Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 128 )"nouveau rite" ? par Franck (2006-07-10 18:55:44) 

L'expression "nouveau rite" (l'abbé Héry vient de l'employer) me gène un peu. Parce que s'il y a un nouveau rite, cela fait deux rites (un nouveau plus un ancien) pour l'Eglise de Rome, sauf à penser que l'ancien est abrogé.

Et à la question "Quel est le rite de l'Eglise?" il n'y a plus de réponse unique et univoque.

Ou alors il faut considérer que le rite de l'Eglise c'est l'ancien missel, auquel cas le pape, 4.000 évêques, et 400.000 pretres, celèbrent dans un rite qui n'est pas celui de l'Eglise. Ennuyeux.

Ne peut-on pas parler d'un seul rite, mais avec deux missels? dont l'un (1969) présente de fortes lacunes, mais c'est une autre histoire.
images/icones/vatican.gif  ( 185 )Pilpoul par Abbé Guillaume de Tanoüarn (2006-07-10 20:50:51) 
[en réponse à 128]


Un rit deux missels?
S'il y a là autre chose qu'une question de mots je crois qu'il faut pour la résoudre consulter l'intention des artisans du NOM. Voici ce que disait Annibale Bugnini dès 1967 (DC, Col 829): " Une réforme du culte catholique ne peut se faire en un jour, en un mois, en un an . Il ne s'agit pas de retouches à une oeuvre d'art de grand prix mais de donner des structures nouvelles à des rites entiers. Il s'agit bien d'une restauration fondamentale, je dirais presque d'une refonte et pour certains points d'une véritable nouvelle création".
Le père Gy écrivait en 1965 dans la Maison Dieu (numéro 80 p 223) "l'historien constate qu'en dehors de l'Eglise catholique ce changement liturgique s'appellerait une révolution". Avis d'orfèvre.

Amicalement GDT.
images/icones/macos.gif  ( 213 )Pas d'accord par Athanasios D. (2006-07-10 23:36:06) 
[en réponse à 185]

Bonsoir (ou bonjour) M. l'abbé,

Je vous remercie de ne pas nous ressortir la version "trafiquée" de cette citation, fort répandue. Encore que la vôtre diffère de l'original sur quelque aspect non négligeable:


(...) la liturgie est en pleine période de transition. Le Concile a approuvé une Constitution liturgique qui, pour être réalisée pleinement, demande du temps, de la réflexion, de l'étude. Une reforme du culte catholique ne peut se faire en un jour, ni en un mois, ni en un an. Il ne s'agit pas seulement de retouches à une oeuvre d'art de grand prix, mais parfois il faut donner des structures nouvelles à des rites entiers. Il s'agit bien d'une restauration fondamentale, je dirais presque d'une refonte et, pour certains points, d'une véritable nouvelle création.



Quelques observations:

Comme vous le savez, l'ordinaire de la messe est une succession de plusieurs rites. "Des rites entiers", ce n'est pas le rit tout entier.
En effet, "parfois" et "pour certains points", le P. Bugnini estime qu'il s'agira "presque" d'une véritable nouvelle création. On est assez loin du sens donné au départ.

Pour rendre justice de ses intentions, rappelons ce que le P. Bugnini rajoutait plus loin:


(...) j'ai parlé de restauration et de nouvelle création. Il est clair que les deux choses doivent s'harmoniser d'une façon heureuse pour que le résultat puisse encore être considéré comme la liturgie que l'Eglise a créée au cours des siècles dans la plus pure tradition et, en même temps, une liturgie adaptée à notre temps.




Enfin- revenons à la question de départ - permettez-moi de vous contredire:

Le Missel Romain approuvé et promulgué par l'autorité du pape Paul VI, par la Constitution Apostolique Missale Romanum du 3 avril 1969, est l'unique forme en vigueur de la célébration du Saint Sacrifice selon le Rite romain, en vertu du droit général liturgique.
(...)
L'usage de la forme qui a précédé la rénovation liturgique post-conciliaire du Rite romain (quelle soit appelée "traditionnelle", "antique", "de Saint Pie V", "classique" ou "tridentine") a été accordé, en termes fixés dans le Motu proprio "Ecclesia Dei Adflicta", aux personnes et aux communautés qui sont attachées à cette forme du Rite romain. Cette faculté est accordée par un Indult spécial, ce qui ne signifie en rien cependant que les deux formes aient égale valeur.



C'était donné par la Congrégation du Culte Divin en 1999.


Cordialement,

Athanasios