Le Forum Catholique
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( 7184 )
Parenthèse politique par Thomas (2009-02-02 19:11:16)
Il semble que votre passage dans le monde politique a été de courte durée.
En créant un parti royaliste dans une république qui encense la révolution française, vous deviez vous douter que la partie ne serait pas facile.
Pensiez-vous avoir de meilleurs résultats ?
Quelles leçons avez-vous tiré de cette expérience ?
Si c'était à refaire, le referiez-vous ? De la même manière ?
Thomas

( 7189 )
[réponse] par
Yves-Marie Adeline (2009-02-02 19:22:02)
[en réponse à 7184]
Oui, je pensais bien que la partie ne serait pas facile, mais je ne le pensais peut-être pas assez fort, c'est pourquoi je suis parti à l'aventure.
En fait, ma surprise n'est pas venue des républicains, mais des quelques royalistes qui existent. Ce sont eux qui ont été les plus violents à mon égard, parce que je plongeais le royalisme dans le monde réel, ce qui conduisait à démythifier la chose, à la sortir de son état de simple fantasme.
Si c'était à refaire? Le bilan est peut-être prématuré, mais essayons.
Sur le plan humain, cette expérience m'a énormément apporté, libéré, en quelque façon.
Sur le plan matériel (pécuniaire par exemple), c'est catastrophique.
Sur le plan professionnel, catastrophique aussi; en fait ma carrière a été brisée par cela, jusqu'à présent du moins.
Même pour mes livres: un tas de journaux en parleraient plus et ne demanderaient même qu'à en parler si je ne m'étais pas "compromis" dans le royalisme.
Donc, conclusion: si c'était à refaire... Cette question, heureusement, n'a jamais de sens: si j'avais pu prévoir les difficultés, j'aurais fui l'obstacle. Mais disons que, le plan humain, spirituel et intellectuel passant avant tout, compte tenu de tout ce que cette expérience m'a apporté dans ces domaines, si c'était à refaire, je le referais.

( 7212 )
Étonnant par Thomas (2009-02-02 20:10:55)
[en réponse à 7189]
Les adversaires ne sont décidément pas où on les attend le plus.
Cependant, vous dites que les plus violents ont été les royalistes. Est-ce vraiment « les plus violents » ou bien est-ce juste que leur violence vous a pris par surprise. Car je suppose que vos difficultés professionnelles viennent plus de républicains.
À ce propos, quels reproches, exactement, vous a-t-on fait pour vous mettre ainsi au ban sous le seul prétexte d'un engagement royaliste ?
De qui viennent les coups (hors les royalistes) ? Est-ce identifiable ?
J'espère que vous me pardonnerez ma curiosité mais j'ai beaucoup de mal à comprendre les raisons profondes de cette hostilité profonde à l'égard de certaines idées.
Et qu'entendez-vous par « libéré » sur le plan humain (j'espère, encore une fois, ne pas être trop indiscret) ?
Cette aventure m'intéresse beaucoup, non parce que je voudrais tenter la même (je n'en ai pas les capacités, de toute manière), mais parce que je suis persuadé qu'on ne peut sortir de l'impasse politique dans laquelle nous sommes que par des idées originales et que je voudrais mieux comprendre les mécanisme qui les empêche d'éclore.
Thomas

( 7220 )
[réponse] par
Yves-Marie Adeline (2009-02-02 20:28:27)
[en réponse à 7212]
Un seul exemple si vous voulez bien : quand on m'a commandé un cours à Sciences Po, des étudiants marxistes ont demandé l'annulation du cours, au motif qu'ils étaient sud-américains et que j'avais critiqué Ugo Chavez. La personne que j'ai eux au téléphone m'a dit que de toutes façons "Sciences Po est l'école de la République".
Quand je dis "libéré" sur le plan humain, je veux dire que, au contact de gens que je n'aurais jamais rencontrés si je n'avais pas fait des campagnes électorales et plus généralement de la politique, j'ai pu m'affranchir de beaucoup de préjugés.
Nous sommes tous remplis de préjugés par notre milieu, notre naissance, notre histoire, notre époque, notre nation, notre foi etc. C'est normal. J'ai beaucoup appris et reçu des autres en allant à leur rencontre; en fait j'ai touché de près ce que St Thomas d'Aquin dit à propos de la politique, qui selon lui est une forme éminente de la charité. Ou du moins peut être vécue comme cela. Mais j'ai rencontré des gens qui voient la politique tout autrement, comme une guerre au contraire, où tous les coups sont permis, surtout quand on se réclame du christianisme, lequel, pour certains constitue une sorte de sésame, un droit de faire tout et n'importe quoi.