Le Forum Catholique

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images/icones/info2.gif  ( 4225 )Le jeudi 13 décembre à partir de 18h30, Rémi Fontaine répond aux questions des liseurs du FC par XA (2007-11-27 16:01:45) 


Rémi Fontaine est né à Paris, le 4 août 1956. Il est marié et père de cinq enfants. Il a fait ses études supérieures au lycée Fénelon (khâgne) et à la Sorbonne (maîtrise de philosophie avec Pierre Boutang) ainsi qu’à l’Université libre des sciences de l’homme (au Centre d’études philosophiques avec le P. Marie-Dominique Philippe et Jacques de Monléon). A cette époque, il fonde avec une équipe de la Fédération catholique des étudiants de France (FCEF) la revue universitaire Disputatio.
Après son service militaire (comme aspirant au 9e RCP à Toulouse), il enseigne la philosophie dans différentes écoles libres et à l’Institut universitaire Saint-Pie-X, à Paris. Depuis sa création en 1981, il est journaliste au quotidien Présent. Il collabore aussi à l’Action familiale et scolaire.
De formation scoute (ancien chef de troupe et de clan aux Scouts d’Europe), il a écrit plusieurs livres sur le sujet ainsi que des ouvrages pour la jeunesse. Il anime depuis plusieurs années Le libre journal des scouts sur Radio Courtoisie.
Il est l’un des instigateurs et des premiers organisateurs du pèlerinage de Chrétienté (Paris-Chartres) lancé à la Pentecôte 1983 par le Centre Henri et André Charlier.
Outre des enquêtes et des reportages, la conjonction de sa formation philosophique et de son métier de journaliste l’ont amené aussi à publier des chroniques et des essais, notamment sur les relations entre la morale et la politique, le laïcisme. Il défend entre autres l’idée d’un sain et légitime « communautarisme »…
Il est l'auteur de nombreux ouvrages.

Le thème central de cette soirée est précisément la question du communautarisme. On peut néanmoins l'interroger sur d'autres sujets, bien évidemment.

Poser ses questions à l'avance, donc dès à présent, c'est lui permettre de préparer de premières réponses à l'avance et donc rendre cette soirée plus vivante.

Le Rendez-vous aura donc lieu jeudi 13 décembre à partir de 18h30 et jusque vers 22h.
images/icones/bravo.gif  ( 4431 )Préambule par Rémi Fontaine (2007-12-13 18:32:05) 
[en réponse à 4225]

Bonsoir à tous. Et d’abord merci au webmestre X A d’avoir suscité ce débat sur le communautarisme en m’invitant à ce rendez-vous amical. Le communautarisme est-il un péché ? Air déjà entendu pour le nationalisme. Avant toute chose, je voudrais expliquer comment, enfant de la laïque, j’en suis venu à défendre l’idée d’un « sain et légitime communautarisme » :
- Très concrètement par l’exemple du scoutisme (traditionnel : celui notamment de l’âge d’or des Scouts de France puis des Scouts d’Europe). Lorsque j’ai écrit "L’âme du scoutisme" (éditions de Paris, 2003), j’ai été amené à expliciter qu’il correspondait à ce qu’on appelle aujourd’hui un « communautarisme » : un monde à part avec son identité, son code de vie, ses rites, ses préférences… et même son « repli » dans la nature. Mais loin d’être exclusif et fermé sur lui-même, son « communautarisme » était ouvert sur les autres, sur la cité, sur l’universel, sur la civilisation de l’amour. Pépinière de vocations multiples, quel mouvement aura été plus missionnaire au cours de notre XXe siècle ? Par analogie, j’en ai induit qu’il pouvait et devait en être ainsi de toute communauté (naturelle ou d’élection) authentiquement chrétienne.
- Plus théoriquement, lorsque j’ai écrit La laïcité dans tous ses débats (éditions de Paris, 2004), je me suis posé la question du malsain et illégitime communautarisme comme corollaire obligé de la malsaine et illégitime laïcité. Dans un chapitre intitulé « Laïcisme ou communautarisme ? Pour sortir de l’aporie », j’ai expliqué le mouvement de balancier qu’opère aujourd’hui le laïcisme entre jacobinisme (égalitarisme entre individus face à l’Etat) et laïcité ouverte (égalitarisme entre communautés). C’est la disparition révolutionnaire des corps intermédiaires qui engendre le repli identitaire comme réponse à la perte d’identité créée par le métissage individualiste du libéralisme. Mais un repli anarchique qui mêle les bons et les mauvais communautarismes et les met absurdement sur un pied d’égalité au nom de la liberté. Pour sortir de ce mauvais dilemme et surtout de la dissociété dans laquelle il nous place, je n’ai pas trouvé d’autre voie alternative (et d’autre mot malgré sa connotation péjorative et quelque peu minée !) que le sain et légitime « communautarisme » (comme on dit avec Pie XII « la saine et légitime laïcité »). J’ajoute parfois national et catholique… Pour faire court, disons qu’il s’agit tout bonnement de préférence communautaire.