Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 91 )La sainte messe par Myster de Kerpolik (2006-07-09 18:22:53) 

Bonjour et merci d'avoir bien voulu participer à ce forum.

Voici mes questions, en fait il s'agit d'une seule car elles découlent les unes des autres et tous les problèmes autour de la messe et de la tradition en dépendent ou plus exactement dépendent des réponses données.
Lors de la célébration de la messe:
1° Qui célèbre l'eucharistie?
2° Qui préside l'eucharistie?
3° Que fait le prètre?

Merci à l'avance pour vos réponses.
images/icones/neutre.gif  ( 125 )Qui célèbre ? par Abbé Christophe Héry (2006-07-10 18:45:07) 
[en réponse à 91]

Cette question est fondamentale et sert de discriminant pour séparer la "thologie de la célébration" conciliaire de la doctrine traditionnelle sur la Messe.

Le Concile de Trente a bien posé que le Christ est le célébrant principal du rite, puisque c'est son sacrifice qu'il offre lui-même, le même qu'il offrit sur la croix et qu'il présente désormais éternellement au Père depuis son ascension, pour le salut des âmes et la gloire de Dieu – qui sont une seule et même réalité.

Le prêtre agit en son nom et même en sa personne, offrant le sacrifice de la Messe de manière non sanglante et sacramentelle, c'est-à-dire paar la consécration séparée du Corps et du Sang du Christ.

Les fidèles participent spirituellement et, par la communion, sacramentellement, à ce saint sacrifice.

La perspective conciliaire a changé cela, affirmant par exemple que c'est le "Saint peuple de Dieu" (S.C. n° 41) réuni en assemblée autour de la table du repas qui célèbre. Chaque participant devient célébrant à part entière. Le rôle du prêtre n'est plus d'abord d'offrir le sacrifice pour les péché des hommes et à la louange de Dieu, mais d'animer la célébration collective en la présidant. C'est l'assemblée qui célèbre. par une "célébration pleine, active et communautaire" (S.C. n° 21-27, etc.)
images/icones/hein.gif  ( 126 )Place du fidèle par Xénophon IV (2006-07-10 18:54:34) 
[en réponse à 125]

Quel est le mode de participation du fidèle qui assiste au Saints Mystères
images/icones/neutre.gif  ( 138 )Les fidèles par Abbé Christophe Héry (2006-07-10 19:08:46) 
[en réponse à 126]

Et les fidèles, dites-vous?

Ainsi que je l'indique brièvement dans la réponse précédente, les fidèles s'associent volontairement au sacrifice par l'offrande spirituelle d'eux-mêmes, de leurs actions de grâces, de leurs travaux, leurs peines, leurs soucis, leur contrition… Deux moments expriment au mieux cette participation des fidèles baptisés aux saints mystères : l'offertoire, parlequel le prêtre les invite notemment à s'associer au "sacrifice de toute l'Église"; par la communion surtout à l'Hostie, c'est-à-dire à la Victime divine immolée et glorifiée: le sacrement de l'eucharistie constitue un point culminant dans la participation aux Mystères, c'est-à-dire au Christ souffrant, mourant en croix, ressuscitant, montant aux cieux et siégeant à la droite du Père. Le fruit de la communion des fidèles, dit saint Thomas d'Aquin, est l'unité de l'Église (voir oraisons de l'offertoire et de la communion de la messe du Saint sacrement).

La Messe élève toute l'Église et spécialement l'assistance, par les mains du prêtre, à l'offrande éternelle du Christ Victime glorifiée

cette réponse vous satisfait-elle ?
images/icones/neutre.gif  ( 127 )Autrement dit par Myster de Kerpolik (2006-07-10 18:55:02) 
[en réponse à 125]

plus qu'une question de rite c'est une question de fond qui sépare ces deux théologies.
D'où les difficultés, souvent énormes pour ne pas dire les obstacles insurmontables, qui se lèvent pour empècher l'application large du motu proprio Ecclesia Dei.
La "concession" de messes selon le rit de saint Pie V représenterait ainsi, de fait, une reconnaissance de la théologie tridentine. Il s'agit donc d'une affirmation théologique en même temps qu'une reconnaisance rituelle.
images/icones/neutre.gif  ( 156 )Louis Bouyer : le culte de l'homme par Abbé Christophe Héry (2006-07-10 19:38:03) 
[en réponse à 127]

