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Influence néfaste de la modernité qui relativise certaines critiques par Athanase (2010-11-30 11:21:45)
Vous aviez écrit dans l'un de vos ouvrages que la liturgie a été une barrière mentale à la sécularisation des fidèles. On peut comprendre la réactivité des laïcs, qui, plus que les clercs, sont confrontés au monde réel et redoutent d'y être immergés. Dans la mesure où les clercs en sont éloignés (célibat, soutane, etc.), donc placés dans une situation de retrait, malgré diverses entorses (attitude personnelle ou ecclésiale), ils sont préservés d'un accommodement. Tel n'est pas le cas des laïcs, plus immergés, mais aussi plus lucides vis-à -vis du "gros animal" qu'est la société. Je schématise, voire caricature quelque peu, mais les lignes sont là .
Le déferlante de l'ultra modernité ne permet-elle pas de relativiser certaines critiques ? Je m'explique: ce qui a poussé à l'iconoclasme anti liturgique, n'est-ce pas l'impossibilité de s'extraire d'une modernité radicale ? Si la modernité s'essouffle, n'est-ce pas pardoxalement bon pour la liturgie ? Imposer le missel de 1962 sans être conscient du matraquage des 60 dernières années ne risque-t-il pas d'être infuctueux, si ce contexte n'est pas pris en compte ? La réforme liturgique s'est faite dans un contexte de destructuration radicale de la société: consumérisme, crise de la famille, révolution sexuelle, diffusion massive de la technologie, hédonisme, développement de la sphère médiatique, etc. Beaucoup de chrétiens touvent cela normal. Pour essayer une réforme de la réforme, ne faut-il pas être lucide sur le monde où nous vivons ? La critique de la réforme liturgique n'est-elle pas inséparable d'une critique de la modernité ?

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Ce contexte doit en effet être pris en compte par Abbé Claude Barthe (2010-11-30 21:11:46)
[en réponse à 9457]
Permettez-moi, Cher Athanase, de douter de l'essoufflement de la modernité. Ne pourrait-on pas plutôt parler de la mutation – une nouvelle mutation – du virus ?
Il reste qu’il est parfaitement vrai que l’on ne peut pas ne pas tenir compte du contexte qu’elle a établi dans les mentalités et les sensibilités et des défenses anti-modernes qu'il suscite. Mais, ce contexte existait déjà , moindrement, au XIXème siècle, et les défenses qu'il avait provoquées ont coloré les restaurations liturgiques qui ont suivi la Révolution. En exagérant et simplifiant, elles ont eu quelques unes des caractéristiques du médiévisme de Viollet-le-Duc, ou plus tard de l’esthétisme de Huysmans. Et ça a « fonctionné » assez bien.
Il me semble que présentement, sous des formes à la fois plus savantes et cependant très « parlantes » pour nos contemporains (je pense au chant liturgique, à l’architecture), on peut aussi faire « fonctionner » un retour.