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Missionnaire au Pérou par Rémi (2018-05-10 12:46:28)
Bonjour Monsieur l'abbé, et merci d'avoir accepté l'invitation du FC.
Comme beaucoup de liseurs je suppose, et sûrement de catholiques européens, je ne sais pas grand chose sur la façon dont nos frères vivent notre foi dans ce pays, et quelle y est la situation de l'Eglise. Naïvement peut-être je l'imagine, ce pays, très croyant et pratiquant.
Pouvez-vous nous dire quelques mots à ce propos, même si j'entends que le sujet est extrêmement vaste, et aussi concrètement sur l'activité missionnaire que vous y avez personnellement menée (cadre, objectifs, régions visées, plutôt rurales ou citadines, réussites, joies, déconvenues, difficultés ... ) , et si elle a plutôt été de charité et de secours, l’Évangile étant déjà bien annoncé et la pratique stable, ou vraiment évangélisatrice au sens de la première annonce de notre foi et de la recherche de la conversion (de chrétiens non catholiques, de fidèles d'autres religions, d'athées ? ) , les deux allant bien sûr de pair.
Bonne après-midi parmi nous, M. l'abbé.

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[réponse] par
abbé Fabrice Chatelain (2018-05-17 16:24:03)
[en réponse à 10253]
Bonjour,
alors oui, le Pérou est majoritairement Catholique, et son évangélisation a été menée de façon très profonde par les missionnaires principalement Franciscains et Dominicains à l'époque de la découverte des Amériques. Quand j'étais à Cuzco, qui compte plus de 15 églises, chacune d'entre elles était pleine pour la messe dominicale, avec des gens qui se confessaient du début de la messe à la communion.
J'étais personnellement dans une communauté dédiée aux enfants de la rue, puisque nous avions un orphelinat et une école, une soixantaine d'internes et près de 400 externes, à qui nous donnions à manger, mais aussi une éducation scolaire et pratique (ateliers de boulangerie, soudure, scuplture, cordonnerie, etc). Il s'agissait donc d'éduquer des enfants dans la foi de A à Z, en leur offrant aussi la possibilité de sortir de l'extrême pauvreté qui les avait amenés chez nous. Mais à mon sens, l'activité de charité, bien qu'essentielle parce qu'absolument nécessaire, n'était qu'un tremplin pour l'évangélisation et le salut des âmes.
Si le pourcentage de pratiquants était sans comparaison avec ce que je constate en France, en revanche je n'ai pas vu plus de gens réellement passionnés par le Christ qu'ici. Pour le dire autrement, ce n'est pas parce que les églises sont pleines que l'amour du Christ est plus généralisé. Mais ce n'est que mon impression, basée sur mon expérience très circonstanciée, c'est loin d'être une analyse exhaustive et objective.