
( 565 )
Vatican II et le traditionnalisme par Robert Lenot (2006-11-20 21:11:05)
Cher Monsieur, j'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre livre Paris à l'heure de vatican II. Puisque nous sommes sur le FC, il me semble qu'il serait également pertinent de consacrer une étude aux échos donnés par ceux qui ont été à l'origine de la mouvance traditionnaliste. Je crois qu'il y aurait là d'intéressantes choses à relever. Ma première question est donc avant tout: connaisez-vous des études universitaires qui traitent de la réception du Concile, pendant celui-ci, par ceux qui suciteront la réaction traditionnaliste? Ma seconde question est: que pensez-vous de l'Accord de Metz dénoncé en son temps par Itinéraires et qui, comme je viens de l'apprendre, est l'objet du dernier ouvrage de Jean Madiran? Enfin, que pensez-vous de l'affirmation suivante: s'il n'y avait pas eu tous les excès faits au nom d'un soi-disant "esprit du Concile", il n'y aurait pas eu de réaction traditionnaliste. Autrement dit, les "traditionnalistes" de la première heure n'ont pas réagi au Concile lui-même, mais plutôt à un "esprit" qui se présentait comme une rupture dans le Magistère?

( 591 )
[réponse] par
Luc Perrin (2006-11-21 00:59:21)
[en réponse à 565]
J'avoue ne pas connaître "l'accord de Metz" : je ne suis pas Pic de la Mirandole hélas ...
Des études universitaires je ne pense pas qu'il y en ait eu sur le moment.
Il faudrait sans douter regarder vers Gérard Soulages et "Fidélité et ouverture" qui avait tenté, à partir de Strasbourg d'ailleurs, de susciter une sorte de parti de l'intelligence pour tracer une issue à la crise. Louis Salleron est sans doute intervenu de façon précoce ; l'ouvrage du P. Bouyer date de 1968 mais il n'est jamais passé du côté tradi.
Il faut distinguer toujours entre la masse et les élites : Mgr Leefbvre et les Pères du Coetus, plusieurs théologiens autour d'eux etc. luttent pour des questions doctrinales et pastorales d'emblée. Dès 1962, une sorte d'embryon du Coetus (constitué en 1963) existe. L'abbé de Nantes s'insurge sur des principes de même.
Les "abus" explosent ensuite, assez vite il est vrai pour effrayer un de Lubac dès 1964. Ce sont les transformations rapides et saccadées, les désacralisations de plus en plus marquées qui vont conduire une partie, une partie minoritaire, des paroissiens dans la contestation tradi.
"L'échec de la réforme liturgique" je cite Louis Bouyer en 1969 (!) a certainement été un bon recruteur pour le mouvement tradi. Ne pas oublier aussi la crise parallèle du scoutisme SDF : croissance des Scouts d'Europe puis constitution des troupes unitaires qui donnent les SUF. Tout cela surgit autour de 1962-1964.
ceci pour la France... ailleurs ...