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à Lux par Maxence Caron (2010-03-22 19:18:16) Imprimer

Je ne sache pas qu'il y ait une « Eglise pré-conciliaire » ou une « Eglise post-conciliaire ». Il y a une Eglise catholique, c’est tout, et nous aimons son Pasteur dans la personne du Pape. Ce fut Pie XI, ce fut Pie XII, ce fut le bienheureux Jean XXIII, ce fut Paul VI, ce fut, après le très bref règne de son prédécesseur, Jean-Paul II pendant un temps dont la longueur fut une bénédiction, c’est aujourd’hui Benoît XVI à qui nous souhaitons également le plus long règne, nous en remettant en tout à la Volonté divine qui a donné en saint Pierre la Promesse à Son Eglise. La grâce du Concile Vatican II est inestimable ; les questions trop humaines n’ont rien à voir là-dedans.

Par ailleurs, lorsque je m’attelle à penser le travail de JLMarion, jamais ne me viendraient à l’esprit, à aucun moment, ses relations au Cardinal Jean-Marie Lustiger, relations dont je ne connais rien et auxquelles je n’ai aucune raison de m’intéresser. Le Cardinal Lustiger a une œuvre et une pensée, et j’ai un grand respect pour l’homme et son œuvre.

Je ne vois pas en quoi ces considérations sur les relations entre tel et tel, ou des distinctions irréelles, que n’enseignent pas l’Evangile, entre l’Eglise de telle époque et l’Eglise de telle autre, sont d’ordre à servir la Vérité. Quant au « milieu parisien », à la « réputation », ces champs lexicaux et ces termes que vous employez ne sont point, pardonnez-moi, du ressort de mon humble tâche d’individu qui essaye de mobiliser l’art et la pensée à la recherche du lieu vers lequel Dieu nous demande de tendre l’oreille et la plume.

Peut-être suis-je le seul à vouloir penser l’œuvre de JLMarion, mais je ne savais pas que cela relevait de l’audace, je croyais que la chose relevait de la pensée : il y a une œuvre, elle est représentative de certains symptômes conceptuels et c’est en cela qu’elle m’intéresse. Je n’ai pas fait au préalable une étude de marché pour savoir si quelqu’un avait par ailleurs déjà traité le problème.
Vous demandez pourquoi les idées de JLMarion ont eu du succès dans l’Eglise. J’ignore si elles ont eu du succès dans l’Eglise, en attendant elles ont du succès tout court, et le succès d’une pensée immanentiste que l’on croit superposable au catholicisme, c’est cette confusion qui doit être analysée de manière approfondie, ce pourquoi mon ouvrage La Vérité captive (publié par les Editions du Cerf) consacre un chapitre à cette « phénoménologie de la donation » qui est le nom que JLMarion donne à sa philosophie. La méthode à mettre en œuvre vis-à-vis de cette pensée est une méthode proche de celle de Nietzsche : chercher comment la maladie d’une époque s’illustre dans une doctrine. Et, le grand intérêt de la doctrine marioniste est nosologique, car ce travail révèle comment l’esprit de la philosophie outre-moderne et son absence de rigueur pénètrent au sein même de la pensée dont les conclusions se veulent chrétiennes. Lorsque je dis cela, je ne pense pas du tout, encore une fois, aux relations de l’auteur d’« Etant donné » avec son diocèse, mais à la façon « hénaurme » dont une pensée ayant si peu de rapport avec la Transcendance peut être admise comme ayant une relation vraie avec la philosophie chrétienne alors qu’elle véhicule les valeurs conceptuelles d’une ère qui est ennemie et résultat du désir d’éliminer toute relation avec la Transcendance à laquelle pourtant doit s’alimenter constitutivement tout acte de penser pour pouvoir être.

Pas une philosophie aujourd’hui ne sait remonter aux conditions de possibilité de l’acte de penser, et ne sait déterminer le champ de son propre agir. Parmi elles, la pratique de la réduction phénoménologique est une pétition de principe qui aboutit au vide qu’il est à la mode, depuis Heidegger, de mettre en relation avec d’intenses notions médiévales mécomprises à dessein, et sciemment détournées de leur signification. C’est par le biais de ces concepts médiévaux captés par homonymie, que l’après-nihilisme tente de s’infiltrer au cœur du christianisme en galvaudant les thèmes de l’apophase et de la théologie négative, qui ne sont là que pour justifier un principe personnel de non implication dans une pensée véritable de la Substance divine.

Voilà, Monsieur, ce que je peux dire en quelques mots. Les développements et les raisons scientifiques de la mise en question de ce genre de doctrines, sont aux pages idoines de La Vérité captive.

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images/icones/neutre.gif Jean-Luc Marion par Lux (2010-03-21 17:16:49)
     images/icones/neutre.gif à Lux par Maxence Caron (2010-03-22 19:18:16)
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