Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=161
images/icones/fleche2.gif  ( 161 )question sur l'objet de la critique par Réginald (2006-07-10 19:55:17) 

Bonsoir MM. les Abbés,

Puisque ma boutade n'a pas fait l'objet d'une réponse circonstanciée, je me permets de proposer une autre question :

Une critique du NOM doit-elle être nécessairement doctrinale ? Ne serait-on pas plus inspiré d'en proposer nos objections dans le domaine de la liturgie qui est, comme le rappelait fort opportunément l'abbé Héry, in genere signi ? Cela offrirait le double avantage d'éviter des querelles sans fin sur la question de l'Autorité (comment celle-ci pourrait-elle en effet promulguer un rite hétérodoxe ?) et de se situer dans la droite ligne de la pensée de Benoît XVI et donc d'être entendu.

Réginald
images/icones/bravo.gif  ( 170 )Comprendre le rite. par Marc B. (2006-07-10 20:14:38) 
[en réponse à 161]

Effectivement, le rite Paul VI ne montre pas clairement pour le laïc de base, qu'il s'agit d'un sacrifice. Le rite de st Pie V est appréhendable par chacun qui sait lire un missel.
C'est le même Sacrifice, mais l'un est clair et frappe l'intelligence et les sens, l'autre me parait réservé à une certaine élite.
images/icones/fleche3.gif  ( 179 )Epistémologie par Abbé Guillaume de Tanoüarn (2006-07-10 20:41:03) 
[en réponse à 161]

Vous avez tout à fait raison d'insister sur la nature du jugement que l'on doit porter sur des liturgies. Ce jugement n'est pas un jugement théologique en mode universel mais un jugement théologique pratique. Cajétan insiste beaucoup sur le fait que la théologie science reine est à la fois spéculative et pratique. Le fait qu'il est impossible de poser un jugement spéculatif sur un rit ne signifie pas que l'on ne doive pas sur ce rit poser un jugement de nature théologique. Dans un long article de 2002 intitulé la messe de l'homme j'ai essayé de chercher les critères authentiques du jugement en matière liturgique. Si la liturgie est un art, on peut lui appliquer la formule d'Aristote: "l'art c'est l'idée de l'oeuvre". Quelle est l'idée de l'oeuvre liturgique? Il s'agit de savoir si la liturgie est synaxe, célébration de l'assemblée, ou sacrifice, que seul le Christ peut accomplir, et son prêtre comme instrument, in persona Christi.
Merci de votre exigence.


GDT
images/icones/neutre.gif  ( 188 )Et si elle était les deux à la fois? par Venispiritus (2006-07-10 20:56:38) 
[en réponse à 179]


Réponse : Ce sacrement a une triple signification : la première à l’égard du passé, en tant qu’il commémore la passion du Seigneur, qui fut un véritable sacrifice, nous l’avons vu ; et à ce point de vue il est appelé un sacrifice.




Il a une deuxième signification à l’égard de la réalité présente, qui est l’unité ecclésiale à laquelle les hommes s’agrègent par ce sacrement ; et à ce titre on l’appelle communion ou synaxe ; en effet, selon S. Jean Damascène, "on le nomme ainsi parce que c’est lui qui nous unit au Christ, nous fait participer à sa chair et à sa divinité, et c’est lui qui nous relie, nous met en communication les uns avec les autres ".




Ce sacrement a une troisième signification à l’égard de l’avenir, en tant qu’il préfigure la jouissance de Dieu dans la patrie. A ce titre, il est appelé viatique parce qu’il nous donne ici-bas la voie pour y parvenir ; à ce titre encore il est appelé eucharistie, c’est-à-dire bonne grâce, parce que " la grâce de Dieu c’est la vie éternelle ", selon l’épître aux Romains (6, 23) ; ou encore parce qu’il contient réellement le Christ, qui possède la grâce en plénitude. On l’appelle encore en grec métalepsis, c’est-à-dire assomption, parce que, selon S. Jean Damascène, "par lui nous assumons la divinité du Fils ".



Et si nous revenions à la sainte théologie scolastique pour distinguer en vue d'unir?

Cordialement,

VS