
( 2913 )
Catholicisme et République par fx (2007-05-31 12:10:38)
Monsieur,
tout d'abord merci de vous prèter à ce jeu de questions-réponses.
Vous avez traité de façon magistrale l'époque noire de la république laicarde dans votre ouvrage Quand les catholiques étaient hors la loi. Vous y listez un certains nombre d'exactions et de persécutions qu'ont eu à subir les catholiques et les différentes congrégations. Pour autant, pour nombre de catholiques, celles-ci appartiennent au passé.
Que pensez vous des destructions d'églises ordonnées par l'état, de remise de lieux de cultes catholiques à des musulmans, de l'ingérence de politiques dans la nomination de curé (Niafles), du refus dans la constitution européenne de reconnaitre les racines chrétiennes de l'Europe etc....? Ne sommes nous pas passés dans une situation, certes plus policée, mais tout autant haineuse vis à vis des catholiques?
En vous remerciant de vos réponses,
respectueusement
FX

( 2933 )
Christianophobie par
Jean Sévillia (2007-05-31 20:15:58)
[en réponse à 2913]
A l'évidence, nous sommes entrés dans une période de tension en ce qui concerne les rapports entre les catholiques et le monde profane. A l'ère du relativisme généralisé, penser qu'il existe une Vérité révélée est considéré comme intolérable par les Modernes. C'est donc non seulement la contenu de la Foi qui devient un scandale pour eux, mais toute l'anthropologie chrétienne. Ne nous leurrons pas, la bagarre ne fait que commencer. Mais ne reconstituons pas non plus un passé qui n'a jamais existé que dans l'imagination de certains : si l'on reprend l'histoire de l'Eglise, il y a toujours eu des différends et des affrontements avec "le monde". S'il ne s'agit pas de nier la christianophobie ambiante, plaçons-la quand même à sa juste mesure : ce n'est pas la persécution de 1793, ni celle de 1903.

( 2942 )
Laïcité par Paulo (2007-05-31 21:05:05)
[en réponse à 2933]
Vous parlez des persécutions de 1903.
Permettez-moi de vous citer de mémoire. Dans votre ouvrage de 2005 sur la loi de 1905, vous faites état de la réponse du Pape à propos de son archevêque de Paris. Privé de traitement, de locaux, etc. la situation matérielle de ce prélat n'était pas rose. Le pape répondit donc que sans les liens stricts du concordat, il pourrait nommer un franciscain, lui aura fait voeu de pauvreté.
Gage de liberté, ce choix passait donc par une faiblesse financière. Ma question touche donc l'école. Quand on voit le sursaut de Mgr Cattenoz, quand on entend dire que les 3/4 des enseignants du privé sous contrat n'adhèrent pas au projet pédagogique chrétien de leur établissement, l'Eglise n'a-t-elle pas intérêt à légitimer la création d'écoles hors-contrat? Sans nécessairement les diriger, et en laissant cela à des groupes de laïcs, l'Eglise n'a-t-elle pas besoin de reconnaître ces structures pour relier enfin la foi et la raison, projet soutenu entre autres par l'actuel Souverain Pontife?
Ne rien dire, ne rien approuver, voire se satisfaire d'écoles publiques bis, c'est aussi ne pas alerter les familles catholiques non averties.
Qu'en pensez-vous?
Je n'exclue pas le risque de dérives, avec la multiplication d'écoles groupusculaires. Mais... elles se créent de plus en plus. C'est une réalité. A mon sens, la Conférence des Evêques de France aurait intérêt à soutenir certaines écoles. Cette nouvelle liberté imposerait, il est vrai, plus de sérieux dans l'enseignement catéchétique.