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Constitution, subsidiarité... par
Yves Daoudal (2009-06-04 15:34:20)
I
« Première mesure
Élaboration par le Parlement Européen d’un projet constitutionnel clair et concis, compréhensible par la majorité des Européens. Il remplacera le traité de Lisbonne, et sera adopté par référendum dans tous les pays de l’Union. »
1 Une Constitution est l'acte fondateur d'un Etat. Toute Constitution européenne est la charte d'un Etat européen auquel les nations sont soumises. Est-ce vraiment ce que vous prônez ?
2 Le Parlement européen n’a en rien la compétence d’élaborer un projet de Constitution. Il n’a pas non plus compétence pour modifier cet état de fait. Comment allez-vous faire ?
II
« Ce projet devra être construit autour du principe de subsidiarité, c’est-à -dire réserver à l’Union Européenne ce qui ne peut pas se traiter au niveau des nations avec autant d’efficacité. »
Cette définition du principe de subsidiarité est celle qui figure dans le traité européen depuis Maastricht. Elle est celle qui permet la dictature tentaculaire de la Commission puisque c’est la Commission qui décide de « ce qui ne peut pas se traiter au niveau des nations avec autant d’efficacité ». Elle est l’inverse de la définition que donne l’Eglise, et celle-ci qualifie de « grave injustice » (Pie XI, Jean-Paul II, Catéchisme) l’accaparement par un échelon supérieur des compétences qui reviennent de droit naturel à l’échelon inférieur. L’échelon supérieur n’a pas de pouvoir habituel de décision, il ne peut intervenir que de façon… subsidiaire.
Pourquoi revendiquez-vous cette inversion ?
III
« L’Europe est une aventure unique dans l’histoire des nations. Pour la première fois nous assistons à la naissance d’un empire créé non pas par un conquérant mais par la libre volonté des peuples qui le compose. »
Où et quand les peuples ont-ils manifesté leur « libre volonté » de se fondre dans un « empire » européen ?

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L'Europe de la subsidiatité par
Axel de Boer (2009-06-04 19:28:47)
[en réponse à 7833]
Cher ami blogueur engagé,
Je vous ai déjà lu frémir sur ce sujet qui visiblement vous tient à coeur.
Nous sommes d'accord sur un point : l'Europe affirme se construire sur la subsidiarité, mais ne la respecte pas. De même qu'elle prétend défendre la vie sans la respecter. Cela ne veut pourtant pas dire que l'idée européenne soit mauvaise. Les peuples de l'Europe sont très majoritairement attachés à l'idée européenne, mais justement parce qu'ils y tiennent ils refusent cette caricature que nos politiques sont en train de monter.
Le même argument contre l'unité peut être invoqué par les provinces contre l'état français, et servir à demander légitimement sa disparition. Cet argumentaire est dangereux et, à mon sens, réducteur. N'oublions pas que la DSE précise qu'un pouvoir juste est l'équilibre entre principe de subsidiarité et principe de solidarité, le principe de subsidiarité ne peut exister seul.
Il est indispensable de donner un corps politique clair à l'Europe, sinon l'absence de clarté des fonctions de chacun conduira au chaos d'une manière inéluctable. Seul uns constitution (avec ou sans le nom) peut atteindre cet objectif.
Le mot "imperium" est un terme qui définit un régime politique précis, qu'il faut lire sans tomber dans les inversions sémantiques du mot impéralisme. L'Imperium est une unité de nations clairement autonomes partageant un destin commun, sous la forme d'une gouvernance d'arbitrage et d'initiative. La forme démocratique de l'Imperium reste à inventer, mais il me semble que ce terme (que je ne suis pas le seul à utiliser) définit bien ce que doit être l'Europe.
L'Europe invente une nouvelle façon de concevoir les relations entre états qui fascine le monde entier, il;faut en avoir conscience. Je tiens beaucoup à cette Europe qui a fait du drapeau personnel de Marie son emblème.
Pour moi, la commission doit être supprimée purement et simplement, pour les raisons que vous évoquez. croire en l'Europe neveut pas dire aimer la commission, pas plus qu'aimer la France signifie approuver son gouvernement et les lois que l'on nous impose. Au contraire, le devoir des chrétiens est d'investir l'Europe et de la rendre chrétienne, ce qu'elle était avant nous et ce qu'elle sera demain.