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Réponses par abbé Christian Laffargue (2006-11-27 20:27:08) Imprimer

M. l'abbé, j'ai bien noté que votre intervention ne voulait pas s'inscrire dans un cadre polémique. Je voudrais néanmoins vous poser une question liée à la messe dite "de saint Pie V". Comment expliquez-vous les réticences de certains à voir l'usage du missel de 1962 être libéralisé par le pape Benoit XVI, alors même que cette libéralisation ne devrait pas imposer à tout prêtre de célébrer le Saint Sacrifie de la messe selon ces normes liturgiques ?

Réponse: Parce que l'existence même de ce rite qu'on a voulu faire disparaître à tout jamais, et son extension envisagée, irritent beaucoup ceux qui s'étaient appropriés la liturgie comme d'une affaire personnelle. Elle était pour eux et est pour beaucoup d'entre eux, l'expression d'une théologie éloignée ou très éloignée de la théologie catholique du Saint-Sacrifice perpétué sur l'autel, précisée par le Concile de Trente, reprise par le Catéchisme de l'Eglise Catholique et les documents pontificaux récents (encyclique du Pape Jean-Paul II sur l'Eucharistie, 2003, par exemple).
La présence et l'extension de ce rite, qui a beaucoup de défauts annexes mais qui exprime parfaitement cette Foi, met en question la mentalité qui règne dans l'Eglise, en tous lieux, depuis la réforme liturgique post-conciliaire sur cette question.
Cette libéralisation que Benoît XVI fera, et il le sait, permettra de faire réfléchir les âmes de bonne volonté, prêtres et laïcs, à cette question de fond et ouvrira un débat sain sur un sujet qu'il était interdit d'aborder jusqu'à aujourd'hui. Mais il faut que tout le monde s'y mette.
Si l'on revient à une opposition frontale et meurtrière entre "conciliaires et anti-concilaires", entre partisans de l'ancienne et de la nouvelle Messe, entre le Français et le Latin, entre un autel et un autre, on fera, encore et toujours le jeu du diable.
Les problèmes ne se résolvent pas par la victoire, supposée, d'un clan sur l'autre, d'un parti sur l'autre, mais "par le haut"; de façon surnaturelle; ce qui demande abnégation, pardon, amour, sacrifice.
N'est-ce pas ce que peut retirer notre âme de... la Messe ?


Deuxième question: si cette libéralisation devait avoir lieu, quelle serait votre position ? Demanderiez-vous à célébrer selon le missel de 1962 ? Continueriez-vous à la célébrer dans le nouveau rite ? Ou pratiqueriez-vous le "bi-ritualisme" ?

Réponse: je continuerai d'être bi-ritualiste puisque je suis prêtre diocésain, que la Messe actuelle est célébrée par le Pape et les prêtres de l'Eglise latine. Evidemment, je parle de la Messe telle qu'elle doit être célébrée et non comme elle l'est en pratique. Et je connais très peu de prêtres qui célèbrent la Messe comme les règles le précisent.
L'ancien rite de la Messe est vraiment une école de Foi, de respect, d'adoration, de sacré et développe une mystique à laquelle, pourtant,
ceux qui en sont les plus grands partisans sont quelquefois indifférents, bien qu'ils la pressentent.
C'est ce rite qui, en 1973 à Paris, dans une salle louée par Mgr Ducaud-Bourget, a éveillé soudain et clairement ma vocation sacerdotale à laquelle je n'avais jamais envisagé jusqu'alors (cf mon livre "Pour l'amour de l'Eglise")
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     images/icones/fleche2.gif Réponses par abbé Christian Laffargue (2006-11-27 20:27:08)



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