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Le sens de la fête du Christ-Roi par Chicoutimi (2018-05-23 07:01:19)
Suite à la réforme liturgique, la fête du Christ-Roi a été déplacée à la fin de l'année liturgique et semble, comme son nom l'identique (''le Christ, Roi de l'Univers''), avoir davantage une dimension cosmique et eschatologique plutôt que socio-politique.
Certes, les deux idées ne sont pas nécessairement mutuellement exclusives. Mais, pensez-vous que la dimension socio-politique, telle que décrite dans l'encyclique Quas Primas, a trop été mise de côté et devrait, par conséquent, être remise de l'avant?
Croyez-vous que ce serait réaliste d'avoir deux fêtes bien distinctes, c'est-à -dire, d'une part, une fête du ''Christ-Roi'' (traditionnelle) célébrée le dernier dimanche d'octobre, avec toute la connotation socio-politique qu'elle comprend et, d'autre part, une autre fête (du genre ''la Parousie'') qui vient clore l'année liturgique en mettant l'accent sur l'accomplissement du règne du Christ dans toute la création à la fin du monde lorsqu'il reviendra?
Bref, quoi faire pour retrouver le sens de l'enseignement de Quas Primas? Vatican II y est-il pour quelque chose dans ce changement de perspective?

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[réponse] par
abbé Michel Viot (2018-05-24 19:15:01)
[en réponse à 10324]
Je vous renvoie à ma plaquette chez Via Romana, sur le Christ Roi, et à mes deux derniers livres chez ce même éditeur (Il y a quelque chose de pourri au Royaume de France et L'heure du royaume de France est-elle venue ?). Le déplacement des fêtes ne joue pas un grand rôle, mais il n'est pas anodin. Cela dit, on ne peut pas accepter à la fois la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat et l'encyclique Quas Primas de 1925. Vatican II n'a rien fait de négatif dans ce domaine car il n'était pas en son pouvoir de toutes façons d'abolir l'encyclique Quas Primas ni les deux condamnations de la "laïcité" française comme parfaitement hérétiques par les papes Pie X (Vehementer Nos, 1906), et Pie XI (Gravissimam gravissimamque, 1924)