
( 7455 )
3 questions par Aigle (2009-03-01 18:46:12)
1 - s'agissant des évêques, je crois qu'il y a un aspect administratif, voire strictement bureaucratique : qui sont les hommes qui proposent au saint-Père le nom des prêtres pressentis pour l'épiscopat ? n'y a-t-il pas parmi eux des préjugés - voire un esprit partisan - qui a longtemps poussé des profils un peu particuliers ("action catholique", complaisants à l'égard du "monde" ... ou tout simplement un peu naïfs, un peu "mous") ?? que pensez vous du livre de l'abbé Barthe ?
2 - au-delà n'y a-t-il pas un problème dans la conception qu'on se fait à Rome du bon évêque -en particulier du bon évêque français ? bref la curie ne considère-t-elle pas que pour administrer un diocèse français il est utile ou même nécessaire d'être un peu mou... d'avoir un profil simple et sans aspérités ? ou plus positivement qu'on préfère maintenant un profil d'homme de Foi à celle du manager - réduisant la fonction épiscopale à la prédication ? si oui pourquoi ?
3 - un profil plus actif (j'allais dire plus viril) est il possible ? les événements d'Avignon ne montrent ils pas que le clergé diocésain a souvent fait sienne une réception radicale du concile qui rend presque impossible la mise en place d'une pastorale conforme à ce que veut Rome ? et à ce qu'exige l'Evangile ? qu'un esprit d'"autogestion" existe qui paralyse toute reprise en main ?

( 7482 )
profils épiscopaux ? par
Rémi Fontaine (2009-03-02 19:03:50)
[en réponse à 7455]
Cher Aigle, il me semble justement que pour le processus des « Nominations épiscopales en France », l’abbé Barthe a bien répondu à l’ensemble de vos questions précises et techniques qui échappent quelque peu à ma compétence. Jean-Pierre Maugendre, dans sa préface du Livre noir & blanc des évêques de France, et Me Trémolet de Villers, dans la postface, indiquent pour leur part quel serait le profil souhaitable du bon évêque à nommer : si on ne peut exiger d’eux d’être des hommes saints, comme le dit bien le père Bruckberger, on peut au moins leur demander, en tant que pères et pasteurs, d’être de « saints hommes », priant ainsi pour eux. En ce sens qu’ils allient à la fois piété, formation et prudence dans leur devoir d’état spécifique, la prudence (au sens aristotélicien ou thomiste) étant peut-être la plus indispensable de ces trois vertus nécessaires qui se conjuguent et se confortent ensemble, complémentairement. Sans juger les personnes, mais en considérant leurs faits, il me semble que ce soit la bonne formation (la sagesse philosophique et théologique) qui fasse le plus défaut aujourd’hui chez trop de nos évêques, altérant ainsi leur piété et leur prudence. Si je me souviens bien, le cardinal Ratzinger lui-même, lors du pèlerinage des 10 ans de la Fraternité Saint-Pierre à Rome, avait souhaité attendre une nouvelle génération d’évêques mieux formés ? D’où l’importance décisive de la maîtrise de ces nominations, dont les dernières, pour une part certaine, semblent correspondre à ces critères.
Bien cordialement.