Vous mettez le doigt sur le point sensible : les perspectives et les "orientation" (que manifeste l'inversion du sens de l'autel) indiquent théologiquement deux "religions" qui se font face. Nous sommes avec Vatican II dans une perspective humanitariste qui n'avait pas échappé au Père Louis Bouyer, membre fondateur du fameux CNPL (voulu par le Concile) pour produire les nouveaux missels français. Il sait de quoi il parle :

"Il ne s'agissait plus du tout de recherchesd pour retrouver la vie authentique de la liturgie transmise par la Tradition, mais de la substitution d'une pseudo-liturgie sans racines et qui confond l'adaptation avec un simple mimétisme absolument mortel.

"C'est une espèce de culte de l'homme qui s'est substitué au culte de Dieu et même lorsqu'il emploie encore certains termes de la parole de Dieu, il les emploie dans un sens tout à fait frelaté pour leur faire exprimer des idéaux tout huamins et où il n'y a pas vraiment d'intervention surnaturelle de Dieu. Jésus-Christ lui-même n'apparait que comme l'idéal de l'homme, et encore, cet idéal tel que nous le concevons et tel que nous pouvons le réaliser naturellement" (Le Métier de théologien, 1979).

On voit bien que Sacrosanctum Concilium prévoyait non seulement une adaptation des rites, mais une "révision entière" (S.C. n° 4) et un "changement de structure" (S.C. n° 38). La refonte du Missel de Saint Pie V est explicitement annoncée, dans la perspective de l'Homme et de son culte, comme l'avouera Paul VI dans son célèbre discours de cloture du 7 décembre 1965.
images/icones/croix.gif  ( 183 )Qu'entendez-vous par culte de l'homme ??? par Jean-Marie D (2006-07-10 20:47:25) 
[en réponse à 156]

Monsieur l'Abbé,

Les réflexions malveillantes au sujet des droits de l'homme que reconnaît enfin l'Eglise ne m'incitent pas à rejoindre les rangs de ceux qui respectent "la tradition".
Les droits de la personne humaine, de sa naissance à sa mort, sont compatibles avec le christianisme. Ils n'ont rien à voir avec la culte d'un homme divinisé par je ne sais par quelle transformation.
Le droit pour chaque humain de choisir sa voix, le Christ l'a respecté. Nous sommes nés libres. A nous de choisir la sainteté. L'Eglise montre la voix mais sans l'imposer.
Ceux qui suspectent le NOM d'invalidité rejettent par cette attitude l'infaillibilité pontificale qui est un dogme depuis Vatican I. C'est d'ailleurs curieux que ce dogme soit perçu selon les souhaits des uns et des autres.
Pour ma part, je crois le NOM tout-à-fait valable. Je souhaite que les deux rits, NOM et VOM, puissent coexister, comme ont coexisté d'anciens rits orientaux avec celui de Rome. C'est l'attitude des prêtres et des fidèles qui en assurent la validité.
Mais le problème est-il vraiment là ? Je ne le pense pas, Monsieur l'Abbé !
Quand nous relisons les paroles de Monseigneur Lefebvre, il va sans dire que les querelles de la liturgie ne sont pas les plus mis en avant. La liberté religieuse, de conscience, d'expression sont plus des sujets d'achoppement.
images/icones/neutre.gif  ( 177 )[réponse] par Venispiritus (2006-07-10 20:30:30) 
[en réponse à 125]


Le Concile de Trente a bien posé que le Christ est le célébrant principal du rite



A comparer avec:


CELEBRER LA LITURGIE DE ÉGLISE


1136 La Liturgie est " action " du " Christ tout entier " ( "Christus totus "). Ceux qui dès maintenant la célèbrent au-delà des signes sont déjà dans la Liturgie céleste, là où la célébration est totalement Communion et Fête.



Est-ce si différent monsieur l'abbé?

