Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 10776 )assiste-t-on à l'épuisement du débat sur le magistère? par Luc Perrin (2018-09-24 10:19:29) 

« Le pape François rompt avec les traditions catholiques quand il en a envie parce qu’il est “libre par rapport aux affections désordonnées”. Notre Eglise est véritablement entrée dans une phase nouvelle : avec l’avènement de ce premier pape jésuite, elle est ouvertement gouvernée par un individu plutôt que par l’autorité de l’Ecriture sainte seule, ou même par les dires de sa tradition et de l’Ecriture. » (Père Thomas Rosica csb dans un article de 2018 sur les qualités ignaciennes du pape François).

En somme le subjectivisme et l'arbitraire totalement assumés : la papimanie de Rabelais.

Pour information des liseurs :

Le religieux canadien est consulteur pour les communications sociales au St-Siège depuis ... 2009 et a eu de nombreuses tâches depuis 2013 notamment lors des deux synodes ; il est au Bureau de presse du St-Siège.
Il est très proche des cardinaux américains Cupich,Wuerl et Tobin. Il s'est prononcé en faveur du programme Martini.

Sa position est à l'exact opposé de celle de l'homélie de Benoît XVI pour la prise de possession de la cathédrale du Latran en 2005 et évidemment contraste avec toute la Tradition catholique.
images/icones/neutre.gif  ( 10809 )En tout cas, on entre dans une nouvelle étape de ce débat par Abbé Claude Barthe (2018-09-24 20:46:46) 
[en rponse 10776]

Précédemment, depuis Humanæ vitæ, le débat a été entre la contestation théologique et les instances romaines, à propos d’un magistère, dit authentique qui, malheureusement, n’entendait pas s’adosser au magistère infaillible.
Dans le même temps, à l’intérieur du monde traditionnel, on s’est épuisé sur ce même magistère authentique, mais celui de Vatican II lui-même, pour le coup, entre ceux qui défendaient son autorité, quitte à l’"interpréter" au maximum, contre ceux qui – comme moi – affirment que ce magistère n’a pas d’autorité de foi.
Tout cela est balayé par le magistère que symbolise AL, qui prend plus ou moins tout le monde à revers : les théologiens contestataires d’hier s’y retrouvent ; les théologiens traditionnels pro-authentiques s’y opposent pour la plupart.
Le Père Thomas Rosica, par ailleurs, appartient à une tendance qui interprète le Pape François lui-même de manière maximaliste. Avec une bonne intention, si je puis dire, pour le mettre à jour. En effet, le "progressisme" de François n’est plus vraiment en phase avec l’état du catholicisme en Occident, qui remet doctrines, pratiques et normes, mais aussi fins dernières, refus de la contraception et de tout recours à l’avortement, paisiblement entre parenthèses. Au fond, Amoris lætitia, qui prétend organiser la conquête de la liberté de la conscience, est déjà d’une autre époque
Au total, même si ce n’est pas exactement votre question, je vous ai précédemment répondu que tout le drame était la fin des condamnations, ceci du point de vue négatif. Du point de vue positif, le drame est dans l’absence d’usage des déclarations doctrinales infaillibles ou adossées à l’infaillibilité. Le point de départ de tout cela est dans le fameux discours d’ouverture de Vatican II par Jean XXIII, dont l’idée forte était : plus de condamnations, plus de dogmatisations. Plus jamais la guerre… avec les hérétiques !