Le Forum Catholique
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( 2017 )
Les séminaires français par Prosper Gardès (2007-02-13 20:16:05)
Je note que vous vous êtes penché sur la question de la formation sacerdotale en France.
Quel regard peut-on porter aujourd'hui sur la formation dispensée dans les séminaires français en 2007 ? Les séminaires ont-ils à leur disposition les professeurs nécessaires pour former des prêtres qui soient soucieux de la liturgie et de la bonne application des directives romaines, à commencer par redemptionis sacramentum ?
Y a-t-il selon vous un séminaire qui soit plus exemplaire qu'un autre dans notre cher pays , Et si oui, selon quels critères d'après vous ?
Merci de vos réponses.
Prosper

( 2019 )
Ma langue au chat par
Paul Airiau (2007-02-13 20:21:33)
[en réponse à 2017]
J'ai travaillé sur les séminaires du passé, pas sur ceux du présent. Je ne sais pas grand chose de la formation liturgique qui s'y donne actuellement. Donc, je donne ma langue au chat, mais il est possible qu'à Toulon et à Ars on soit plus soucieux de ces choses là .
Notule importante : la question fondamentale est en fait celle de l'observance. On aura beau réformer le NOM, autoriser 1962, etc., si l'on ne travaille pas spirituellement ce que signifie "appliquer une rubrique" on n'ira nulle part. Un moine sait pourquoi il applique la règle. Un prêtre savait-il pourquoi il respectait les rubriques ? A voir la facilité avec laquelle on les a abandonnées, on peut en douter.
Bref, qui est prêt à observer les règles liturgiques, au sens spirituel du terme ?

( 2020 )
Je ne peux pas croire par Prosper Gardès (2007-02-13 20:27:30)
[en réponse à 2019]
qu'en travaillant sur la formation du passé vous n'ayez pas la tentation de rapprocher cela de ce que vous constatez vous-même dans nos paroisses... Il y a forcément des points qui vous frappent, non ?
Prosper

( 2021 )
Paroisse, paroisse... par
Paul Airiau (2007-02-13 20:39:26)
[en réponse à 2020]
Encore faudrait-il que je fréquentasse des paroisses. Ce qui est certes le cas, mais je suis électif, dans mes choix. Pendant très longtemps, j'ai élu le Sacré Coeur de Montmartre, puis Saint Germain l'Auxerrois (y compris un certain 7 mars 1993 où je vis pénétrer dans cette église, alors que nous achevions de chanter Attende Domine, une troupe venue en touriste depuis StNic), où la liturgie était plutôt à l'honneur, puis maintenant une autre paroisse parisienne.
Bref, en dehors de Paris je constate la vacuité liturgique, surtout lorsque les messes sont célébrées par des prêtres âgés (il est vrai qu'il est difficile de trouver beaucoup de prêtres jeunes en France).
Indéniablement, il y a déficience, mais je redis : l'enjeu est l'apprentissage de l'observance, l'amour de l'observance. On aura beau faire toutes les réformes et demander toutes les obéissances, si on ne travaille pas cette question, on n'arrivera à rien. Il y a donc beaucoup de travail : qui accepte encore d'obéir en dehors des lieux où il y est contraint par la loi, la violence ou l'argent ?

( 2028 )
Précisément par Prosper Gardès (2007-02-13 21:01:32)
[en réponse à 2021]
Pensez-vous qu' "avant", l'observance, l'amour de l'observance s'enseignaient dans les séminaires ?
Et si non, n'est-on pas plutôt au coeur d'une crise de l'autorité. Ou plus exactement, d'une crise de l'Autorité ? Et que sans son rétablissement, y compris d'un certain nombre d'actes porteurs et forts (je veux parler de sanctions), nous n'en sortiorons pas ?
Prosper

( 2031 )
Amour antérieur de l'observance? par
Paul Airiau (2007-02-13 21:12:48)
[en réponse à 2028]
Je ne suis pas sûr que l'enseignement antérieur développait, pour la liturgie, l'amour de l'observance. Au Séminaire Français, le P. Voetgli disait que l'observation strict des rubriques était le meilleur signe de piété - mais c'était l'observation pour l'observation, parce que Rome le demandait en gros.
Actuellement, effectivement, il faudrait des sanctions. Mais l'affaire est donc entre les mains des évêques et de Rome - tout en sachant que les sanctions ne suffiront pas, qu'elles sont toujours risquées. C'est un peu comme si l'Autorité pratiquait comme Pie XI en 1926-1927 : elle attend le dévoilement des coeurs. Mais Pie XI a fini par frapper, fort, sans s'expliquer. Aujourd'hui...
En tout cas, je ne voudrais pas être à la place des évêques : ils ont à choisir, et on serait en droit de leur demander de sanctionner dans un certain nombre de cas. Mais pourrions-nous porter le poids que nous leur demandons de porter ? Certes, ils ont reçu les dons qui vont avec la charge . Mais quand même...