Bien cordialement,

VS
images/icones/linux.gif  ( 149 )Le Christ célèbre par Abbé Guillaume de Tanoüarn (2006-07-10 19:25:11) 
[en réponse à 91]

Qui célèbre la liturgie? Non pas l'assemblée qui est incapable de faire autre chose que de se célébrer elle-même. Non pas le prêtre car la liturgie ne lui appartient pas. Non pas d'abord l'Eglise car elle tire tout son rayonnement du Christ comme la lumière de la lune est celle du soleil.
Le Christ est à la fois le prêtre et la victime de son propre sacrifice. C'est lui qui le célèbre.
Le prêtre agit in persona Christi, comme un instrument de la puissance orante et sacrificielle du Fils de Dieu.
Quant à la notion de présidence, elle est empruntée à Saint Justin, philosophe laïque et non théologien. Dans le contexte culturel d'aujourd'hui, elle ne me paraît pas très heureuse!
Que fait le prêtre? Par sa fidélité à l'intention de l'Eglise épouse du Christ il accomplit le Christ total en offrant le sacrifice eucharistique à sa place modeste et glorieuse d'instrument. N'est-ce pas ce sacrifice eucharistique appliquant à tous les hommes dans l'espace temps le trésor incommensurable de la passion du Christ qui constitue comme disait Saint Paul " ce qui manque à la passion du Christ". Le prêtre est donc l'intendant du trésor de l'Eglise qui est le sang du Christ. Et qu'attend-on d'un bon intendant sinon qu'il soit trouvé fidèle à son maître et à son office?
A suivre GDT
images/icones/neutre.gif  ( 172 )Merci par Myster de Kerpolik (2006-07-10 20:18:28) 
[en réponse à 149]

Pour ces réponses qui situent bien tout l'enjeu du débat que la liturgie cristallise.
La Gloire de Dieu c'est l'homme vivant, c'est l'homme debout écrivait saint Irénée. Or le début de la citation est le point fondamental et non la partie humaine, non que celle-ci soit à minimiser car la rédemption résulte du sacrifice d'amour du Christ pour la crature adamique, mais la gloire de Dieu est l'essentiel de la phrase. Ce que l'homme doit célébrer c'est son Dieu d'amour créateur. Or une certaine théologie de l'humanité du Christ en centrant tout et de manière exclusive sur l'amour divin, glorifie toute l'humanité au point d'occulter Dieu.
La messe tridentine par la beauté de sa liturgie est une invitation à reconnaître Dieu dans sa majesté à la prier.
Une liturgie baclée refuse la grandeur de Dieu et refuse son rôle pédagogique en même temps qu'elle refuse aux hommes d'accéder à ce qui le transcende.

Merci pour votre participation et vos réponses.
images/icones/hein.gif  ( 184 )Alors pourquoi par Jean-Marie D (2006-07-10 20:50:37) 
[en réponse à 149]

le Christ a dit : " faites ceci en mémoire de moi..."
Il fait bien des fidèles les acteurs de cette commémoration !
Amicalemnt..
images/icones/1i.gif  ( 193 )Jésus s'adressait aux Apôtres !... par Michel (2006-07-10 21:05:16) 
[en réponse à 184]

Il prit le pain, le rompit et le distribua en disant "Ceci est..." : il est clair que c'est le célébrant qui peut "faire" cela, et non le peuple.
images/icones/bravo.gif  ( 194 )mais oui par Justin Petipeu (2006-07-10 21:06:22) 
[en réponse à 193]

sinon Jean-Marie D serait aussi évêque...
images/icones/neutre.gif  ( 204 )"Faites ceci..." par Jean-Marie D (2006-07-10 21:21:04) 
[en réponse à 194]

Bien sûr qu'il s'adressait aux apôtres.. Je n'ai dit que les fidèles étaient officiants..
Relisons les Actes II, 46 ;:
Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temps, ILS rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de coeur......." Si ce n'est pas de la concélébration, je ne sais pas lire..
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 210 )"Ils faisaient la Fraction du Pain"... par Michel (2006-07-10 22:32:21) 
[en réponse à 204]

Le mot Messe n'a existé que très tardivement. Au départ, on a utilisé l'expression "Fraction du Pain", faute d'expression plus précise et plus spécifique.
"Ils faisaient la Fraction du Pain [dans les maisons]..." (d'après la Trad. du Père Buzy sur le grec) peut donc se comprendre : "On se réunissait pour la Messe".
Et même si il y avait plusieurs Apôtres dans une même maison, on peut penser que c'est le plus honoré qui célébrait, en particulier S. Pierre.