Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=5828
images/icones/neutre.gif  ( 5828 )Le maire de Saguenay soutient Summorum Pontificum par Chicoutimi (2008-09-16 11:57:47) 

Le maire de la ville canadienne de Saguenay, au Québec, M. Jean Tremblay, soutient le Motu Proprio Summorum Pontificum du Pape Benoît XVI libéralisant la Messe tridentine, et encourage son application dans le diocèse de Chicoutimi.

Le maire de Saguenay, reconnu pour être un fervent catholique, fait partie des 140 personnes ayant signé une lettre ouverte demandant la célébration de la Messe tridentine dans le diocèse de Chicoutimi. Il croit que « ça serait bien que la Messe tridentine soit célébrée à Saguenay car un peuple doit se souvenir de ses racines, et puis l'avenir de l'Église passe par le respect de sa Tradition. »

Croyant et pratiquant, le maire de Saguenay, qui assiste tous les jours à la Messe, croit que « la coexistence de la Messe en français et de la Messe en latin peut contribuer à favoriser l'unité et la réconciliation dans l'Église. » Et il ajoute : « Il faut respecter la liberté des gens; ceux qui aiment la Messe en latin devraient pouvoir y aller, puisque le Pape le permet, et ceux qui n'aiment pas ça ne sont pas obligés d'y aller. »

Il affirme également, à propos du Motu Proprio Summorum Pontificum : « Lorsque le Pape parle, les catholiques doivent obéir, qu'ils soient laïcs ou évêques. » Et dans un esprit de justice il conclut : « Les fidèles de Québec ont un accès à la Messe tridentine grâce à la compréhension du cardinal Marc Ouellet, et je ne vois pas pourquoi les fidèles de Saguenay seraient traités différemment. »

Le maire Jean Tremblay est surtout connu pour son combat afin de maintenir la récitation de la prière pendant l'ouverture des séances du Conseil municipal de Saguenay. Il est actuellement l'objet d'une poursuite de 100 000$ (orchestrée par le Mouvement Laïque Québécois) pour avoir récité ladite prière à l'hôtel de ville de Saguenay. Mais, le maire n'a pas du tout l'intention d'arrêter de prier. Il a affirmé au journal Le Quotidien : « Ma religion a toujours été plus importante que ma carrière. Je vais à la Messe à tous les jours, c'est connu. Je n'ai pas l'intention de trahir ma foi; je serais trop gêné de me présenter l'autre bord, devant Dieu. »

Jusqu'ici, le maire s'est toujours défendu sans que cela ne coûte un sous à la municipalité. Le maire déclare qu'il est prêt à défendre sa position devant la justice. Il précise que la prière qu'il récite est acceptée par la grande majorité des citoyens et qu'elle est voulue par tous les membres de son Conseil.

En septembre 2007, le maire de Saguenay a fait coulé beaucoup d'encre en présentant, au nom de la Ville de Saguenay, un mémoire sur les accommodements raisonnables devant la Commission Bouchard-Taylor. Dans ce mémoire, intitulé « Je me souviens », le maire Jean Tremblay prend la défense de la religion dans l'espace public et plaide en faveur du maintien de la religion catholique dans les institutions publiques. Il y affirme, en outre, que la séparation totale entre l'Église et l'État est quelque chose de néfaste et que la religion doit reprendre la place qu'elle a perdue.

Par ce mémoire, le maire de Saguenay a rappelé les racines historiques et religieuses du Québec, et a démontré le lien indissoluble qui existe entre la foi et la culture.

Le maire y affirme également qu'il n'y a aucune raison valable de cesser la prière d'ouverture des séances du conseil municipal ou d'enlever le crucifix de l'hôtel de ville. Il a également plaidé en faveur du maintien du crucifix de l'Assemblée nationale du Québec.

Fidèle à l'enseignement de l'Église, il s'oppose à l’avortement et à la redéfinition du mariage. À propos de la religion à l'école, il s'oppose au nouveau cours d'éthique et de culture religieuse imposé par l'État et se range derrière le cardinal Marc Ouellet en affirmant qu'il faudrait « permettre des plages horaires réservées aux Églises qui auraient la responsabilité du contenu des programmes. » Il estime aussi que la Bible doit être la « Charte universelle du genre humain. »

La maison d'éditions Anne Sigier de Québec a publié le mémoire présenté par le maire de Saguenay, considérant que le texte constituait un brillant témoignage de foi et de courage. Le livre est en vente au coût de 9,95$

La Ville de Saguenay, qui compte environ 150 000 habitants, a été créée - en 2002 - par la fusion de 7 municipalités : Chicoutimi, Jonquière, La Baie, Laterrière, Shipshaw, Lac Kénogami et Canton Tremblay. Le diocèse de Chicoutimi, qui englobe la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, doit son nom à l'ancienne ville de Chicoutimi qui est l'agglomération la plus peuplée de la région.

