Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=141
images/icones/hein.gif  ( 141 )Il est ressuscité ! par Patapouf (2006-07-10 19:12:53) 

Bonsoir l'abbé,

et...

Bonsoir l'abbé !

Il est ressuscité !

J'ai remarqué que les prêtres "formés" ou "remodelés" par l'esprit du NOM ont souvent cette expression à la bouche.

Je dis souvent car même lorsque le sujet de la conversation ou la question qu'on leur pose semble ne pas avoir de rapport avec la résurrection du Christ, on y a droit quasi à chaque fois. Il ont un flair certain et, face à une brebis qui visiblement n'a pas l'habitude des "assemblées en Son Nom", coupent court à la discussion par cette "expression", comme s'ils sortaient un JOKER.

1. Est-ce une tendance qui s'est révélée toute seule ou bien cela tient-il d'une volonté délibérée du concile ?

2. Pourquoi donc cette vérité nous est-elle servie avec un telle insistance ? J'ai l'impression qu'ils ont honte de certains "cotés" du Sacrifice, comme s'ils voulaient occulter l'horreur.

3. Y-a-t-il une possibilité pour qu'advienne un jour une sorte de repentance du clergé ? Repentance d'avoir traumatisé ses ouailles pendant des siècles ?



Patapouf

images/icones/tele.gif  ( 162 )Elles y sont par Abbé Guillaume de Tanoüarn (2006-07-10 19:55:56) 
[en rponse 141]

Je parle des réponses.
Oui en particulier à la repentance d'un certain clergé sur sa propre poitrine comme l'avaient suggéré certains cardinaux à JPII dans Tertio Millenio. Non à un Christ sans croix qui n'est qu'une caricature de plus. Pas de résurrection sans la passion. Pas de passion du Christ sans la résurrection.
Amicalement GDT
images/icones/neutre.gif  ( 181 )Mystère pascal par Abbé Christophe Héry (2006-07-10 20:45:19) 
[en rponse 141]

A propos de votre question, on pourrait rebondir sur le "mystère pascal", si présent dans la prédication post-conciliaire, mais d'une façon curieusement tronquée.

Si l'on reprend la définition de la messe du premier Missel de Paul VI (n° 7), "synaxe sacrée ou rassemblement du peuple de Dieu, se réunissant sous la présidence du prêtre pour célébrer le mémorial du Seigneur, etc.", on peut identifier legrave déplacement qui s'est opéré dans la théologie de la célébration.

La Messe, simple "mémorial du Seigneur" est une hérésie luthérienne clairement identifiée; Pour luther, la liturgie est le mémorial de la Cène et la célébration du Christ ressucité; il n'y a pas de sacrifice car il a déjà eu lieu et on ne peut prétendre le reproduire sans contrefaçon…

La Messe, rassemblement du peuple de Dieu est la définition d'un autre réformateur hérétique, Zwingli…

Nous avons déjà parlé de la "présidence du prêtre"

La Réforme protestante a séparé les mystères de la passion, de la résurrection et de l'ascension, que la prière Unde et memores(canon) et Suscipe Sancta Trinitas (offertoire) réunissent ensemble. Cette disjonction des mystères est tenace dans les esprits et mènent aussi certains qui veulent défendre la tradition à se replier sur une position opposée, mais qui relève au fond de la même erreur : l'oubli de l'unité des Mystères de notre rédemption.

la nouvelle théorie du mystère pascal fait de la messe le mémorial des trois jours saints (de la Cène à la résurrection). La Tradition considère la Cène comme la première Messe et son institution par le Christ; et voit dans la Messe l'actualisation de la passion, mais aussi de la resurrection et de l'ascension du seigneur.

En effet, comme 'enseigne par exemple le pape Benoît XIV, le sacrifice du Christ commence après la Cène et s'achève dans le Ciel, où il "continue" éternellement. Sans la résurrection, la Victime n'est pas consumée, sans l'Ascension, elle n'est pas encore agréée du Père.

