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PMA post mortem par la Taupe (2018-06-11 18:21:44)
Madame,
Je suis étudiante en troisième année à l'Université catholique de Lyon et j'ai effectué récemment un exposé sur la PMA post-mortem. J'ai lu vos deux ouvrages dont le dernier qui m'a beaucoup inspiré pour mon exposé. Il est délicat d'aborder une telle question au sein de la faculté et surtout d'avoir l'esprit critique qu'on nous demande alors même que notre position est ferme sur le sujet. Ainsi, à la fin de mon exposé j'ai posé une question à la classe que je vous pose également: ne pense vous pas qu'il y a une part d'incohérence dans le système mis en place? Car d'un côté le législateur continue à poser des interdits comme celui de la procréation post-mortem pour préserver l'intérêt de l'enfant à naitre, il autorise l’autoconservation des gamètes pour prévenir les conséquences de traitements médicaux stérilisants en sachant pertinemment que cela peut conduire à encourager, en raison de situations douloureuses suite aux décès, des revendications des conjoints à l’insémination posthume.

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[réponse] par
Aude Mirkovic (2018-06-11 21:27:14)
[en réponse à 10540]
Chère Taupe
Je me réjouis de discuter avec une jeune juriste !
Il n’y a pas une part d’incohérence dans la loi mais de nombreuses incohérences ! cela contribue d’ailleurs au fait que la loi est contestée de toute part, car l’incohérence est inacceptable en droit car synonyme d’injustice.
Sur la question du transfert post mortem, nous avons l’exemple dramatique d’une loi qui suscite des situations inextricables d’un point de vue moral, humain, et même juridique ! En permettant la conservation des embryons par congélation, la loi permet que se réalise la situation du décès du père. Du coup, il reste à la mère le choix entre laisser mourir les embryons, les livrer à la recherche, autoriser leur accueil par un autre couple…. On comprend que, dans ces conditions, elle réclame de pouvoir les mener vers la naissance ! Mais si l’intérêt de l’embryon orphelin de père est de malgré tout naître, que dire des centaines de milliers dont les deux parents sont bel et bien vivants et qui attendent dans les congélateurs ?
Cette situation ubuesque est d’autant plus navrante qu’il est possible aujourd’hui de congeler non seulement les spermatozoïdes mais aussi désormais les ovocytes (par vitrification). Il est donc évitable de congeler des embryons (cela a toujours été évitable mais c’était le seul moyen de rentabiliser le prélèvement des ovocytes) et on continue à en fabriquer en surnombre…. Voilà encore un point sur lequel il est aisé d’interpeller son député !