Le Forum Catholique

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images/icones/barbu2.gif  ( 6999 )Pourquoi faire un énième livre par Jean-Paul PARFU (2009-01-20 06:27:37) 

sur un sujet rebattu ?

Par ailleurs, les dynasties ne constituent-elles pas, en effet, les formes anciennes, et désormais dépassées, des structures administratives et idéologiques actuelles appelées : "Etats" qui montrent eux-mêmes leurs limites, puisqu'à la fois trop petits et trop grands, et surtout dangereux pour l'avenir de notre civilisation ?

Le patriotisme dynastique, élément incontestable de notre histoire, n'est-il pas devenu finalement obsolète et ne doit-il pas désormais laisser la place à un patriotisme ethnique ?
images/icones/neutre.gif  ( 7032 )[réponse] par Gabriel Dubois (2009-01-20 18:45:46) 
[en réponse à 6999]

Evidemment, pourquoi un livre de plus sur les rois de France ? Qu’ai-je la prétention d’apporter ?
Pour répondre à cette question, je souhaite revenir sur la genèse de l’ouvrage. J’étais dans les dernières semaines du collège, plus occupé à lire la biographie de Louis XVI par Jean de Viguerie qu’à réviser mes cours de mathématiques. A la fin de l’ouvrage, je décidai de chercher une synthèse sur les rois de France. Un ouvrage véritablement rédigé, non pas une chronologie améliorée, retraçant en un seul et unique volume, abordable par moi, l’histoire des Capétiens, d’Hugues Capet à Louis XVI. A ma grande surprise, je ne trouvais rien. Cherchant sur internet, je parvins tout de même à mettre la main sur une histoire de la monarchie française, par le duc Antoine de Lévis Mirepoix, non rééditée. Je l’achetai et me plongeai dans sa lecture, avec déjà en tête une autre idée :

-1 Je lis une multitude d’ouvrages sur les rois de France et l’histoire de mon pays, pour mon plaisir, mais que faire de ces savoirs accumulés ?
-2 J’ai eu du mal à trouver une histoire des rois de France satisfaisante, il n’y en a plus d’éditée aujourd’hui.

Et, avec une certaine inconscience, propre sans doute à mon très jeune âge d’alors (mais je suis toujours jeune…), je décidai de me lancer, en juin 2003, dans cette aventure.

En effet, on trouve des ouvrages sur tel ou tel souverain, des travaux d’un grand intérêt sur les Bourbons, sur les Capétiens, les Valois, sur telle ou telle période spécifique, mais une synthèse abordable par tous, en langue française, sur l’ensemble de la période, il n’y en avait pas. En tout cas, je n’en ai pas trouvée.

Voici déjà la réponse à votre première question.

Concernant les suivantes :
IL m’est en fait assez difficile de vous répondre, sans sortir du cadre de l’histoire, sans me lancer dans une analyse politique, difficile d’ailleurs.

En effet, étudier le déclin ou la permanence du patriotisme dynastique nécessiterait également une réflexion sur notre monde moderne, sur le concept même de modernité, et sur l’état des démocraties en Occident aujourd’hui. Il faudrait également se livrer à une étude comparative entre le patriotisme des Etats monarchiques et des Républiques.
Votre question appelant également une réflexion sur la notion d’Etat et l’avenir de l’Etat, je n’aurais pas fini, car il faudrait se livrer à une analyse de la naissance et de l’évolution de l’Etat dans l’histoire, et une étude de sa situation actuelle. De fait, beaucoup crient à la fin de l’Etat, mais rien ne semble moins sûr, donc le débat reste ouvert.
Enfin, votre dernière question sur le patriotisme ethnique fait appel à une étude de la post-modernité, où je n’ai aucune compétence, vous vous en doutez. Je m’explique : l’idée d’ethnie, de race ou de peuple comme nous la concevons aujourd’hui n’a rien ou très peu à voir avec ce que concevaient nos ancêtres pour les mêmes mots. Surtout, cette idée de patriotisme ethnique, ou identitaire, est en rupture avec l’universalisme né du christianisme et laïcisé par la modernité. Aussi, répondre à une telle question nécessiterait de s’interroger sur nous-mêmes, sur les concepts de civilisation, d’universalité, de modernité, de post-modernité, d’ethnie et de culture. Sans compter qu’un tel débat aurait des ramifications vers l’étude de la mutation de nos cultures occidentales par rapport aux flux migratoires actuels, et au développement d’une sorte de mal-être occidental, certainement lié à la conjonction du déclin de l’Europe après la seconde guerre mondiale et au relativisme scientifique remettant en cause l’universalisme occidental.

Inutile de dire, donc, que je ne peux pas répondre à une telle question, en tout cas pas ce soir, où j’essai, autant que faire se peut, de répondre comme historien.

En revanche, en démêlant les implications de votre question, j’espère vous avoir donné quelques éclairages pour d’éventuelles recherches.
images/icones/1i.gif  ( 7034 )Merci de votre belle réponse ! par Jean-Paul PARFU (2009-01-20 19:09:50) 
[en réponse à 7032]

Je sais qu'on pouvait considérer ma question comme en partie "hors sujet", mais je pense que la fascination pour les Capétiens doit nous permettre d'aborder l'avenir et non être l'occasion de nous réfugier dans le passé pour ne pas affronter notre destin.
images/icones/5b.gif  ( 7036 )Merci par Gabriel Dubois (2009-01-20 19:25:22) 
[en réponse à 7034]

Vous avez tout à fait raison.

A ce titre, je donne à méditer une maxime célèbre:

"La véritable Tradition est critique."


En effet, l'histoire fait partie intégrante de nos traditions, puisqu'elle raconte le déroulé de leurs constructions et évolutions. Mais l'histoire ne doit pas être vue comme une science morte, comme une seule étude du passé, dans lequel on peut se réfugier. L'histoire est, avant tout, l'outil permettant de comprendre ce que nous sommes et ce qu'est le monde qui nous entoure, tout simplement en en étudiant les racines.

Il serait fastidieux de compter toutes les erreurs qui auraient pu et pourront être évitées si l'histoire était étudiée et méditée par nos élites politiques, financières, médiatiques, industrielles et autres.

Cela fait partie du parcours des humanités, qui devrait être rétabli dans les écoles supérieures, à commencer par les écoles de commerce, de journalisme et de sciences politiques, où ces humanités sont bien absentes.

Pourtant, l'histoire, la philosophie, les belles lettres et une langue ancienne ne feraient pas de mal aux jeunes pour leur structurer l'esprit, leur offrir une hygiène mentale.