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Quelque part en "cache" Internet, il ressort ceci... par Glycera (2009-03-08 22:03:11) Imprimer





Biographie d’Yves Daoudal



Je suis né le 25 avril 1951 au Raincy, aujourd’hui ville du 9-3, qui était alors en Seine-et-Oise, presque à la campagne. Mon père terminait ses études de médecine, il jouait du violon à l’orchestre du Conservatoire de Paris et du biniou aux fêtes bretonnes, c’est là qu’il avait rencontré ma mère.

Trois ans plus tard nous étions à Quimper, rue Kéréon : la rue qui mène à la cathédrale. Elle est aujourd’hui bien plus belle qu’alors, et la cathédrale aussi, qui a été magnifiquement restaurée. Mais il y avait le crémier à deux pas sur le même trottoir, le boucher en face, et le boulanger dans la… rue des Boucheries. Aujourdhui il n’y a plus que des magasins de vêtements… Le beau décor a remplacé la vie de quartier.

J’ai passé mon bac, à Quimper, en 1968. On dit que ce fut un bac au rabais, parce que les épreuves étaient seulement orales, en raison de la désorganisation consécutive aux « événements », et que les examinateurs étaient peu regardants. Mais j’étais encore plus mauvais à l’oral que maintenant, ce qui n’est pas peu dire, et, alors que j’étais l’un des deux meilleurs élèves de ma classe, j’ai eu mon bac d’extrême justesse, grâce à ma bonne note en… musique.

Ensuite je suis entré dans la toute nouvelle classe de Lettres supérieures du lycée de Quimper, puis je suis allé en khâgne au lycée Louis-le-Grand à Paris. Je me disais anarchiste et j’ai participé à la « réplique » de Mai-68 dont on ne parle plus mais qui fut relativement violente dans le quartier Latin. J’écrivais dans une revue de poésie dirigée par un vrai militant anarchiste, et un jour je me suis fait engueuler parce que je venais de participer, boulevard Saint-Michel, à un sit-in de soutien à Cohn-Bendit qui venait d’être arrêté…

Les pensionnaires de Louis-le-Grand étaient presque tous maoïstes, en grande majorité « mao-spontex ». (Les trotskistes étaient surtout au lycée Saint-Louis, je ne sais pas pourquoi.) Mon voisin de dortoir était un membre très sérieux du PCMLF, le maoïsme « albanais ». Il y avait aussi un membre des Jeunesses communistes, qui figurait en quelque sorte l’extrême droite…

Je dois dire que je n’étais pas au niveau des jongleries intellectuelles de la majorité d’entre eux, et en plus je suis tombé malade. J’ai terminé une licence de lettres à la Sorbonne, j’ai vaguement tenté d’enseigner pendant un an dans une classe où il y avait déjà beaucoup d’immigrés, disons… chahuteurs, puis je me suis marié.

Nous avons acheté un triporteur (ni l’un ni l’autre n’ayant le permis de conduire), et nous avons parcouru l’Irlande en triporteur pendant deux mois. Nous sommes restés deux ou trois semaines à Derry, dont le quartier catholique venait d’être repris par l’armée britannique, et nous étions hébergés (par hasard) chez le commandant de l’IRA de Derry, qui était en fuite de l’autre côté de la frontière. Nous avons ensuite participé au « congrès du parti communiste irlandais », réunissant une vingtaine de jeunes plus occupés à chanter au pub les chants de la révolution irlandaise que d’entendre les doctes exposés de l’envoyé du… « parti communiste britannique ».

Nous étions alors plus écolos (version hippie) qu’anarchistes, et à notre retour nous avons fait des stages dans des fermes d’agriculture biologique. Puis nous avons squatté, dans le centre de la Bretagne, une ferme qui appartenait à mes grands-parents paternels et dont le fermier prenait sa retraite. Nous avons élevé des vaches bretonnes pie-noir et nous avons un peu contribué au sauvetage de cette race.

