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Que pensez-vous de l'indult pour la Semaine sainte pré-1955 ? par Gaspard (2018-09-20 21:45:43)
Bonjour,
Tout d'abord merci beaucoup pour vos livres et articles très précieux. Ma question portera sur l'indult donné sauf erreur début 2018 par la Commission Ecclesia Dei à la Fraternité saint Pierre, à l'ICRSP (et à d'autres ?) de célébrer la Semaine sainte en utilisant le missel d'avant la réforme de 1955, et semble-t-il ad experimentum ?
Pourriez-vous préciser le contenu de cet indult, et nous donner votre avis sur son intérêt, sa finalité ?
Est-ce qu'il n'y a pas un risque de division voire de conflit entre les uns qui pratiqueront la Semaine sainte selon le rite pré-1955 et les autres selon le rite de 1962 ? Notamment avec des prêtres diocésains qui n'ont pas l'indult, ou qui se braqueraient sur le fait d'effacer totalement la réforme liturgique ? Ou alors même à l'intérieur des communautés Ecclesia Dei ? Merci.

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[réponse] par Abbé Claude Barthe (2018-09-24 19:33:15)
[en réponse à 10769]
Merci de votre intérêt.
Je ne me suis pas renseigné sur ces indults, ou cet indult accordé à diverses communautés, trois à ma connaissance. En tel ou tel lieu, on a aussi considéré que l'indult valait pour tout le monde.
La forme traditionnelle est fragile. Elle se maintient de facto par elle-même. Le choix d'une date de référence en 1962 par Mgr Lefebvre d'abord, puis par le cardinal Ratzinger ensuite, est non seulement très commode, mais cette date a l'avantage d'être très cohérente : la liturgie est célébrée telle qu'avant le Concile.
Je pense donc que dans ce domaine il faut agir avec la plus grande prudence, sans polémique, sans obliger tout le monde à en faire autant, sans malmener les fidèles et prêtres habitués à la SS de Pie XII. Les paroisses de France sont autres que celles d’Italie et des pays anglophones (dans lesquels c'est la SS de Pie XII et non l'inverse qui pose problème). Les séminaires et les communautés sont divers et en toute hypothèse autres que les communautés paroissiales.
Certes, par la force des choses, la forme traditionnelle est aujourd'hui figée. On pourrait - et surtout on pourra, plus tard, dans un contexte de reconstruction - faire revivre des répertoires que les musiciens grégoriens qui sont le pendant des baroqueux dans le domaine du plain-chant, exhument. Il sera excellent d’enrichir, selon les possibilités et opportunités, la liturgie par des messes ou offices anciens, comme on le fait en Hongrie, par exemple, dans la ligne de Dobszay. C’est dans ce cadre, il me semble, que peut se penser, en certains lieux, la remise en valeur prudente de la Semaine Sainte d’avant la réforme de 51-55.

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Petit bilan par Alexandre (2018-09-24 21:36:53)
[en réponse à 10800]
Ne pensez-vous pas qu'en vue d'une pérennisation de l'indult de la restauration de la Semaine sainte d'avant 1951-55, il faudrait faire un bilan de ce qui s'est fait cette année, avec au moins les deux questions suivantes :
1° a-t-elle été respectueuse des rubriques (à Saint-Eugène, par exemple, on a bidouillé la vigile pascale en prenant les lectures de 1951-55) ;
2° comment les fidèles ont-ils reçu (ou vécu) ces cérémonies restaurées (je pense surtout aux Rameaux et à la vigile) ?