Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 9528 )Sacré et moderne, est-ce possible ? par Alonié de Lestre (2010-12-10 23:10:13) 

Bonsoir M. Martin,

Je vous remercie pour le temps que vous nous accordez. J'ai plusieurs questions pour vous.

1. Esthétiquement parlant, à quelle époque le Rite romain était-il à son zénith ?

2. Toujours d’un point de vue esthétique, quel est votre rite oriental préféré ?

3. À quoi ressemblerait, selon vous, la liturgie parfaite pour le XXIe siècle ?

4. Croyez-vous possible la naissance d’un nouveau style artistique qui saurait, à l'aide des moyens techniques modernes, exprimer la sacralité au XXIe siècle ? À quoi ressemblerait ce style ?

5. Selon vous est-ce que la langue liturgique contribue à la beauté d’un rite ?

Merci d'avance pour vos réponses.
images/icones/neutre.gif  ( 9559 )questions diverses par Samuel Martin (2010-12-13 19:48:37) 
[en rponse 9528]

Bonsoir Alonié de Lestre,
Vous me posez des questions difficiles !
1. Le rite romain est à son zénith lorsque toutes les conditions requises pour une célébration digne et respectueuse sont réunies, dans ce qu’on nomme les « quatre signes sensibles » : paroles, gestes, choses, personnes. Du point de vue esthétique, les arts ont varié suivant les époques. Je vous renvoie à ma réponse « arts sacrés », infra.
2. Je n’ai pas de rite oriental préféré. Je ne connais pas l’esthétique propre que chacun a développée, du moins pas assez pour me prononcer. Je n’ai d’ailleurs pas envie de le faire : il me suffit de savoir que ce sont des liturgies pleines de beauté, comme l’est de son côté le rite romain – lequel est, si vous voulez, mon rite oriental préféré.
3. La liturgie parfaite est celle que j’ai décrite en 1.
4. Sur l’art sacré à venir, je vous renvoie à mes réponses « art sacré possible », « art sacré possible (2) ».
5. La langue liturgique paraît bien importante. Ce n’était peut-être pas une évidence, mais l’on a vu tout ce que l’on a perdu en abandonnant le latin. Les traductions ont été déplorables, et à la décharge des traducteurs (dans la mesure où on suppose qu’ils furent bien intentionnés), le latin des psaumes est quasiment intraduisible. Cela ne veut pas dire qu’il est incompréhensible, juste qu’il est préférable de les garder dans cette langue: leurs beautés latines, qui sont grandes, se perdent en passant en français. (Voyez La Sainte Liturgie, de Dom Gérard.) La langue est dans le cas présent d’autant plus importante qu’elle est associée au chant grégorien. Les réformateurs savaient qu’en « bazardant » le latin ils jetaient au fossé, également, ce trésor spirituel et artistique qu’est le grégorien.