Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 7275 )Votre métier d'historien par Loïc Mérian (2009-02-11 11:10:02) 

Est-ce que dans le monde des historiens français il existe une sorte de censure ? laissons de côté les sujets d'histoire contemporaine, mais est-ce qu'une telle censure existe pour des sujets plus anciens ?
les fameuses lois mémorielles concernent surtout des sujets contemporains, est-ce qu'il y a une tendance identique sur des sujets plus anciens ?

on l'a vu par exemple avec le livre Aristote au mont Saint Michel sur le prétendu apport de la culture islamique à la transmission des textes anciens

cette tendance est-elle forte ? quels sujets concerne-t-elle ?(j'insiste, ne parlons que des sujets non contemporains pour éviter toute dérive inutile) : islam, esclavage, croisades, inquisition ?
images/icones/neutre.gif  ( 7286 )[réponse] par Philippe Pichot-Bravard (2009-02-11 18:43:56) 
[en réponse à 7275]

Pour l'heure, dès lors que l'on se tient à l'écart de deux ou trois sujets d'histoire récente (dont on peut se demander s'ils font réellement partie de l'histoire dans la mesure où tous les témoins et acteurs ne sont pas encore morts), la liberté reste très grande au sein de l'Université. Bien entendu, les travaux de tel ou tel historien ou historien du droit peuvent déplaire lorsqu'ils portent sur des sujets sensibles (le livre "Aristote au Mont Saint-Michel" en fait partie, les travaux de Xavier Martin sur les Lumières également). L'auteur s'expose alors à des controverses qui peuvent prendre un tour déplaisant ou, pire encore, à des silences gênés et désapprobateurs. Cependant, des controverses ont toujours eu lieu au sein des Universités. En tant que telles, elles font partie de la vie universitaire. L'universitaire y est préparé dès le commencement de sa carrière puisqu'il doit lors de sa soutenance de thèse défendre ses travaux face au jury et ensuite face à ceux qui vont les commenter. Ce qu'il faut c'est veiller à ce que ces controverses nécessaires et salutaires respectent certaines règles élémentaires, qu'elles ne soient pas empoisonnées par l'interférence de considérations politiques ou idéologiques étrangères à l'objet de la recherche. Il faut également veiller à ce que le législateur laisse les universitaires entièrement libres de chercher, de publier et de discuter.
images/icones/1n.gif  ( 7290 )Justement, SVP par Gentiloup (2009-02-11 18:56:38) 
[en réponse à 7286]


Ce qu'il faut c'est veiller à ce que ces controverses nécessaires et salutaires respectent certaines règles élémentaires, qu'elles ne soient pas empoisonnées par l'interférence de considérations politiques ou idéologiques étrangères à l'objet de la recherche. Il faut également veiller à ce que le législateur laisse les universitaires entièrement libres de chercher, de publier et de discuter.



Il me semble justement que la question portait sur ce point précis auquel vous ne répondez pas vraiment.

En ce qui concerne le livre "Aristote au Mont Saint-Michel" il semble justement qu'il y ait eu de fortes interférences politiques et idéologiques au sein même de l'Université, faussant le débat de fond. Cela allant jusqu'à une pétition contre le chercheur.

Dans ce cas cela semble démontrer que l'Histoire n'est pas libre. Qu'en pensez-vous?
images/icones/neutre.gif  ( 7293 )[réponse] par Philippe Pichot-Bravard (2009-02-11 19:11:23) 
[en réponse à 7290]

Certaines méthodes peuvent évidemment fausser le débat. Elles peuvent empêcher un ouvrage de recevoir l'écho qu'il mérite. L'Université n'est pas à l'abri des interférences idéologiques, loin s'en faut. Cependant, aussi déplaisantes soient-elles, ces méthodes et ces interférences ne peuvent pas empêcher un universitaire de chercher, d'écrire et de publier. Un pétition n'a pas le pouvoir d'empêcher un universitaire de faire son travail. En ce sens, il reste libre, même si l'exercice de cette liberté est difficile et expose celui qui a le courage de s'y risquer à de nombreuses avanies.