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( 5395 )
Intégrisme de la révolution? par Gentiloup (2008-04-13 20:36:50)
Bonjour Monsieur,
Je n'ai le plaisir de vous connaître d'aucune façon et n'ai donc pas lu votre livre. Ce dont je vous prie de m'excuser.
Je me doute que le terme d' "intégriste" du titre de votre livre s'adresse aux catholiques traditionnels (ou traditionalistes).
Il se peut que je me trompe car il y a un attachement intégriste et même jusqueboutiste des partisans de Vatican II qui ne cesse de me surprendre à chaque occasion. Cet intégrisme est si profond qu'il va jusqu'à présenter tout ce qui a précédé Vatican II comme de l'obscurantisme, à la façon révolutionnaire.
En fait c'est cet intégrisme de la révolution (au sens d'inversion) qui est stupéfiant.
N'ayant jamais eu, jusqu'à cette année, de messe de rite traditionnel à portée de mon domicile, j'ai fréquenté le rite Paul VI, qui tout en étant moderniste ou progressiste (comme on voudra) n'était pas le pire de ce qui existe en France. Néanmoins les célébrants (une communauté de chanoines) transgressaient allègrement certaines règles ecclésiales, par volonté oeucuméniste, telles que certains sermons donnés par des pasteurs, la présence de "pasteuses" dans le choeur de l'église, ou encore la récitation d'un Credo "adapté" aux invités protestants. De même "on" enseignait aux enfants que l'Enfer n'existait pas et j'en passe.
Alors vous avez deviné ma première question:
-I- qui est qualifié d'intégristes dans votre ouvrage?
D'après les premières questions posées dans ce fil je devine qu'il s'agit des traditionnels. Aussi, si c'est le cas, je vous pose ma deuxième question:
-II- La crise n'est-elle pas plutôt survenue du fait de Vatican II ou de ses fruits (Ce qui me semble revenir au même!), dans le sens où la Tradition immémoriale de l'Eglise en a été révolutionnée (dans le sens de mis à l'envers)?
Je vous remercie d'avance de votre réponse.
Gentiloup

( 5440 )
Oui, mais... par
Nicolas Senèze (2008-04-23 18:56:54)
[en réponse à 5395]
Pour ce qui est de la réponse à votre première question, je vous renvoie à ce que j’ai écrit en réponse à la question précédente "Sur le mot intégriste"
Pour ce qui est de « l’intégrisme du concile », je vous donnerais en partie raison en me basant sur ce que Benoît XVI a dit dans son discours à la Curie romaine le 22 décembre 2005 à propos de « deux herméneutiques » du Concile. Défenseur d’une « herméneutique de la continuité », il renvoie dos à dos intégristes catholiques et ceux que vous appelez intégristes du concile. Ici, il met dans le même sac tous ceux qui voit dans le concile une rupture : rupture regrettée et condamnée avec une Tradition jugée immuable (Mgr Lefebvre et ses héritiers), comme rupture voulue et assumée au nom d’un prétendu « esprit du concile » qui permet de faire dire à peu près tout à celui-ci. Au contraire, Benoît XVI (à la suite du théologien Ratzinger) souligne bien la profonde continuité du concile avec la Tradition de l’Eglise : « Non, vous répond-il en quelque sorte, la Tradition de l’Eglise n’a pas été révolutionnée ».
Je ne pense pas d’ailleurs que ce soit un hasard que, à l’été 2005, il a reçu à quelques jours d’intervalles Mgr fellay et Hans Kung, justement les têtes de file de ces deux courants, certes foncièrement antagonistes, mais tous deux tenant que le concile a été une rupture. Or, Benoît XVI sait bien le grave risque de fracture que ces deux courants font courir à l’Eglise.

( 5578 )
Vous voulez suggérer ... par Rasta (2008-04-23 22:12:12)
[en réponse à 5440]
... que Hans Kung et quelques autres n'ont rien compris à Vatican II ? Ce qui finalement serait une autre manière de le "refuser" ?

( 5622 )
[réponse] par
Nicolas Senèze (2008-04-24 15:31:12)
[en réponse à 5578]
Cela semble être l'avis de Benoît XVI. Et je le partage...

( 5637 )
Finalement vous seriez d'accord ... par Rasta (2008-04-24 16:57:27)
[en réponse à 5622]
... avec ce qu'a dit Patrice de Plunkett : "Les progressistes ont dit que Vatican II constituait une rupture dans l'histoire de l'Eglise, et les conservateurs ont cru ce qu'ont dit les progressistes" (ou quelque chose d'approchant).