Le Forum Catholique

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images/icones/livre.gif  ( 1578 )Citation par AVV-VVK (2007-01-21 21:39:16) 

Monsieur l'abbé, suit une citation:

Chaque fois que des gens sages, disons des traditionalistes bien intentionnés, invoquent quelque texte du Concile contre les démolisseurs, ils ne sont pas écoutés, même en haut lieu, comme si ces textes étaient sans valeur et ce Concile sans autorité. (...) En revanche, toutes les subversions se font au nom du Concile, à tort ou à raison, en invoquant son esprit, ses orientations ou sa dynamique, peu importe. Il suffit que leurs auteurs prononcent le mot magique "Vatican II" pour que l'Autorité cède tout sans examen, sans discussion , et que les fidèles soient livrés entre leurs mains, asservis à leurs inventions.

la C.R.C, nov.[19]71, n°50, p.5
Qu'en pensez-vous? Merci d'avance.
images/icones/neutre.gif  ( 1632 )Citation vraie en 71 par Abbé Claude Barthe (2007-01-22 20:54:43) 
[en réponse à 1578]

Je pense que c’est une citation de 1971, parfaitement juste à son époque. Il faut se souvenir que le Concile, pour le dire à gros traits, a été une prise du pouvoir doctrinal par les hommes de la « Nouvelle théologie » des années cinquante. Ceux-ci se sont divisés, lors de Vatican II, en un « centre gauche » (Rahner, Congar, Küng : les théologiens qui ont fondé la revue Concilium) et un « centre droit (Paul VI, Lubac, Ratzinger : les théologiens qui ont fondé la revue Communio). Dans une première période conciliaire, à l’époque de votre citation, la tendance Concilium a exercé le « pouvoir culturel » dans l’Église. À partir de 80, grâce notamment à la présence du cardinal Ratzinger à la Congrégation de la Foi, il s’est établi une espèce d’équilibre entre les deux tendances, la seconde multipliant les textes de restauration. Aujourd’hui, c’est la tendance Communio qui est seule, ou presque, aux commandes et qui entend faire prévaloir son interprétation du Concile. C’est très exactement ce que signifiait le discours de Benoît XVI à la Curie de décembre 2004. Je ne pense pas pour autant que l’auteur de la citation de 1971 (l’abbé de Nantes lui-même, j’imagine) serait pleinement satisfait de la situation de 2007. Il dirait cependant qu’elle est grosse de très riches opportunités, qu’elle ouvre des portes, qu’elle a toutes les chances d’ébranler tout un système idéologique. Et je serais de son avis.
S’il y a des hommes pour saisir ces opportunités.