
( 6511 )
L'outil Internet ? par Polydamas (2008-12-09 18:50:36)
Tout d'abord, merci de votre participation à ce forum.
Comment percevez vous l'utilisation d'Internet qui est faite aujourd'hui par les milieux traditionalistes ? Avez vous des suggestions pour des améliorations ? En outre, plus globalement, comment voyez vous l'évolution de la presse en ligne et de la presse papier, qui traverse la crise que l'on connait ?

( 6535 )
[réponse] par
Michel De Jaeghere (2008-12-09 20:33:54)
[en réponse à 6511]
Cher Monsieur
Je vous avoue que je ne suis pas toujours avec l'attention qu'ils méritent les différents sites traditionalistes ou contre-révolutionnaires: les journées n'ont que 24 heures. Il me parait clair qu'Internet a ouvert des fenêtres et donné des libertés nouvelles à notre famille de pensée, ce qui est un bien en soi, une entaille dans le monopole du Politiquement correct. Comme toujours avec la liberté, il y en a un bon et un mauvais usage, et cela peut conduire à des dérives: mise sur la place publique de faits qui devraient rester cachés, disputes interminables, prises à partie envenimant les oppositions, égalitarisation des points de vue entre le spécialiste qui a travaillé 20 ans sur une question et le quidam qui donne son avis sans complexe. Il me semble que le bilan est tout de même positif. Il n'y a pas d'autre remède que l'éducation, la responsabilité et la discipline.
S'agissant de la presse écrite, il me semble qu'elle est en train de mourir de cette concurrence. Cela prendra dix ou vingt ans, peut-être moins, mais cela me parait inexorable. Compte tenu de sa qualité moyenne, je ne pleurerai pas sur elle. On peut redouter qu'Internet donne à n'importe qui l'occasion de diffuser n'importe quoi. Mais c'est déjà souvent le cas aujourd'hui, et le système actuel, en assurant le monopole des puissances d'argent, a puissamment contribué à notre décadence. Sans doute continueront-elles à truster les grands sites, financés par la publicité, mais il me semble que les facilités seront plus grandes pour une presse alternative, compte tenu du moindre investissement.
Je regretterai l'odeur de l'encre et le contact du papier, surtout pour les flambées que cela me permettait d'allumer à la Toussaint.
D'une façon plus générale, je crois que nous passons beaucoup trop de temps à nous renseigner sur des évènements qui n'ont aucune importance, qui ne nous concernent pas, sur lesquels nous n'avons pas de prise. Cela tient du divertissement, au sens pascalien. C'est l'un des rouages essentiels de la démocratie moderne: on nous tient au courant de tout, pour que nous ne sachions rien, on nous demande notre avis tout le temps, alors que ce ne sont pas ceux que nous avons élus qui décident...Il me semble qu'un bon livre vaut tous les journaux du monde: vous voyez que je n'ai pas la fibre corporative. Vous me direz que j'en parle à mon aise, convaincu que le système durera toujours aussi longtemps que moi.
Très amicalement. M DeJ.

( 6541 )
Pourquoi par Paxi (2008-12-09 21:01:26)
[en réponse à 6535]
Bonsoir Monsieur De Jaeghère,
Vous dites :
mise sur la place publique de faits qui devraient rester cachés
Je trouve, au contraire,très bien, d'apprendre par le biais d'internet plein de choses que je connaissais pas. Cela m'a permis d'affirmer les convictions que j'avais. Je veux dire par là , enlever des doutes.
Internet est excellent également comme vecteur publicitaire pour les livres; il permet de choisir, de commander. C'est très pratique. Du reste, j'ai demander "Ite Missa Est" il y a un mois (un cadeau) et je ne l'ai toujours pas reçu. Mais ce n'était pas chez vous. Peut-être est-ce là raison?
Je vous remercie d'avoir le plaisir de vous lire ce soir.
Paxi(e)

( 6565 )
Merci de votre réponse par Polydamas (2008-12-10 00:20:29)
[en réponse à 6535]
Que vient idéalement compléter celle que vous avez donné à XA qui évoquait les propos de votre confrère.
Je regretterai l'odeur de l'encre et le contact du papier, surtout pour les flambées que cela me permettait d'allumer à la Toussaint.
Je crois que ça sera également mon seul regret. Le plaisir de s'attabler à un bistrot avec le journal du matin va effectivement me manquer.