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Témoigner de sa foi malgré beaucoup de représentants actuels de l'Eglise par Aétius (2008-12-09 10:33:44)
Dernière question, et je m'efface définitivement, au profit des autres "liseurs".
Comme beaucoup je pense, je suis un traumatisé de la nouvelle liturgie, à laquelle j'assiste plein de souffrances (en particulier en raison de l'aspect désacralisé/néo-arianisme et coupure avec le passé/iconoclasme moderne, comme je l'ai développé dans ma question précédente) plus fréquemment qu'à la traditionnelle, à la fois pour des raisons de proximité géographique et aussi parce que cela me gêne de déserter ma paroisse géographique, au profit d'une autre, à qui a été concédée la possibilité de célébrer le rite traditionnel.
Devoir lutter contre ce qu'a, qu'on s'en réjouisse ou qu'on s'en lamente, promulgué l'Eglise récemment est déjà dur en soi (de quel droit fais-je cela, et comment l'Eglise pourrait-elle se tromper à ce point ?), mais, pour ce qui est du témoignage de sa foi autour de soi, j'en suis arrivé à un point que, lorsque je parle du christianisme à des amis musulmans ou agnostiques, je parle en fait du christianisme traditionnel, là où eux parlent du catholicisme "actualisé".
Bref, j'en suis arrivé à une situation où j'assiste à la messe malgré le rite, et suis incapable de faire venir des amis aux célébrations auxquelles je suis contraint d'assister, car elles présentent tout ce contre quoi mon coeur se dresse.
Pour ce qui est des messes dans le rite traditionnel, même si le motu proprio a atténué l'anathème portées contre elles en droit, elles restent de fait traitées comme quelque chose qu'on tolère, ne pouvant l'éradiquer.
Bref, y amener des amis en recherche est problèmatique, vu en plus que des gens en recherche souvent aujourd'hui recherchent une chaleur humaine, qu'on ne trouve pas toujours dans les groupes traditionnels. Qui plus est, les querelles internes aux tradiland sont bien peu attirants, pour quelqu'un qui arrive de l'extérieur.
Que faire donc ?
Aétilius

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[réponse] par
Michel De Jaeghere (2008-12-09 19:28:24)
[en réponse à 6495]
Je ne suis pas votre directeur de conscience, mais il me semble que si la messe, telle qu’elle est célébrée dans votre paroisse, ne nourrit pas votre vie spirituelle, si elle n’est qu’une occasion de déchirements et de trouble, vous n’avez aucun scrupule à avoir pour quitter votre paroisse géographique. Le Saint Père a justement publié le Motu Proprio pour vous.
Pour ce qui concerne vos discussions avec vos amis agnostiques, il me semble que la situation est aujourd’hui plus claire et plus facile, dans la mesure où le catholicisme auquel vous vous référez est celui qu’enseigne Benoit XVI. Ce n’est pas vous qui avez prononcé le discours aux Bernardins ou le sermon des Invalides, c’est lui.
S’agissant de la difficulté d’attirer des amis dans des paroisses où est célébrée la messe traditionnelle, elle ne me parait pas si évidente :
1 l’habitude générale de la désobéissance et de l’anarchie joue aussi contre les ordres injustes. Le fait que de telles messes ne soient tolérées qu’à regret par certains évêques n’a à cet égard aucune importance, compte tenu du peu d’autorité morale qui reste à ce genre d'évêques.
2 Je ne crois pas que les gens « en recherche » soient d’abord en quête de chaleur humaine. Ils peuvent aussi être sensibles à la transcendance de Dieu, à la beauté de l’action liturgique, à la splendeur de la vérité catholique. On ne va pas à la messe pour s’y faire un groupe d’amis mais pour s’y unir au sacrifice du Christ.
3 Il y a aussi des traditionalistes sympathiques, tout de même. Il y a des paroisses chaleureuses, j’en connais. Je vous trouve un peu pessimiste.
4 Les querelles internes sont certes désolantes, mais elles sont liées à la situation, et à notre faiblesse humaine. Il y en a dans toutes les familles. Les pères de l’Eglise s’insultaient tout aussi violemment que nous (mais ils étaient des Pères de l’Eglise : cela leur donne des excuses que nous n’avons pas, sans doute…). Maintenant, je suis d’accord avec vous sur le fait que ces disputes ne servent pas toujours la cause, et qu’il faudrait à tout prix en revenir à la devise (de Saint Augustin, je crois…) : l’unité dans ce qui est nécessaire, la liberté dans le doute, la charité partout. Quand est-ce qu’on commence ? Je propose : tout de suite.
Très amicalement. M DeJ.