En guise de conclusion provisoire, laissons la plume à dom Guéranger, en son commentaire du « Vendredi dans l’octave de l’Ascension », « Le temps pascal », L’Année liturgique, t. III., Houdin, 1908 :

« Chaque jour, la sainte Église, dans l’auguste Sacrifice, à la suite des paroles sacrées qui ont amené sur l’autel celui qui est à la fois le Dieu et la victime, s’adressant à la majesté du Père, exprime ainsi les motifs de sa confiance : “Ayant donc présents à la pensée, nous vos serviteurs et votre peuple saint, la bienheureuse Passion de ce même Christ, votre Fils et notre Seigneur, sa Résurrection au tombeau, et aussi sa glorieuse Ascension dans les cieux, nous vous offrons cette hostie pure, sainte et immaculée…” [prière du canon « Unde et memores », qui suit immédiatement la consécration].
Il ne suffit donc pas à l’homme de s’appuyer sur les mérites de la Passion du Rédempteur qui a lavé nos iniquités dans son sang ; il ne lui suffit pas de joindre à ce souvenir celui de la Résurrection qui a donné à ce divin libérateur la victoire sur la mort ; l’homme n’est sauvé, n’est rétabli, que par l’union de ces deux mystères avec un troisième, avec le mystère de la triomphante Ascension de Celui qui est mort et ressuscité. Jésus, durant les quarante jours de sa vie glorieuse sur la terre, n’est encore qu’un exilé ; et nous demeurons exilés comme lui, jusqu’à ce que la porte du Ciel, close depuis quatre mille ans, se rouvre pour lui et pour nous. »

Bien à vous C.H.

images/icones/neutre.gif  ( 196 )[réponse] par Venispiritus (2006-07-10 21:08:48) 
[en rponse 181]


Si l'on reprend la définition de la messe du premier Missel de Paul VI (n° 7), "synaxe sacrée ou rassemblement du peuple de Dieu, se réunissant sous la présidence du prêtre pour célébrer le mémorial du Seigneur, etc.", on peut identifier legrave déplacement qui s'est opéré dans la théologie de la célébration.



Et si on prend celle qui est corrigée, donc celle qui est valable, on obtient:

1. Alors qu’il allait célébrer avec ses disciples le repas pascal, au cours duquel il institua le sacrifice
de son Corps et de son Sang, le Christ Seigneur ordonna que soit préparée une grande salle garnie
(Lc 22, 12). L’Église a toujours pensé qu’elle se conformait à cette injonction lorsqu’elle se
prononçait sur ce qui, au regard de la disposition des âmes, des lieux, des rites et des textes,
concerne la célébration de la très sainte Eucharistie. Ainsi les normes actuelles, prescrites en
s’appuyant sur la volonté du IIe Concile oecuménique du Vatican, ainsi que le nouveau Missel dont
l’Église de Rite romain usera désormais pour célébrer la Messe, constituent de nouvelles preuves de
cette sollicitude de l’Église, de sa foi et son amour inchangés envers le suprême mystère
eucharistique, et témoignent de sa tradition continue et ininterrompue, bien que des choses
nouvelles aient été introduites.
Témoignage d’une foi inchangée
2. La nature sacrificielle de la Messe, solennellement affirmée par le Concile de Trente 1 en accord
avec toute la tradition de l’Église, a été de nouveau professée par le IIe Concile du Vatican, qui a
émis, au sujet de la Messe, ces paroles significatives : « Notre Sauveur, à la dernière Cène, institua
le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang, pour perpétuer le sacrifice de la Croix au
long des siècles jusqu’à ce qu’il vienne, et en outre pour confier à l’Église, son épouse bien-aimée,
le mémorial de sa mort et de sa résurrection » 2.
Ce qui est ainsi enseigné par le Concile est exprimé de façon concordante par les formules de la
Messe. En effet, la doctrine signifiée avec précision par cette phrase d’un sacramentaire ancien,
ordinairement appelé le Sacramentaire léonien : « Chaque fois qu’est célébré ce sacrifice en
mémorial, c’est l’oeuvre de notre rédemption qui s’accomplit » 3, est développée convenablement et
exactement dans les Prières eucharistiques ; là, en effet, lorsque le prêtre accomplit l’anamnèse,
s’adressant à Dieu au nom de tout le peuple, il lui rend grâce et lui offre le sacrifice vivant et saint, à
savoir l’oblation de l’Église et la victime par l’immolation de laquelle Dieu a voulu être apaisé 4, et
il prie pour que le Corps et le Sang du Christ soient un sacrifice digne du Père et qui sauve le monde
entier 5.

