Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=10533
images/icones/neutre.gif  ( 10533 )Combat perdu d'avance ? par Meneau (2018-06-10 12:39:19) 

Bonjour et merci pour votre participation.

Quelles sont aujourd'hui les instances juridiques qui seraient par principe opposées à la GPA ? Et quels sont les principes juridiques sur lesquels pourrait reposer une lutte contre cela ? Le droit d'un enfant d'avoir un père et une mère a-t-il une chance de résister aux "droits de l'homme (ou de la femme...) tels qu'ils sont appliqués aujourd'hui ?

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 10547 )[réponse] par Aude Mirkovic (2018-06-11 19:28:32) 
[en rponse 10533]

Je rappelle que la loi française actuelle prohibe la GPA et sanctionne pénalement les intermédiaires. Le problème est qu’elle n’est pas appliquée par les juridictions : l’association Juristes pour l’enfance a déposé des plaintes contre des sociétés américaines qui ont été classées, les constitutions de partie civile ont été jugées irrecevables….
En théorie, la Cour de cassation est une instance juridique qui applique la loi française, et donc la prohibition de la GPA.
D’un point de vue international, la Cour européenne des droits de l’homme n’est pas une alliée en la matière, je pourrai en dire plus si on me pose la question.
La convention internationale des droits de l’enfant, qui pose le droit pour tout enfant, dans la mesure du possible, de connaître ses parents et d’être élevé par eux, a été adoptée dans le cadre de l’ONU : il n’y a pas d’instance internationale chargée de la faire respecter. Ce rôle est dévolu aux juridictions internes, qui sont supposées faire prévaloir ce texte sur la loi interne. Un juge français pourrait donc invalider la loi sur le don de gamètes ou une future loi sur la PMA sans père pour non conformité avec cette convention. Le feront-ils ? En l’état, c’est assez peu probable mais, en principe, ils devraient. Il faut donc tenir le coup car, pour l’instant, l’institution judiciaire est plutôt paralysée dans l’idéologie mais un jour ou l’autre la justice reprend ses droits et alors les responsabilités sont engagées. Mais que de dégâts entre temps ! Il vaudrait mieux pour tout le monde réaliser rapidement la folie de ces projets.
Pour rebondir sur le titre de ce message, si nous avions vous et moi le moindre doute sur le fait que ce combat puisse être perdu d'avance, nous ne serions pas derrière nos claviers! Même si la loi sur la PMA passe, tout ce que nous posons comme fondations c'est pour l'avenir. Il y a tout à reconstruire, refonder... Cela prendra sans doute du temps mais NON ce n'est pas perdu d'avance et NON ce n'est pas perdu tout court!
images/icones/neutre.gif  ( 10555 )Justement par Meneau (2018-06-11 20:42:10) 
[en rponse 10547]

Dans ces conditions où la loi existe mais n'est appliquée par aucune instance juridique, comment imaginer pouvoir gagner le combat (tout au moins par des moyens naturels et matériels) ? Quelles autres possibilités, quels autres fronts ?

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 10557 )[réponse] par Aude Mirkovic (2018-06-11 20:50:24) 
[en rponse 10555]

Tous les fronts, on en déserte aucun ! et on ne déserte pas non plus le front juridique sous prétexte qu’il est mal en point ! Il faut refonder le droit et la loi sur quelque chose de solide, la justice. Les étudiants sont très réceptifs à cela : avec le simple exemple d’un paquet de copies, ils comprennent très bien ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. Dans la Bible, on parle plus souvent de la justice que du bien. Je constate aujourd’hui que les gens sont bien embarrassés pour dire ce qui est bien ou ce qui est mal, mais ils gardent une bonne intuition de ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, dès lors qu’on pose la question en termes de justice bien sûr, ce qu’il faut commencer par faire car ce n’est pas naturel. Le réflexe est : j’ai le droit, ou je réclame le droit si je ne l’ai pas. Il faut donc reformuler : est-ce juste ?
Et puis il faut envoyer des gens sensés et soucieux du droit commun dans les institutions juridictionnelles, nationales et internationales, afin de faire respecter le droit : autrement dit, tous les enfants à la fac de droit et ensuite, direction la magistrature !