Le Forum Catholique

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images/icones/linux.gif  ( 7720 )Dimanche et économie de la culture par Ps103v15 (2009-03-23 12:06:19) 

Cher Monsieur,

Avez-vous aussi étudié les impacts économiques strictement négatifs que pourraient avoir le Dimanche sur certains secteurs d'activité? Je pense en particulier au monde de la culture et des activités de loisirs (musées, théâtres, cinémas mais aussi parcs de loisirs et lieux à vocation sportive). Il s'agit de secteurs importants pour l'économie française qui souffriraient certainement d'une forte baisse de fréquentation si les gens "ordinaires" non cathos "sortent" en supermarché les Dimanches pluvieux au lieu d'aller dans les lieux sus-cités. Avez-vous une idée du manque à gagner que cela représenterait pour ce secteur? Savez-vous, sinon, si certains organismes travaillent à le chiffrer? Peut-on peser cet impact en terme d'emplois? Si cet argument semble bien matérialiste au regard de l'enjeu de civilisation que représente la défense du repos dominical, ne serait-il pas utile à développer dans le contexte actuel de prééminence de l'économique sur tout?
Vous remerciant à l'avance pour vos réponses,
Saint Carême à vous,
In Christo Rege,

PG
images/icones/neutre.gif  ( 7729 )Dimanche et culture par Michel Fauquier (2009-03-23 19:15:55) 
[en réponse à 7720]

Cher ami,

de fait vous avez parfaitement raison: tout le champ culturel risque d'être ébranlé par la suppression du repos dominical, mais, comme bien des choses, c'est proprement inchiffrable et cela ne provoquera que des "effondrements sourds", du type de ceux qui minent nos sociétés occidentales qui ne comprennent pas pourquoi elles vont si mal tout en se rendant bien compte qu'elles ne vont pas bien.
En effet, le repos dominical agit comme une sorte de "micro-vacance" hebdomadaire qui offre au champ du tourisme un marché naturel et régulier qui se joue du temps, les propositions étant largement assez variées pour que toutes les activités y trouvent leur compte.
Organiser une sortie entre amis, en famille, en groupe scolaire ou tout autre équivalent, deviendra un véritable casse-tête si nous n'avons plus un seul jour de repos commun institutionnel.
On pourrait faire la même remarque pour les activités sportives d'équipe.
Bien sûr, l'argument peut paraître un peu terre-à-terre, mais pas tant que cela: nous ne sommes pas des anges, la récréation (en fait la re-création selon l'origine étymologique) étant un besoin vital de l'homme. Nous ne sommes pas non plus des atomes perdus dans l'univers: on peut évidemment se détendre seul, mais il est rare que l'on ne ressente pas le besoin de le faire avec ceux que l'on aime ou que l'on apprécie. Il est d'ailleurs intéressant de noter que c'est l'origine de la récréation monastique, et aristocratique (à commencer par le roi: Christine de Pizan a écrit de belles pages à ce sujet à propos de Charles V). Certains "démocrates" (en fait des libéraux)seraient tenter de réserver de nouveau cette récréation sociale aux seuls "aristocrates" (en fait les gens aisés financièrement): je crois que les politiques, à commencer par ceux qui se prétendent "sociaux" ne le voient pas. Mais sont-ils encore si nombreux?