Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=6964
images/icones/info2.gif  ( 6964 )Le MARDI 20 ianvier, Gabriel Dubois sera l'invité du FC par XA (2009-01-13 17:21:47) 

Étudiant à l’Institut d’Études Politiques de Paris, Gabriel Dubois a entrepris très tôt des recherches historiques personnelles. Ce premier ouvrage est le résultat de plusieurs années de travail approfondies sur la monarchie française, prémices d’un avenir qui s’annonce prometteur pour ce jeune historien…

Il publie aux éditions Tempora La saga capétienne D'Hugues Capet à Louis XVI.

Il répondra aux liseurs du Forum Catholique, le MARDI 20 janvier 2009, à partir de 18h30. Pour la qulité des débats, vous êtes invités à poser vos questions dès à présent, permettant ainsi à l'invité de préparer quelques réponses au préalable. On peut aussi s'inscrire au forum pour participer spécifiquement à cette discussion. Ecrire à l'adresse admin@leforumcatholique.org en indiquant bien sous quel nom on souhaite intervenir, le recours à un nom de plume n'étant absolument pas obligatoire.


400 pages - 24€

Présentation de l'ouvrage par son éditeur :
D’Hugues, le premier roi capétien, à son lointain descendant Louis XVI, décapité sous la Révolution Française, ce sont presque 1000 ans qui nous sont contés dans cet ouvrage. Comment Hugues Capet est monté sur le trône ? Qui est Philippe V Le Long ? Dans quel état Louis XIII a-t-il laissé la France au futur Roi Soleil ? La saga capétienne, faite de grands évènements et de caractères bien trempés, est indissociable de l’histoire politique française. L’histoire de la famille royale que Gabriel Dubois a entrepris de nous conter est le résultat de plusieurs années de travail et de recherches, une somme des connaissances historiques sur la monarchie française. Ouvrage accessible à un large public avec un plan chronologique qui permet d’aborder les différentes périodes avec clarté : chacun des rois est passé en revue puis ce sont les différentes institutions étatiques,ancêtres de nos institutions républicaines, qui sont décrites, de leur création à leurs évolutions.
images/icones/carnet.gif  ( 6965 )Interview parue dans les 4 Vérités par XA (2009-01-13 17:22:56) 
[en rponse 6964]

Les 4 vérités
27 Juin 2008


Entretien avec Gabriel Dubois, jeune essayiste et historien, Vous venez de publier un imposant volume sur l'histoire de la royauté française.

A quel public est-il destiné ?

"La saga capétienne" est destinée à un public large, celui de l'honnête homme qui, ayant déjà quelques connaissances sur la période, désire mieux la connaître. Si l'érudit n'apprendra rien, j'ai eu pour ambition de faire le miel de l'amateur éclairé et de l'étudiant.

Vous renouez avec l'histoire chronologique, qui n'a pas très bonne presse dans la France contemporaine. Est-ce le résultat d'un choix "idéologique" ?

Pas le moins du monde. Je me suis seulement dit que, si le lecteur voulait y comprendre quelque chose, il fallait lui donner un repère solide. Et quel plus beau tuteur que la chaîne du temps? Concernant l'histoire thématique, je n'en ferai jamais la méthode de fonctionnement d'un de mes ouvrages, à l'exception d'une étude spécifique sur tel ou tel point. En effet, je pars du principe qu'on ne peut se lancer de façon constructive dans l'histoire thématique qu'après avoir déblayé le chronologique.

Ce retour à la chronologie ne risque-t-il pas de se faire au détriment de l'histoire des idées, de l'histoire des institutions, ou d'autres formes d'histoires plus contemporaines ?

Pas du tout. Une étude sérieuse suivant une ligne chronologique peut tout à fait laisser apparaître en toile de fonds une évolution institutionnelle et idéologique. Je pense d'ailleurs que l'étude sérieuse des événements et de leur enchaînement permettant de mieux cerner l'évolution et le contexte des idées et des institutions en donne une perception plus sûre. Qui comprendra quelque chose à la loi fondamentale de catholicité s'il n'a pas en tête l'évolution historique du catholiscisme en France, du baptême de Clovis aux guerres de religions ? C'est un peu "l'empirisme organisateur" de l'étude de l'histoire...

Vous écrivez une dernière partie sur les institutions, dans une logique qui semble assez tocquevillienne, de continuité entre Ancien Régime et modernité politique. N'êtes-vous pas frappé aussi par l'aspect de rupture des événements révolutionnaires ?

Si, bien sûr, et j'espère l'avoir montré dans mon chapitre sur Louis XVI. A vrai dire, si continuité il y a entre les institutions de la royauté et celles de la France contemporaine, elle se situe dans la forme, le fonctionnement concret et technique, mais en aucune manière sur le fond. Les institutions restent des outils au service d'une réalité humaine et d'idées. La Révolution en dépit de sa table rase a conservé bon nombre d'institutions, mais elle a totalement rompu avec les idées de la royauté.

Il est clair qu'on ne peut pas comprendre la France sans connaître ces presque mille ans d'histoire capétienne. Mais, pour vous, la monarchie semble être également une idée d'avenir. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Les idées ne meurent pas. Elles peuvent tomber dans l'oubli pour un temps plus ou moins long, puis revenir vers nous sous un visage méconnaissable. Une seule chose est sûre, une fois qu'elles sont lancées, elles acquièrent l'immortalité, même si personne ne peut dire où et quand elles tomberont en sommeil puis reviendront au jour. La royauté, autant qu'une institution politique concrête, historiquement datée, est une idée politique, une conception des rapports entre l'institution politique et les habitants de la cité. Si le temps des treize siècles qui ont fait la France semble achevé, l'idée de la royauté française a toujours de l'avenir. Mais, ici, peut-être faudrait-il méditer la conception de l'histoire du philosophe Jean-Baptiste Vico. Je ne résiste pas à l'envie de vous renvoyer aux chapitres correspondants de la remarquable "Histoire mondiale des idées politiques", publiée récemment par Yves-Marie Adeline.