
( 7268 )
Rôle de Napoleon III dans la protection des Etats Pontificaux par Carbuccia (2009-02-11 08:48:49)
c'est bien la chute de l'Empire qui rend possible l'annexion de Rome par Victor-Emmanuel en 1870: auparavant, Napoleon III a tout fait pour favoriser un état fédéral qui tienne compte des états pontificaux contre les garibaldiens. eN 1867 notamment, les troupes françaises garantissent par leur présence, l'indépendance de Rome par rapport à l'Italie du Rinascimento (et il y a beaucoup de corses dans ces troupes, un de mes ancêtres y a même gagné ses galons de colonel) et ce n'est que par le rappel des troupes françaises sur d'autres théâtres d'opération que les italiens peuvent s'emparer de Rome. En ce sens, ne pensez-vous pas que Napoléon III se pose en défenseur exemplaire (et même acharné puisqu'il y a eu plusieurs retours des français pour défendre le Saint-Siège) de la chrétienté et du vicaire du Christ ?

( 7301 )
[réponse] par
Philippe Pichot-Bravard (2009-02-11 20:11:34)
[en réponse à 7268]
Napoléon III n'a pas été un défenseur exemplaire des Etats pontificaux, loin s'en faut. Très favorable à la cause italienne, à laquelle il avait apporté sa contribution en 1831 lors de l'insurrection essuyée par Grégoire XVI, il a contribué à les fragiliser en apportant son soutien au Piémont en 1859 et en ne faisant pas respecter l'armistice de Villafranca qui prévoyait de restituer au Pape tous ses Etats. Le petit ouvrage publié à la demande de Napoléon III par M de La Guerronnière sur la question italienne montre bien que l'Empereur n'est pas très favorable aux Etats pontificaux. Cependant Napoléon III souhaite conserver au pape la souveraineté d'un petit Etat comprenant Rome et ses abords immédiats, position assez peu réaliste, en ce que on imagine mal l'unité italienne se faire sans Rome. Napoléon III est soucieux de ménager l'opinion catholique. Il faut également tenir compte de l'influence de l'impératrice, très catholique. En 1867, lorsque ce qui reste des Etats pontificaux est menacé par les Chemises rouges, il envoie donc un corps expéditionnaire qui aide les zouaves pontificaux à remporter la victoire de Mentana. A partir de cette date, l'Empereur compte au rang des défenseurs des Etats pontificaux qu'il a auparavant contribué à affaiblir. Son intervention leur permet de survivre trois ans et permet la réunion du premier concile du Vatican.