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[réponse] par Marc Levatois (2009-05-25 18:55:37) Imprimer

Cher Monsieur,

Merci de votre question. J’y réponds en prenant également en compte la question concernant ma thèse de doctorat puisque les deux points sont liés. Le livre a été, en effet, publié à partir de la seconde moitié de la thèse, consacrée au débat contemporain sur l’espace liturgique. L’autre partie étant plus dédiée au problème de l’existence d’un espace sacré dans le christianisme et à son évolution initiale. Cette thèse a été soutenue à la fin de l’année 2006. Son directeur est le professeur Jean-Robert Pitte, jusqu’à l’année dernière également président de l’université Paris-IV-Sorbonne.

Voulant reprendre un travail de doctorat dans une direction très différente de celui qui avait été engagé plusieurs années auparavant, j’ai essayé d’appliquer un mode de réflexion géographique, d’analyse de l’espace, à l’organisation liturgique intérieure de nos églises et à son évolution. C’est cette démarche, un peu différente du regard habituel sur les mutations récentes du catholicisme, qui a intéressé mon éditeur, Jacqueline Chambon, et a mené au livre.

Sur le fond, j’ai été interpellé par la question du sens à donner à la mutation profonde de l’espace intérieur de nos églises depuis le milieu des années soixante. Il s’agit d’un mouvement général, dont le signe universel est le retournement systématique de la célébration de la messe et l’ouverture totale du sanctuaire, qui procède paradoxalement d’une absence de règle à caractère obligatoire puisque cette transformation n’apparaît dans aucun des textes du concile Vatican II lui-même et n’est contraignante ni dans l’instruction Inter Oecumenici de 1964, quelle que soit son importance historique, ni même dans les règles qui régissent la célébration du missel promulgué en 1969.

Parallèlement, cette transformation profonde, antérieure en France à la réforme du missel lui-même, est bien indiscutablement liée à cette dernière car il semble acquis, dans les faits, que la messe « ordinaire » se célèbre « face au peuple » et que la messe « extraordinaire » se célèbre selon l’orientation commune. C’est du moins ce qui apparaît clairement à l’occasion des coexistences liturgiques qui se développent depuis le motu proprio de 2007. Il s’agit bien d’une constatation de faits, qui n’empêche pas l’existence d’une célébration orientée de la liturgie nouvelle, notamment dans des monastères et selon les indications récemment rappelées par Rome. Toutefois, il apparaît que l’on peut bien se poser la question de place centrale de cette mutation de l’espace au sein de la réforme liturgique, au point de se demander si elle n’en est pas un élément constitutif majeur, bien que curieusement non explicite. Cette question est à l’arrière-plan de la réflexion que j’ai engagée.

Bien cordialement. Marc Levatois

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