère durant trois ans. J’y ai fait deux confessions décisives pour ma vie spirituelle. Mais après les sacres, j’ai choisi d’être fidèle à Rome. Saint Eugène puis Notre Dame du Lys ou je vais encore actuellement. Plus concrètement, je vais en semaine à la nouvelle messe, faute de moyens d’aller à la traditionnelle. Je ne le regrette pas, c’est comme ça. La confession a beaucoup d’importance pour moi. Il faut avoir douté de sa dignité, de l’espérance pour comprendre et savourer ce retour à la vie, cette résurrection spirituelle. Chacun est sur ce même chemin car il n’y a pas de péché qui soit anodin tant qu’il nous coupe de la paix et nous éloigne de Dieu, créant en nous des habitudes mauvaises.
Sainte Catherine de Sienne disait à propos de la pureté ; « La chair nous tourmente par ses mouvements et sa fragilité pour nous priver de la pureté, or en étant privé de la pureté, nous sommes privés de Dieu. »
Les jeunes autour de nous vivent un véritable martyre de la pureté. Il faut leur rappeler l’amour miséricordieux du Seigneur à Sainte Marie Madeleine ; » A celui qui aura beaucoup aimé, il sera beaucoup pardonné. » Elle est l’apôtre des apôtres et la patronne des vierges consacrées par sa virginité spirituelle. J’ai vu des jeunes blessés par une sexualité désordonnée pleurer devant moi quand je leur parlais de cette sainte.
Vous pouvez rencontrer des confesseurs qui vous offrent ce cadeau d’amour de Dieu partout ou ils officient. A Paris à Saint Louis d’Antin là ou je vais depuis des années. Il y a des confessions toute la journée et de bons confesseurs. Je vous conseille le Père Scheller qui dit les prières de l’absolution en latin et est de très bon conseil. Mais beaucoup d’autres aussi sont solides et ce sacrement est un miracle indépendamment du prêtre.
C’est à nous de nous laisser aimer car Dieu nous attend depuis toujours.
Jésus disait à la samaritaine ; « Si tu savais le don de Dieu ! »
Si nous savions le don de Dieu, nous serions si tristes d’être loin de Lui un instant.
Bonne route et comptez sur mes prières.

( 974 )
Merci par Consolation (2006-12-12 00:13:52)
[en réponse à 969]
Je vous remercie de tout coeur pour votre réponse;Jamais je ne pourrai vous rendre la mesure de ce que vous venez de me donner.
Soyez, vous aussi, assuré de mes prières.Que Dieu vous garde.

( 981 )
Pas de paix sans la grâce par
Dominique Morin (2006-12-12 23:25:35)
[en réponse à 974]
Mon âme est inquiète tant qu'elle ne repose en Toi, o mon Dieu!
Deo gratias!
Dominique