Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=2909
images/icones/hein.gif  ( 2909 )Pour quelle stratégie opter ? par Polydamas (2007-05-29 15:46:50) 

Bonjour Monsieur,

Vous avez, mieux que personne, dénoncé la pensée unique et pourfendu tous les zélotes du politiquement correct.

A la lumière de cette expérience, quel est votre point de vue sur la position que doit adopter le "Tradiland" au niveau politique? Ne représentant qu'une infime partie de la population, nos idées sont méconnues, pour ne pas dire ignorées du grand public, tout est à reconquérir.

Doit-on se contenter d'un rôle de témoignage ? Ou doit on passer à un autre stade, celui de lobbyiste ? A moins que vous ne perceviez une autre voie ?

Comment aborder l'épiscopat, lorsque l'on sait que les évêques qui nous sont favorables se comptent sur les doigts d'une main, et que les relations, avec leurs confrères, sont généralement conflictuelles ? Comment aborder les partis qui nous sont proches, lorsque ceux-ci, pour attirer le plus grand nombre, font une croix sur nos idées ?

Au niveau de la forme, ne pensez vous pas qu'Internet puisse jouer un rôle de caisse de résonnance, qu'il faut savoir l'utiliser à bon escient mais qui peut être d'une efficacité redoutable, comme on l'a vu pour l'affaire du Téléthon ?

En vous remerciant pour vos réponses,
Union de prières,
Polydamas.
images/icones/neutre.gif  ( 2920 )Ne mélangeons pas tout par Jean Sévillia (2007-05-31 19:11:31) 
[en réponse à 2909]

Le « Tradiland », comme vous dites, n’est pas un concept politique. Commençons par ne pas mélanger les niveaux de réflexion : qu’on le déplore ou qu’on s’en réjouisse, les catholiques, traditionalistes ou non, ne forment pas une famille politique, et leur vote est dispersé. En France, il l’est depuis le XIXe siècle, et on ne changera pas ce fait.
Il reste que les catholiques, par-delà leurs divergences politique, devraient idéalement avoir une approche commune de la politique, sur la base de principes non négociables : cf la « note Ratzinger » dont on a beaucoup parlé au moment des élections.
Non, on ne peut pas se contenter de témoigner, même si c’est nécessaire, à temps et à contretemps. Il faut aussi agir et s’organiser. Les quelques déclarations épiscopales faites récemment dans ce sens (Mgr Cattenoz, Mgr Rey) montrent qu’une nouvelle génération est en train de monter au sein de l’Eglise, décidée à faire entendre une parole catholique dans le débat public. Cela prendra du temps avant de redevenir un réflexe, tant les catholiques eux-mêmes ont intégré le laïcisme ambiant. Mais la logique des choses est que cela aura lieu.
Internet ? Oui, bien sûr, c’est un moyen précieux. A condition de ne pas succomber aux mœurs de l’époque. S’il s’agit de monter des réseaux d’entraide chrétiens, de faire passer des informations pratiques, de diffuser des textes du Magistère ou de laïcs contribuant à la formation des fidèles, c’est très utile. S’il s’agit de céder au subjectivisme ambiant en donnant son avis sur tout – sous la commode protection de l’anonymat ou de pseudonymes plus ou moins grotesques - et quelle que soit sa légitimité personnelle à s’exprimer sur tel ou tel sujet, s’il s’agit d’émettre des jugements hâtifs qui n’ont pas à être émis sans preuves sur la place publique, je me pose des questions sur l’utilisation que font certains d’Internet : dire son chapelet ou aller visiter un malade me paraît alors plus conforme à ce que nous demande l’Eglise.