Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=10313
images/icones/bible.gif  ( 10313 )Ordo de 1969 et protestantisme par Candidus (2018-05-22 00:08:21) 

Comme de nombreux intervenants sur ce forum, je suis attaché à la Forme Extraordinaire du rite romain. Je considère que la réforme liturgique a été une catastrophe et qu'elle a trahi les intentions de Jean XXIII qui n'envisageait qu'une réformette se limitant, par exemple, à la suppression du dernier évangile (dixit Mgr Elchinger rapportant les propos du pape dans ses mémoires) et qu'elle a aussi trahi les souhaits des Pères conciliaires exprimés dans la constitution Sacrosanctum Concilium.

Ceci dit, contrairement à certains membres de ce forum, tout en déplorant la manière dont s'est faite cette réforme et son résultat, je ne mets pas en doute l'orthodoxie du missel de Paul VI dans son édition typique.

Vous savez certainement que le principal argument que beaucoup de traditionalistes avancent pour justifier leur refus du Novus Ordo Missae est que celui-ci serait "la messe de Luther". Pourriez-vous nous donner votre sentiment sur ce sujet ? Votre avis aura d'autant plus d'intérêt et de valeur que vous avez célébré avant votre conversion la véritable "messe de Luther" (ou du moins une liturgie issue du luthéranisme). Comment avez-vous vécu votre passage de cette liturgie à la liturgie catholique dite "rénovée" ? Merci.
images/icones/neutre.gif  ( 10337 )[réponse] par abbé Michel Viot (2018-05-24 18:34:49) 
[en réponse à 10313]

J'étais pasteur luthérien en 1969 et j'avais signé un article dans Le Monde expliquant que je pourrais célébrer cette messe. Mais je n'avais pas lu le texte original latin qui comporte le "orate fratres" escamoté par la traduction française. Donc ce texte latin est parfaitement catholique.

En revanche, en 1969 toujours, la manière catholique de célébrer m'exaspérait parce que, dans la messe luthérienne, le pasteur célébrait d'une manière orientée. Il prononçai les prières au bas de l'autel, à genoux pour le confiteor, et les fidèles communiaient à genoux, sans jamais toucher à l'hostie, ni au calice. Nous avions aussi conservé la musique liturgique du XVIe siècle et suivant, avec des paroles qui incitaient à la réflexion et à la prière.