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Les rubriques dites de 65 par Abbé Claude Barthe (2010-11-30 20:35:39) Imprimer

Sur les rubriques dites de 65 : les réintroduire est à peu près la thèse de Don Claudio Crescimanno dans La Riforma della Riforma liturgica. Iposesi per un « nuovo » rito della messa sulle trace del pensiero di Joseph Ratzinger (2009). Je dis dans mon livre que tout montre historiquement que les premières réformes qui ont suivi le Concile, élaborées par la Commission pour l’Application de la constitution sur la liturgie instituée par Paul VI en 1964, étaient des étapes progressives de la refonte de la liturgie romaine, et qu'elles ont été réalisées comme telles, à titre de degrés, par ce Consilium.
On peut d'ailleurs se demander si ces rubriques de 65 ont vraiment existé ? Je m'explique: en émettant malgré tout l’hypothèse que les premières réformes postconciliaires, celles de 1964-1965, étaient dans la vraie ligne du Concile et pas encore dans celle de la mutation bugninienne, il faudrait alors examiner l’état de la liturgie romaine à l’époque des premières transformations qui ont eu lieu entre 1964 et la constitution Missale romanum de 1969, pour s’en tenir au décret de 1965 révisant les rites de la messe (avec notamment, réduction des prières au bas de l’autel, modification de la formule de communion, abolition du dernier évangile, suppression de gestes répétés, etc.)
Mais il a été suivi du rituel de concélébration et de communion sous les deux espèces, du décret sur la possible assistance à la messe dominicale le samedi soir (tout ceci en 1965), et d’autres encore. En soi, il est vrai, la messe n'est devenue substantiellement nouvelle que lorsque de nouvelles prières eucharistiques ont été rajoutées à la prière eucharistique unique, le canon romain, qui faisait la spécificité essentielle de la liturgie romaine. Auparavant, c'est vrai, on pouvait soutenir que les changements du Consilium pour la mise en œuvre de la réforme liturgique ne modifiaient pas dans son essence l’ancien missel, dès l’instant qu’ils conservaient son offertoire et son canon missae.
Pourtant, ceux qui ont connu sur le terrain la mise en place de ce que l’on nomme aujourd’hui les « rubriques de 1965 », et dont je suis, savent que les célébrations paroissiales qui leur correspondaient (concélébrations fréquentes, face au peuple, introduction massive du vernaculaire, communion reçue sur la langue mais debout, etc.) étaient de fait la préparation directe du missel de 1969. Dans les paroisses, le passage du rituel de 1965 à celui de 1969 n’a, dans le moment même, causé aucune surprise notable aux paroissiens de base.

Sur la liturgie de la Communauté Saint-Martin : elle est, en effet, un exemple d’interprétation de la réforme de Paul VI selon une herméneutique de continuité. Ce n’est donc pas encore la Réforme de la réforme (= selon moi, pour résumer d’une formule, choix systématique de ce qui est traditionnel dans la messe nouvelle), mais ce peut être une bonne préparation de terrain. Si on ne s’en tient pas là.

Je cite trois fois dans mon livre le Cérémonial de la Sainte Messe à l’usage ordinaire des paroisses suivant le missel romain de 2002 et la pratique léguée du rit romain, d’André Philippe M. Mutel et Peter Freeman (introduction Michel Gitton. Il est une bonne contribution à la Réforme de la réforme en ce sens que, pour le dire d’un mot, il explique que les « trous » rituels de la réforme de Paul VI (comment encenser, comment tenir ses mains, etc. ) doivent être colmatés avec des emprunts aux rites antérieurs. Personnellement (et avec bien d'autres), je considère que le principal trou à colmater est celui de l'offertoire.

Quant à ce que devraient faire les diocèses, je voudrais souligner un point : on se plaint du fait que la célébration de la messe traditionnelle n’est pas enseignée dans les séminaires. Mais il en est de même pour la messe nouvelle, ce qui est relativement normal compte tenu de son aritualisme. Je pense – et là encore pas seulement moi – que la meilleure éducation à une bonne célébration de la messe nouvelle est… la célébration de la messe traditionnelle.
J'avais même proposé de présenter une conférence à la CEF sur le thème : pour sauver la messe de Paul VI, diffusez au maximum la messe de Saint Pie V ! On a estimé que ce n'était pas mûr.
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