Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 86 )Une adaptation du rite traditionnel est-elle possible ? par Chouette (2006-07-09 15:11:13) 

La liturgie traditionnelle n'a jamais cessé de s'adapter : les dates de 1570 et 1962 n'ont été dans cette évolution que des jalons plus importants que d'autres. En effet Pie XII nous confirme que la liturgie "croît, se développe, évolue et s'accimode aux formes que requièrent les nécessités et les circonstances au cours des temps, pourvu que soit parfaitement sauvegardée l'intégrité de la doctrine", et il a signalé l'immobilisme comme une erreur possible.

Mais pour que des modifications ne fassent pas perdre son identité à un rit, il convient "que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique" selon le premier critère donné par le concile : ce que semble avoir réalisé, par exemple, le rit de 1965, à la fois traditionnel et post-conciliaire, mais non celui de 1967, surtout après l'introduction des "nouveaux canons", en 1968. Cette adaptation avait été réalisée dans les églises où ce rit fut maintenu dans la difficile période des années 70, et il est clair que l'on y disait toujours la messe traditionnelle. C'était le cas, par exemple, de l'église de Port-Marly, sous la houlette du chanoine Roussel, ou de celle de Lattes avec l'abbé Carrière. Un organisme en bonne santé est capable de s'adapter aux circonstances, tout en restant lui-même.


Que pensez-vous de cet extrait de l'ouvrage la Sainte Messe hier, aujourd'hui et demain"Dom Jean-Denis Chalufour, moine bénédictin, édité par l'abbaye de Fontgombault ?
Pourrait-on imaginer, par exemple, que la réforme de la messe pourrait consister à conserver Offertoire et Canon et à aménager la 1ère partie, en s'inspirant des 2 lectures existantes dans le nouveau rite et en instaurant un temporal et un sanctoral révisées tous les 2 ou 3 ans ???

images/icones/ancre2.gif  ( 120 )[réponse] par Abbé Guillaume de Tanoüarn (2006-07-10 18:34:35) 
[en réponse à 86]

Il me semble chère chouette que le problème premier n'est pas celui de la réforme de la réforme du rit. L'Eglise n'a que trop donné aux courants réformateurs l'heure est à un inventaire de tout ce qui demeure solide dans le coeur de l'Eglise. Les orthodoxes à cet égard nous donnent l'exemple. Ils savent d'instinct que le rit est plus solide que les caprices des hommes. L'Eglise romaine doit avant tout retrouver le sens du rit, cette répétition sacrée qui vaut toujours mieux que nos états d'âme. Lors des obsèques de Jean Paul II, le Cal Ratzinger lorsqu'il était libre des initiatives malencontreuses du cérémoniaire Marini récitant le canon romain en latin avec attention, sobriété et solennité a donné un exemple à la chrétienté tout entière. C'était la messe de Paul VI? Oui mais c'était les paroles immémoriales du canon romain. Quel prêtre les emprunte aujourd'hui? Au lieu de légiférer et d'essayer encore de modifier le réglement liturgique retrouvons le sens du rit. Et pour cela rendons son droit, tout son droit au rit imprescriptible de l'Eglise latine.
La suite dans une minute, amicalement.

GDT
images/icones/fleche3.gif  ( 122 )Certes, Monsieur l'Abbé, par Chouette (2006-07-10 18:41:08) 
[en réponse à 120]

il y a 2 problèmes : faut-il une réforme de la réforme ? mais aussi, comment redonner aux modernes le sens du sacré, quel est le meilleur moyen, sachant que Mgr Lefebvre lui-même était pour une réforme, avant le concile ?
Ma question se situe vraiment sur un plan concret...
images/icones/fleur.gif  ( 129 )Concret par Abbé Guillaume de Tanoüarn (2006-07-10 18:56:25) 
[en réponse à 122]

Mais justement une loi ou un réglement, c'est toujours très général et donc plutôt abstrait. Il ne sert à rien de se lancer dans cette abstraction. Cela d'autant plus que le rit de 1965, suivant le document Inter oecumenici, porte des germes importants de désacralisation en donnant par exemple un double centre local à la cérémonie: l'ambon d'une part, l'autel d'autre part. Du point de vue du signe ce dédoublement local n'est pas bon à une vraie compréhension du rit. En soi l'autel est tout et la distinction entre la table de la parole et la table du pain est pédagogiquement nulle. Il ne faut donc pas l'ériger en principe.
Cela dit s'il faut s'abstenir des réglements insatisfaisants, dans les faits il faut bien entendu s'adapter. Il m'est arrivé lorsque je célèbre une grand messe sans chorale et devant une assistance ignorante d'omettre les prières au bas de l'autel pour chanter l'introït. Ce long dialogue en latin des prières au bas de l'autel n'est accessible que pour ceux qui ont une certaine habitude. De même le deuxième confiteor, avant la communion peut être omis lorsqu'il n'y a pas de servant, ce qui n'empêche pas le célébrant de donner l'absolution (non sacramentelle bien sûr) d'une ample croix qui pardonne. Ce geste si bien placé est compréhensible par tous.
A suivre GDT
images/icones/hein.gif  ( 150 )Sur le 2ème Confiteor, par Michel Jacques (2006-07-10 19:26:20) 
[en réponse à 129]

je suis assez ignare en la matière, ayant connu la Tradition et rejoint Frafra l'année même de votre ordination. Mais j'avais cru comprendre que dans l'ordo dit de 1962, le deuxième confiteor avait été supprimé : est-ce exact ? Pour être franc, cela m'a toujours paru illogique dans la mesure où, lors de communions en dehors de messes, on commence précisément à ce deuxième confiteor...

Question complémentaire :

Dans l'ordo de 1962, il me semble que Jean XXIII avavit fait ajouter le nom de Saint Joseph à 2 ou 3 reprises dans l'ordinaire de la messe et notamment dans le canon. Or j'ai très rarement trouvé des missels de 1962 qui le mentionnaient : qu'en est-il exactement ?
images/icones/neutre.gif  ( 167 )la question ne m'est pas posée mais... par abbé F.H. (2006-07-10 20:08:40) 
[en réponse à 150]

-le 2è confiteor a bien été supprimé en 62; car il faisait "double emploi" mais en fait que que dans les messes "dialoguées"... où les fidèles le disaient bien 2 fois.
Il est vrai que son maintien lors des messes chantées peut se discuter, il a son utilité.
Mais il reste officiellement supprimé, et c'est un peu l'anarchie dans les lieux de messe 1962... (comme le chant du pater par le prêtre seul ou tous les fidèles)

-Jean XXIII n'a rajouté S Joseph qu'au canon, pas ailleurs. Et on le trouve normalement dans tous les missels édités après à cet endroit là
images/icones/neutre.gif  ( 173 )Que penser de ce passage alors? par Venispiritus (2006-07-10 20:21:53) 
[en réponse à 129]


Que le Corps de Jésus-Christ et L'Eeriture Sainte sont très nécessaires à l'âme fidèle




...deux tables placées dans les trésors de l'Église. L'une est la table de l'autel sacré, sur lequel repose un pain sanctifié, c'est-à-dire le Corps précieux de Jésus-Christ. L'autre est la table de la loi divine... ».



Je ne suis pas sûr de vous avoir compris.

Bien cordialement,

VS