
( 4421 )
Au rédacteur de "Présent" par Azerty (2007-12-13 12:15:33)
C'est au rédacteur de "Présent" que je m'adresse.
En toute sincérité, j'apprécie beaucoup vos commentaires de l'actualité (notamment vos analyses si judicieuses sur la politique familale). Mais je sais aussi les difficultés que traverse "notre" quotidien, et je me demande parfois si votre grande culture ne rend pas parfois vos articles difficiles à comprendre aux jeunes lecteurs que vous voulez toucher. Je m'explique : ils sont souvent semés de termes plus ou moins philosophiques, de citations, d'allusions, voire de jeux de mots qui les rendent, je le crains, un peu difficiles à comprendre pour un jeune qui voudrait commencer à lire "Présent". (Étant enseignant, je peux à ce sujet vous confirmer bien des choses que déplore Jeanne Smits dans "Génération décervelée").
Vous me répondrez sans doute qu'on ne peut pas transformer "Présent" en un quotidien pour décervelés. Je suis bien d'accord. D'autant plus que je serais le premier à m'en plaindre. Mais il y a là un problème … pédagogique dirai-je (par déformation professionnelle peut-être), qui me semble se poser.
Je ne prétends pas avoir la solution, mais simplement attirer votre attention et avoir votre sentiment sur ce point.
Amicalement.

( 4445 )
Présent par
Rémi Fontaine (2007-12-13 19:04:45)
[en réponse à 4421]
Merci de votre intérêt pour notre journal. La question que vous posez rejoint indirectement le thème du communautarisme. Car, même si la tendance est à la baisse, les jeunes qui vont dans les « bonnes » écoles ne sont pas toujours allergiques à ce style et à ces débats. La preuve par la question qui m’a été posée par un camarade de mon fils en terminale dans une école hors-contrat de qualité. On note souvent une différence d’attention intellectuelle selon le type d’école où a été ou va le jeune… C’est tout le bon combat d’Anne Coffinier (invité lundi dernier au Forum) et de sa Fondation pour l’école indépendante que j’appuie fortement.
En outre, ne pratiquant pas le « jeunisme » ni le cloisonnement des générations, Présent est pour tous et pas seulement pour les jeunes. Cela étant, il ne faut certes pas négliger la forme et la pédagogie toujours subordonnées au fond. Il en faut pour tous les goûts selon une variété ordonnée au bien commun et à notre cap. A l’Action française, il fallait un Maurras et un Daudet très différents l’un de l’autre et diversement appréciés par des lecteurs tout aussi différents. Je ne vous rappellerai pas non plus ce que disait aussi bien Péguy que Bainville à propos des lecteurs en général ! Reste que pour développer quantitativement et qualitativement la lecture de Présent, il faut un effort de tous dans la ligne de ce « sain et légitime communautarisme ». Pour un apostolat de la lecture politique.