Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=1563
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 1563 )De la question des évêques en France par Benoît C (2007-01-19 09:49:03) 

Cher monsieur l'Abbé,

Je voudrais d'abord vous remercier pour l'oeuvre accomplie depuis un peu plus de 25 ans, pour le soutien à nos familles (particulièrement à mon père) pour la joie que vous apportez à mon aîné, lorsque chaque dimanche il court vers la sacristie pour vous retrouver ! Ah, toute la semaine qui suit, ce ne sont que récits de la messe, de la consécration, de la communion... Avec la bénédiction des enfants lors de la fête de l’épiphanie je vous avouerai que l’on atteint des niveaux historiques d’enthousiasme !

Vous faites partie de notre univers quotidien, puisque nous vous connaissons depuis le début des années 80, vous avez mariés mes soeurs, la plupart de mes amis, baptisés nos enfants ! Une belle oeuvre aussi pour un prêtre ! Votre proximité et votre compréhension, je devrais dire votre mansuétude et votre « tolérance » sont à donner en exemple à certains de vos confères, et surtout à chacun d'entre nous qui avons à progresser sur la voie de la sagesse et de l'amour divin.

Ma question, puisque c'était l'objet initial de mon message porte sur la situation de l'Eglise en France, et plus particulièrement de la place, du rôle et de l'importance des évêques de France.
Il y a quelques mois vous avez publié un très intéressant et fouillé article sur l'épiscopat français, permettant d'éclairer la situation présente à la lumière des années 70 et 80.

J’aurai cependant quelques précisions à vous demander, précisions qui se décomposent en plusieurs points :

1) Que peut-on espérer de l’émergence d’un vivier de jeunes prêtres diocésains, à l’esprit traditionnel, alors que l’épiscopat reste crispé sur des positions d’arrière-garde ? N’y-a-til pas un risque de les voir étouffés, comme beaucoup l’ont été dans les années d’après concile ?

2) Compte tenu des méthodes de nomination des évêques dont vous n’avez parlé dans l’Homme Nouveau et sur Radio Courtoisie, peut-on espérer un jour des nominations à la fois plus traditionnelles, mais surtout conformes à la doctrine de l’Eglise ? Ma question a pour origine les prises de position de certains évêques qui sont en flagrante opposition avec le magistère...

3)Enfin comment concilier nécessaire obéissance à l’autorité ecclésiastique et combat pour la Foi, la sauvegarde du message du Christ ?
Je vous remercie par avance pour vos réponses et vous renouvelle toute ma fidélité.

Benoît
images/icones/neutre.gif  ( 1593 )Je suis très touché par Abbé Claude Barthe (2007-01-22 18:51:02) 
[en réponse à 1563]

Merci, Cher Benoît, de ce très chaleureux témoignage familial, auquel je suis d’autant plus sensible que les prêtres d’aujourd’hui, certains jours, se disent qu’ils n’ont été ordonnés que pour recevoir des coups et avaler des couleuvres.
Sur les trois questions concernant l’épiscopat :
1°/ Non je ne crois pas que les « jeunes prêtres » puissent être étouffés par les évêques qui, peu ou prou, ont gardé l’esprit dit des années 70, pour la raison que ces prêtres, aussi peu nombreux qu’ils soient, deviennent chaque jour proportionnellement plus présents et plus nécessaires dans les diocèses. En revanche je crois qu’ils peuvent se lasser et s’épuiser dans un contexte de sécularisation très éprouvant, et dans un très grand isolement.
2°/ Oui, on peut et on doit espérer que des nominations d’évêques français vont finir par intervenir (voir ma réponse à Luc Perrin) en puisant dans le vivier des « nouveaux prêtres », même si les dernières nominations sont désastreuses et même si les meilleurs parmi les nommés se croient obligés de donner des gages à l’idéologie dominante. Mais ce point est cardinal : il faut qu’il en soit ainsi, sinon tout est perdu. Il en sera donc ainsi. Ce doit être une intention de prière, de sacrifices, de pression, d’action, etc.
3°/ Il est très difficile de répondre à la troisième question. Je m’en tirerai par une (apparente) pirouette : il faut obliger les détenteurs de l’autorité à commander selon la foi. En disant cela, je pense aux Vendéens qui, dans un premier temps, obligeaient leurs chefs naturels à se mettre effectivement à leur tête, puis dans un second temps, leur obéissaient jusqu’à la mort. Nous sommes, ou devrions être, dans le premier temps.