Le Forum Catholique

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images/icones/croix.gif  ( 10147 )Le calvaire de bien des prêtres par Quodvultdeus (2015-10-18 20:29:55) 

Cher Monsieur l’Abbé Barthe,

Vous le savez mieux que quiconque : dans l’Église actuelle, de nombreux prêtres se sentent mal à l’aise et souffrent.

Je ne parle pas des prêtres de la FSSPX, ni de ceux des divers instituts Ecclesia Dei, ni même des prêtres de la Communauté Saint-Martin. Je parle des prêtres diocésains – et notamment des plus jeunes – qui veulent être fidèles à l’Église de toujours, à la foi catholique intégrale et à une authentique liturgie.

Vous les connaissez, ces prêtres, et vous en fréquentez un bon nombre : on les reconnaît à leur tenue ecclésiastique digne, qui est de plus en plus souvent la soutane.

Ils souffrent de devoir en permanence agir contre leur conscience en célébrant la messe en (mauvais) français sur de misérables autels à l’envers, en tutoyant le Bon Dieu dans la liturgie, en donnant (contraints et forcés) la communion dans la main, en concélébrant lors de « célébrations » diocésaines des plus fantaisistes, etc.

Que conseilleriez-vous à ces prêtres ?
- d’entrer en résistance en agissant selon leur conscience et leurs convictions profondes, avec le risque d’être marginalisés, voire carrément rejetés et persécutés ? (les exemples ne manquent pas !)

- de s’affilier à un institut Ecclesia Dei ?

- de faire bon gré mal gré ce qu’on leur impose et de souffrir – et d’offrir – en silence ?

Connaissez-vous, dans l’histoire de l’Église, d’autres cas où, pour être un prêtre fidèle, il fallait agir contre sa conscience ?

D’avance, merci de votre réponse. Je précise que je ne suis pas – ou plus – personnellement concerné, mais je connais de nombreux prêtres que votre réponse pourra intéresser.

Quodvultdeus
images/icones/neutre.gif  ( 10166 )Un marqueur par Abbé Claude Barthe (2015-10-19 18:43:41) 
[en réponse à 10147]

Il y a en effet des situations vraiment très douloureuses, d’autres fort pénibles. Mais il y des solutions, y compris diocésaines, y compris dans les diocèses les plus difficiles. Vous visez, Cher Quodvultdeus, des prêtres diocésains qui souffrent de devoir agir contre leur conscience. Agir contre sa conscience, on ne doit jamais le faire. Mais dans les cas que vous visez, on est dans le domaine très délicat du témoignage (et en négatif du scandale). La conscience éclaire les choix de ce type, et la prudence guide le bon choix concret. Je ne me défile pas par une réponse en soi, mais vous savez comme moi que les situations douloureuses en question sont extrêmement diverses : d’une part, du côté des prêtres diocésains ou religieux qualifiés d’identitaires, qui ont des perceptions diverses de la situation, des priorités, des besoins apostoliques, de l’efficacité du témoignage à donner ; d’autre part, du côté des conditions concrètes diocésaines, paroissiales, etc.
Un problème peut-être plus immédiat est celui de la pratique systématique de la communion par tous les fidèles et du recours presque inexistant à la confession, qui pose bien des soucis à beaucoup de prêtres. Il serait souhaitable que les évêques aient une pastorale et une prédication sur la pratique sacramentelle qui tiennent compte de cette situation.
Qu’ils aient ou non les problèmes que vous dites, je pense qu’il faut conseiller à tous les prêtres identitaires « intégrés » - autrement dit, pour rester toujours très concret, à ceux qui ne disent pas ou ne disent pas toujours la messe traditionnelle (mais qui sont parfois, vous l’avez remarqué, plus traditionnels que les prêtres non intégrés) – d’utiliser pour eux et pour autrui le marqueur de la "réforme de la réforme" : une traditionalisation de leur liturgie. Et puis d’avancer le marqueur…