Ainsi, dans le nouveau Missel, la règle de prière (lex orandi) de l’Église correspond à sa
constante règle de foi (lex credendi), qui enseigne que, sauf la manière d’offrir qui est différente, il
y a identité entre le sacrifice de la Croix et son renouvellement sacramentel à la Messe, que le
Christ Seigneur a institué lors de la dernière Cène et a ordonné à ses Apôtres de faire en mémoire de
lui, et qu’ainsi la Messe est à la fois sacrifice de louange, d’action de grâce, de propitiation et de
satisfaction.
3. De même, le mystère étonnant de la présence réelle du Seigneur sous les espèces eucharistiques,
confirmé par le IIe Concile du Vatican 6 et les autres documents du magistère de l’Église 7 dans le
même sens et avec la même signification que le Concile de Trente l’avait exposé à la foi 8, est mis
en lumière dans la célébration de la Messe, non seulement par les paroles mêmes de la consécration,
qui rendent le Christ présent par transsubstantiation, mais même par le sentiment et l’expression
extérieure de souverain respect et d’adoration manifestés au cours de la Liturgie eucharistique. Pour
le même motif, le peuple chrétien est amené à honorer cet admirable Sacrement d’une manière
particulière, par l’adoration, le Jeudi saint in Cena Domini et en la solennité du Corps et du Sang du
Christ.
4. Quant à la nature du sacerdoce ministériel, qui est le propre de l’évêque et du prêtre, qui,
agissant in persona Christi, offrent le sacrifice et préside l’assemblée du peuple saint, elle apparaît
dans la forme même du rite par la prééminence de la place et de la fonction du prêtre. Les lois de
cette fonction sont d’ailleurs énoncées, et expliquées clairement et abondamment, dans la préface de
la Messe chrismale du Jeudi saint ; car c’est en ce jour que l’on commémore l’institution du
sacerdoce. En ce texte, le pouvoir sacerdotal conféré par l’imposition des mains est mis en
évidence ; et l’on y décrit, en énumérant chacun de ses offices, ce pouvoir lui-même, qui est la
prolongation du pouvoir du Christ, Souverain Pontife de la Nouvelle Alliance.
5. Mais cette nature du sacerdoce ministériel met encore dans sa juste lumière une autre réalité de
grande importance, qui est le sacerdoce royal des fidèles, dont le sacrifice spirituel s’accomplit par
le ministère des évêques et des prêtres en union avec le sacrifice du Christ, unique médiateur 9. Car
la célébration de l’Eucharistie est l’action de l’Église entière, dans laquelle chacun fait uniquement
et entièrement ce qui lui revient, compte tenu du rang qu’il occupe dans le peuple de Dieu. Ce
faisant, une plus grande attention est ainsi prêtée à des aspects de la célébration qui avaient été
négligés parfois au cours des siècles. Ce peuple est, en effet, le peuple de Dieu, acquis par le Sang
du Christ, rassemblé par le Seigneur, nourri par sa parole ; peuple dont la vocation est de faire
monter vers Dieu les prières de toute la famille humaine ; peuple qui rend grâce dans le Christ pour
le mystère du salut en offrant son sacrifice ; peuple, enfin, qui se renforce dans son unité par la
Communion au Corps et au Sang du Christ. Bien que saint par son origine, ce peuple grandit
néanmoins continuellement en sainteté à cause de sa participation consciente, active et fructueuse
au mystère eucharistique 10.


Allons de l'avant que Diable et ne ressassons pas le passé. C'est ainsi selon moi que l'on pourra se réconcilier sur des bases saines. Etre inflexible sur ce qui est toujours un problème et se réjouir de ce qui n'en est plus un.

Cordialement,

VS