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Crise synodale actuelle: traduction paradoxale d'un essoufflement conciliaire ? par Athanase (2015-10-19 17:00:59)
On parle de ce sujet abondamment: la crise de l'Eglise se prolonge à travers l'épisode synodal. Mais ne peut-on pas penser que cette crise traduit l'impasse d'un certain "style" conciliaire et que si violente soit-elle, ne révèle-t-elle pas la nécessité de quitter cette ambiance ? J'entends par "impasse", cette dissociation entre le doctrinal et le pastoral, qui reste mortifère à la longue. Ce grand thème resurgit, mais dans le domaine moral, alors que deux papes qui avaient vécu Vatican II n'avaient pas touché à ce domaine. Plus généralement, n'est-ce pas le fragile équilibre montinien, né du refus du traditionalisme tridentin et du küngisme libéral qui est en train d'éclater sous nos yeux ? Paradoxalement, deux papes (Benoît XVI et François) l'auront écorné, mais dans des sens contraires, l'un par sa réhabilitation du patrimoine liturgique pré conciliaire, l'autre par une distanciation d'un discours moral fondé sur l'objectivité.

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Excellente analyse par Abbé Claude Barthe (2015-10-19 18:51:30)
[en réponse à 10151]
La bataille conciliaire s’était faite sur des secteurs de l’ecclésiologie (œcuménisme, liberté religieuse, rapports avec les religions non chrétiennes). Quels que soient les débats sur l’interprétation des textes litigieux, la suite postconciliaire s’est de fait présentée comme si une digue avait été rompue. Mais Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI ont maintenu la digue morale, qui semble aujourd’hui en train de céder. Et ce avec le même bélier un "pastoral" qui permet de contourner le dogmatique.
En effet, il y a une chance historique de sortir de l’impasse : les réactions de ces nombreux prélats pour la défense de la morale familiale mettent en avant le piège de ce pastoral-là . Ce qui peut, à terme, permettre de courageuses révisions.