Le maire Jean Tremblay est notaire de profession. Il est devenu maire de Chicoutimi en 1997, puis, après les fusions municipales de 2002, il devient le premier maire de la Ville de Saguenay. Son mandat a été renouvelé lors des élections à la fin de l'année 2005 avec une majorité écrasante.

Vous pouvez communiquer avec le maire Jean Tremblay à l'adresse suivante :
jean.tremblay@ville.saguenay.qc.ca

Pour de plus amples informations, visitez : http://motupropriochicoutimi.over-blog.com/
images/icones/neutre.gif  ( 6596 )Un éditorial sur la Messe en latin par Chicoutimi (2008-12-15 05:30:58) 
[en réponse à 5828]

Voici un texte très intéressant sur la Messe en latin, intitulé «Ite missa est...», écrit par l'éditorialiste Carol Néron et qui a paru dans le journal Le Quotidien le samedi 27 septembre 2008 :

« Et si on mettait de côté la campagne électorale, la crise financière aux États-Unis, Loft Story et Star Académie pour, disons, y aller d'une brève incursion dans un chemin de moins en moins fréquenté, celui de la messe ?

Demain matin, une poignée de fidèles prendront pieusement la direction de l'une des rares églises encore ouverte dans nos paroisses pour la célébration du rite dominical chrétien. Ce contingent sera surtout formé de personnes âgées. Les jeunes, en effet, ont d'autres obligations bien plus urgentes qui les tiennent éloignés des nefs qui furent si chères à leurs grands-parents à une autre époque. Les brunchs, le jogging et le vélo, les enfants qu'il faut conduire à l'aréna et au terrain de soccer, constituent les activités essentielles de la nouvelle religion du corps et de son corrolaire, la consommation. Les maux de l'âme sont devenus davantage l'affaire des psychologues que des directeurs de conscience...

Bref, le catholicisme et ses rites, particulièrement ceux hérités de la tradition orale, ne font plus guère recettes. À l'exception de Noël, des mariages, des baptêmes et des funérailles, nos temples religieux laissés plus ou moins à eux-mêmes n'attirent plus les foules d'autrefois.


Français ou latin ?

Curieusement, cette désaffection n'empêche pas les passions de se mobiliser autour d'un débat que l'on croyait mort et enterré depuis que Vatican II a décidé, en quelque sorte, de bannir le latin des églises. Le pape Benoît XVI est loin de se dire opposé au retour de la tradition. Toutefois, il laisse le soin aux différents diocèses de trancher entre les partisans des deux options.

Donc, français ou latin ? En tout cas, c'est bien la première fois que notre langue maternelle n'est pas opposée à l'anglais dans une discussion idéologique ! Mais, ne nous écartons pas du sujet, d'autant plus que ce n'est pas demain la veille que César et les Romains détrôneront Shakespeare sur les principales places boursières de la planète et à Hollywood...

Mgr André Rivest, l'évêque du diocèse de Chicoutimi, est catégorique : aucun retour en arrière n'est possible. Or, il se trouve qu'une certaine opposition commence à se manifester. Celle-ci serait plutôt au stade embryonnaire. La vigueur de ses interventions suggère, cependant, qu'elle n'a pas l'intention d'abandonner la partie avant d'avoir engagé pour de bon la bataille.


Tutoyer Dieu en français

Et pourquoi pas une messe en latin ? Pas nécessairement dans toutes les églises du diocèse, mais une ou deux dans chaque paroisse, question de tester le marché ?

Ce qu'exige le consommateur, aujourd'hui, qu'il achète des indulgences ou des céréales, c'est la possibilité de choisir. Une politique qui, malheureusement, n'a jamais été mise vraiment en pratique par l'Église catholique !

L'argument relatif à la compréhension de la langue et, par conséquent, du message, ne tient pas. De nos jours, tous les modes d'emploi sont rédigés en français, en anglais et en espagnol. Ainsi, le latin pourrait être aisément jumelé au français dans les « Prions en Église ». Avant Vatican II, il y avait cette part de mystère relié à l'usage du latin qui faisait partie intrinsèque de la célébration de la messe. Les ennuis de l'Église catholique semblent avoir commencé lorsque les fidèles de tous les pays ont commencé à tutoyer Dieu dans leur langue maternelle.


« The Power of love... »

Vous savez pourquoi Céline Dion obtient autant de succès auprès des francophones unilingues lorsqu'elle chante en anglais ? Elle s'exprime avec tellement de conviction et de chaleur, de foi pourrait-on dire, que ce n'est pas nécessaire, pour ceux qui l'adorent, de comprendre ce qu'elle dit. Ses fans communient à son art sans difficulté. L'émotion qu'elle dégage n'a pas besoin d'être traduite, seulement pressentie. Et puis, ne dit-on pas que la langue universelle est celle de l'amour ?

L'important, c'est que les sermons, pour ceux qui peuvent encore résister au ton monocorde sur lesquels ils sont prononcés, continuent d'être présentés en français ! »


Vous pouvez communiquer avefc l'aueur de cet éditorial à l'adresse suivante :
cneron@lequotidien.com