
( 5404 )
Le terrain politique par Ysengrin (2008-04-22 22:04:11)
Cher Monsieur,
Une des idées maîtresses de votre livre est de considérer les "intégristes"(1) comme des personnes se servant de l'Eglise pour affirmer des convictions politiques, maurassiennes précisément.
N'est-ce-pas un peu facile d'esquiver le terrain liturgique, de prétendre que le combat pour la messe est "un arbre qui cache la forêt", et de déplacer votre combat pour le mener sur le terrain politique, où l'on vous sent plus à l'aise(2) ?
Bien cordialement
Ysengrin
(1) Un intégriste recherche la pureté originelle. Telle ne me semble pas être la voie qu'à suivie Mgr Lefebvre, qui ne souhaitait que la conservation de la ligne traditionnelle de Rome, au contraire des conciliaires, qui ont justifié leurs nouveautés comme un retour à un christianisme pur de l'antiquité, démarche pleinement intégriste !
(2) De nombreux textes ont critiqué "techniquement" la nouvelle messe. Le plus célèbre d'entre eux, également, je crois, l'un des tous premiers, "Bref examen critique de la nouvelle messe" n'a jamais reçu de réponse sérieuse ou crédible.

( 5449 )
[réponse] par
Nicolas Senèze (2008-04-23 19:14:36)
[en réponse à 5404]
Merci pour cette question. Comme je le faisais remarquer précédemment, à aucun moment je n’affirme que les intégristes ont des visées politiques ! certes, je relève une filiation idéologique, qui relève aussi du théologico-politique. Au contraire, je souligne leur volonté de revenir sur les principales conclusions doctrinale de Vatican II.
C’est là un exemple des « appréciations contestables » de l’abbé Celier que j'évoquais juste au-dessus.
Pour vos deux autres questions :
- Sur ce qu’est un intégriste : cf. dans les réponses précédentes, je n’y reviens donc pas... Si ce n’est pour dire que l’intégrisme, à mon sens, n’est pas la recherche d’une prétendue pureté originelle.
- Concernant le Bref examen critique, j’y consacre plusieurs pages dans le livre. Y compris à sa réfutation par Paul VI lui-même lors de deux audiences générales. Réfutation maladroite, à mon sens, en ce que le pape a alors accrédité, dans son vocabulaire, l’idée d’une « nouvelle messe » s’opposant à la « messe de toujours ».