
( 4904 )
Précisions sur le magistère pontifical ordinaire par Babakoto (2008-02-07 17:40:25)
Dans votre ouvrage sur les degrés d'autorité du magistère, vous dites en tête de votre chapitre sur l'infaillibilité du magistère pontifical ordinaire que c'est une doctrine en voie de développement. On a l'impression à la lecture de votre ouvrage que tous les éléments pour que cette doctrine soit établie sont présents mais qu'ils sont éparpillés et on a du mal à trouver un texte suffisamment clair revêtu de l'autorité nécessaire et qui évite au catholique de base que je suis de devoir plonger dans les arcanes de la théologie.
Sur une question aussi importante, comment expliquez vous autant de confusions (sur le vocabulaire notamment)?
Puis-je résumer cette doctrine en disant qu'à chaque fois que le Pape formule un enseignement concernant la foi et les moeurs il ne peut se tromper? Mais que dans l'exercice ordinaire de cette fonction d'enseignement se mêlent souvent des éléments d'explications, d'illustrations, de rhétoriques ou des considérations annexes qui ne relèvent pas du dépôt de la foi et qui par définition ne peuvent être couverts par l'infaillibilité?
Que pensez-vous de cette formulation: le Pape ne peut affirmer (enseigner?) une erreur dans la foi même s'il n'oblige personne à le croire?
Vous dites que le magistère pontifical ordinaire réclame l'assentiment de l'intelligence et de la volonté. Le fait de ne pas accorder cet assentiment peut entraîner quelle type de conséquence? C'est une désobéissance, un manquement à la charité, une rupture du lien ecclésial?...
Merci par avance pour vos éclaircissements.
Babakoto

( 4938 )
Question délicate par
abbé Bernard Lucien (2008-02-07 20:51:57)
[en réponse à 4904]
1- En ce qui concerne le fait qu'une doctrine importante ne soit pas encore pleinement explicitée, c'est quelque chose de tout à fait commun dans l'histoire de l'Eglise. Il n'y a donc pas à chercher d'autre explication que le fait qu'une grande partie du dépôt n'a été révélée par Notre Seigneur et les apôtres sous la mouvance du Saint Esprit qu'implicitement (exemple : avant Vatican I, les conditions précises de l'infaillibilité du pape ex cathedra soumevaient plusieurs discussions et confusions.)
2- En ce qui concerne l'éventuelle infaillibilté du Magistère ordinaire du pape seul, il faut bien comprendre que c'est actuellement une question librement discutée dans l'Eglise (ce qui différencie complètement ce cas de celui de l'infaillibilité du Magistère ordinaire et universel).
Certes, j'estime que les arguments que j'ai avancés en faveur de cette infaillibilté sont probants. Mais je n'oserais pas dire qu'ils sont certainement au dessus de toute réfutation possible. C'est pourquoi je demeure prudent sur ce point.
3- Quant au résumé que vous faites en distinguant dans le Magistère ordinaire du pape ce qui relève de la Révélation et les adjonctions extérieures qui s'y trouvent encore mêmées, je serai un peu plus réservé que vous.
En l'état actuel de mes réflexions, je dirais seulement que le pape dans son Magistère ordinaire ne peut se tromper sur un point qui a déjà été explicité (dans le passé).
Encore une fois, ces questions très délicates demandent à être davantage approfondies. Mais il faut bien souligner qu'elles ne concernent pas la question de l'autorité du concile Vatican II.