Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 9537 )Les défauts esthétiques du rite tridentin... par Aétilius (2010-12-12 23:02:42) 

Cher monsieur,

Ayant lu votre livre, qui "cogne" sur l'esthétisme, ou plutôt l'absence d'esthétisme du nouvel ordo, ne pourrait-on faire aussi des reproches au rite tridentin actuel, que beaucoup trouvent bien rigide, austère et quasi militaire, contradictoire avec une certaine grandiloquence de la musique baroque, toutes les "capa magna" et un certain maniérisme liturgique ?

On peut ajouter ce défaut de laisser en grande partie de côté l'assemblée, coupée du célébrant, qui reste tout le temps dans son "empyrée" qu'est le choeur.

La conséquence logique de tous ces supposés défauts, s'étant accumulés avec le temps, est que l'on est parti dans l'extrême inverse, avec tout ce que vous décrivez dans votre livre.

Je vous remercie de votre réponse, ayant d'autres questions derrière cette première...

Aétilius
images/icones/neutre.gif  ( 9543 )Défaut du rite tridentin par donpaco (2010-12-13 18:24:17) 
[en réponse à 9537]

Je ne dirais pas que le rite tridentin a des défauts, pas plus d'ailleurs que n'importe quel autre rite agréé par l'Eglise, mais qu'il est relativement imparfait, comme l'est toute oeuvre humaine. Ce qui est toujours parfait par contre c'est le joyau sublime mais nu laissé par le Seigneur à ses apôtres au cours de la Sainte Cène : le renouvellement mystique de sa Passion par le rite sacré du Pain et Vin eucharistiés qu'il demande de refaire en mémoire de Lui ; il appartenait aux chrétiens des âges ultérieurs d'entourer ce joyau d'un travail d'orfèvre pour le mettre en valeur. On aimerait bien évidemment connaître la manière dont les apôtres et leurs successeurs immédiats, promus au rang d'orfèvres mystiques, s'y sont pris ; cela nous est malheureusement interdit, une épaisse obscurité entourant, comme toujours, les origines de toute chose. La diversité des rites dans l'Eglise exprime, d'une certaine façon, le caractère imparfait de cette oeuvre humaine, tandis que leur convergence, approuvée par l'Eglise, exprime bien leur tension vers le diamant divin qu'ils certissent. Le rôle du rituel est donc de faire plonger le prêtre-célébrant et sa communauté avec lui dans le mystère par excellence de la Foi qu'est le renouvellement sacramentel de la Passion de Jésus, acte sublime d'Amour, seul capable de nous convertir. Comment donc juger de la qualité d'un rituel ? C'est celui qui fera converger toute l'assemblée dans l'adoration de ce grand mystère auquel elle est invitée à communier. Il paraît que la Messe célébrée par le Saint Padre Pio c'était cela. Comme disait jean-Paul II dans sa dernière encyclique sur l'Eucharistie : "aller à la Messe c'est se rendre au Calvaire". Tout est dit. Et le Padre Pio allait au Calvaire et il entrainait toute l'assemblée avec lui. Il n'était plus question alors d'éloignement physique avec le prêtre ou d' "empyrée", comme vous dîtes, mais de contemplation du Calvaire, renouvelé sacramentellement " La même victime, le même prêtre, seule la façon d'offrir est différente " selon la merveilleuse définition du Concile de Trente : le Calvaire est là mystiquement et des foules immenses accourant d'un monde entier se pressaient pour participer a l'acte d'Amour parfait - le pur joyau ! - le Calvaire! Et c'est là que l'on réalise que nos petites querelles de rituel sont bien secondaires. Par contre je reconnais que le rituel tridentin, aussi imparfait soit-il, me permet personnellement de beaucoup mieux plonger dans ce mystère et cette participation au Sacrifice du Christ qui est l'essentiel de la Messe. J'ai plus de mal avec le nouveau rite, mais je reconnais par contre que la liturgie de la Parole du rituel de Paul VI est plus pastorale. C'est pourquoi j'attends avec une certaine impatience que notre Eglise nous donne ce que Benoît XVI appelle la réforme de la réforme c'est-à-dire une amélioration du rituel en harmonisant ce que ces deux rituels ont de meilleur.
images/icones/neutre.gif  ( 9554 )simplicité liturgique par Samuel Martin (2010-12-13 19:02:12) 
[en réponse à 9537]

Bonsoir Aétilius,
Je ne crois pas, d’abord, que l’assemblée soit coupée du célébrant, inaccessible dans le chœur. Si les fidèles suivent les textes, le déroulement de la messe, s’ils s’y unissent par la prière, il me semble qu’alors le prêtre et les fidèles, chacun à sa place et dans son rôle, sont unis. Bien plus que par des applaudissements ou par des prises de parole au micro, gestes que la messe Paul VI a répandus.
Les progressistes réformateurs ont prétendu vouloir retrouver une liturgie de la simplicité. Cela aurait pu se faire aisément par des retouches, des recommandations, à partir de la liturgie Saint Pie V, qui sous sa forme de messe basse est toute de simplicité – et de beauté aussi. Ce n’est manifestement pas ce qu’ils voulaient puisqu’ils ont mis au point une nouvelle liturgie, très différente de la précédente. Et la simplicité qu’ils disaient rechercher, l’a-t-on vue ? Non. La liturgie nouvelle a promu une médiocrité générale.