Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 7774 )Mgr de Castro Mayer par Athanase (2009-05-25 18:22:41) 



a été l'un des rares évêques à avoir gardé l'ancien missel (1969-1981), sans subir les foudres du Vatican, du moins sous Paul VI. Il faut noter qu'il n'a pas interdit l'usage du nouveau missel, preuve que la coexistence était bien possible.

Son exemple sera-t-il suivi ?

De même, certains usagers de l'ancienne forme l'ont maintenue, mais moyennant quelques retouches (réformes de 1964, 1965 et 1967). Je pense à certains prêtres des années 1970. On parle peu de ces exemples. Or, ces exemples attestent que la maintien de l'ancienne forme était possible sans nier certaines adaptations. Or, curieusement, c'est à partir des années 1980 que l'on s'attache à une forme plus classique et moins "adaptée": tant la FSSPX que le Saint-Siège (indult de 1984, puis MP de 1988) imposent la célébration selon le missel de 1962.

Quelle est votre opinion ? A-t-on souligné la complexité de l'opposition à la réforme liturgique, moins rigide qu'on ne l'a dit et qui l'est devenue du fait de ses opposants ?
images/icones/neutre.gif  ( 7798 )[réponse] par Marc Levatois (2009-05-25 21:41:13) 
[en réponse à 7774]

Merci de cette nouvelle question.

Ce que vous dites de Mgr de Castro Mayer à l’échelle de tout un diocèse peut aussi être mis en avant, d’une façon moins générale et généreuse, pour le célèbre « indult Agatha Christie » en Grande-Bretagne. On peut alors, dans certains pays, évoquer une attitude plus pragmatique face à la réforme, moins marquée qu’en France par l’esprit de système, bien que, dans le cas personnel de Mgr de Castro Mayer, l’opposition ait été aussi doctrinale. La dureté des réponses aux critiques traditonalistes et les réelles situations de souffrance créées ont certainement aggravé les tensions.

Il est sûr que les communautés où le missel traditionnel avait été conservé, dans son état immédiatement antérieur au changement d’ordo en 1969, ont dû s’adapter à des normes plus classiques à l’occasion des récentes décisions romaines.

Certains évoquent, dans ce cadre, un mouvement liturgique parallèle de fait, engagé par la mouvance traditionnelle. La proposition de normes classiques par Rome peut aussi signifier la volonté de considérer la liturgie traditionnelle non comme une survivance tolérée momentanément mais comme une réalité officielle, obéissant à des normes ecclésiales. C’est aussi le sens de l’adoption récente de réformes spécifiquement adaptées à la forme « extraordinaire », comme pour les prières du Vendredi saint.

Vous avez justement mis le doigt sur la complexité d’une attitude critique à la réforme liturgique et sur son statut de nébuleuse. J’ai essayé de cartographier, à partir d’éléments comptables disponibles, la représentation de la mouvance traditionnelle, notamment dans la région parisienne, mais le caractère aléatoire et multiple des données rend cette tentative très délicate.

Bien cordialement. Marc Levatois