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La réalité sur le terrain rend impraticable la réforme de la réforme par Alonié de Lestre (2010-11-27 23:57:50)
Bonjour Monsieur l'abbé Barthe.
Je tiens tout d'abord à vous féliciter pour votre ouvrage, la Messe à l'endroit, que j'ai beaucoup aimé. Étant néophyte dans le monde traditionaliste, j'ai apprécié votre style clair et accessible à tous.
Toutefois, je trouve que vos suggestions pour une réforme de la réforme ne tiennent pas compte de la réalité sur le terrain. Premièrement, un grand nombre de prêtres diocésains ne savent pas célébrer l’Eucharistie selon la forme extraordinaire du rit romain et parmi ceux qui savent, ils n’en ont tout simplement pas la volonté. Ensuite, admettons qu’un curé désire célébrer selon les deux formes, les dames de la " toute-puissante " équipe pastorale refuseront chacune des modifications visant à catholiciser LEUR repas eucharistique (NOM). Finalement, si un curé de bonne volonté réussit à sortir vivant d’une réunion du comité liturgique de l’équipe pastorale paroissiale, il ne lui reste qu’à prier le bon Dieu que son évêque ne le mute pas ou ne le suspende pas.
Question :
1- Ne croyez-vous pas qu'une réforme de la réforme dépendant du bon vouloir d’un si grand nombre de personnes est impraticable ?
2- Le Saint-Père connaît-il la réalité sur le terrain ? Si oui, pourquoi n'impose t-il pas une réforme de la réforme ?

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[réponse] par Abbé Claude Barthe (2010-11-30 18:53:56)
[en réponse à 9428]
Je suis très sensible à vos encouragements.
Votre objection est vraie dans une majorité des cas. Tout mon propos, qui est au fond descriptif, consiste à dire : dans un certain nombre de paroisses de France et d’ailleurs existe ce processus de Réforme, généralement évolutif : le curé commence par retourner l’autel en insufflant le maximum de latin, puis il introduit la communion à genoux, dit à voix basse l’offertoire traditionnel, etc.. J’ai d’ailleurs fait dresser une liste, assez impressionnante, que je me garderai bien de communiquer. Il s’agit donc d’élargir ce qui existe déjà . Il est clair que les encouragements épiscopaux, et leur propre pratique y aideraient beaucoup.
J'ai ainsi, du coup, répondu partiellement à votre 1ère question, il me semble. A la 2ème, j'ai répondu plus haut : il n'y aura pas, de longtemps, de textes normatifs. Les attendre pour ne rien faire, alors qu'il suffit de faire dans le missel de Paul VI les bons choix, est une tentation. A laquelle cèdent beaucoup.