Lorsque notre premier enfant fut en âge d’aller à l’école nous avons fait connaissance de la directrice de l’école, qui était une personne fort intéressante. Elle était franc-maçonne et s’intéressait beaucoup à l’œuvre de René Guénon. Elle me prêta des livres de Guénon et je fus fasciné par ce personnage. J’en parlais donc autour de moi, notamment à ceux qui venaient acheter notre beurre. (Dans le milieu alors plutôt fourni des marginaux et semi-marginaux du Centre-Bretagne, on nous appelait « les Beurre »…) L’un de nos « clients » nous dit qu’il y avait près de chez lui quelqu’un qui parlait tout le temps de Guénon. Nous nous sommes donc rencontrés, et c’est toujours un de mes amis les plus proches. Il me dit qu’il ne suffisait pas de lire Guénon, et il m’emmena voir un moine de l’abbaye de Kergonan, qui est devenu mon père spirituel. Ce moine était le seul à continuer à dire la messe de saint Pie V, en privé, et il subissait la réprobation générale, jusqu’à la persécution (cela s’est arrangé par la suite, surtout ces dernières années). Hélas il est mort en février 2008.

Le fait que l’institutrice fût franc-maçonne a donné lieu à une anecdote fort instructive. J’avais demandé de la documentation à la Grande Loge de France pour voir dans quelle mesure l’œuvre de Guénon y jouait un rôle, et j’avais rangé cela dans ma bibliothèque. Nous étions liés à divers militants autonomistes bretons, plus activistes que moi, ce qui suscita une descente chez nous des cow-boys du célèbre commissaire Le Taillanter. Ils vinrent trois fois de suite, nous interrogeant comme si nous étions de dangereux terroristes, et faisant des perquisitions. La troisième fois ils regardèrent la bibliothèque en détail. L’un des inspecteurs découvrit la documentation de la Grande Loge de France, et il montra cela à son supérieur : « Chef ! Regardez ce que j’ai trouvé ! » Le chef jeta un œil, dit simplement : « On s’en va. » Et ils s’en allèrent aussitôt, sans ajouter un mot. On ne les revit plus.

Revenu à l’Eglise et cherchant à tout connaître de la tradition catholique, j’ai découvert la revue Itinéraires de Jean Madiran. J’y ai ensuite publié quelques articles sous mon vrai nom (Hervé Kerbourc’h). En 1981, Jean Madiran, Bernard Antony, François Brigneau et Hugues Kéraly (avec aussi Georges-Paul Wagner) ont décidé de créer un quotidien : Présent, reprenant le titre du mensuel de Bernard Antony.

J’ai décidé de participer à ce quotidien. Nous avons débarqué chez la marraine de ma femme en lui disant que nous venions louer un appartement et que nous repartions aussitôt pour organiser le déménagement. Elle nous a regardés avec des yeux ronds, l’air de dire : ils sont inconscients. Quelques heures plus tard nous avions un appartement.

J’ai donc participé à la création de Présent, sans même savoir si les fondateurs me garderaient. Mais ils m’ont gardé. J’ai pris le pseudonyme d’Yves Daoudal (Yves à cause de saint Yves, Daoudal étant le nom de jeune fille de ma grand-mère paternelle) pour ne pas gêner mon oncle qui était alors l’un des principaux présentateurs d’Europe 1.

Et je suis resté à Présent jusqu’à janvier 1999 : la scission du Front national.

Auparavant, je n’étais pas d’accord avec la ligne imposée par Jean Madiran de soutien à 100 % du Front national (« si on ne soutient pas à 100 % on ne soutient pas du tout »), mais je fus encore moins d’accord avec le fait que du jour au lendemain le soutien à 100 % s’était mué en un soutien à 0 %, et qu’il ne fallait plus parler de Le Pen. (Toute la rédaction était en faveur de Mégret, mais il ne fallait pas non plus avoir l’air de soutenir Mégret…)

Ce problème politique s’est entremêlé de très pénible façon avec un drame familial, et Présent était devenu invivable.

Comme Martin Peltier avait quitté National Hebdo pour devenir le patron du groupe de presse et le responsable des affaires internationales du MNR, je suis allé à National Hebdo. Où j’ai soutenu Le Pen à 100 %…

Peu après, Bernard Antony m’a demandé de prendre la rédaction en chef de Reconquête, la revue mensuelle du Centre Henri et André Charlier et de Reconquête. Je suis toujours rédacteur en chef de Reconquête, une revue qui a réussi à surmonter, non sans lourdes pertes, la crise religieuse des sacres d’évêques par Mgr Lefebvre et la crise politique de la scission du FN, et qui se porte plutôt bien dans le difficile contexte actuel.

En septembre 2006, j’ai créé mon blog personnel, qui me permettait en même temps de réagir quotidiennement à l’actualité (le syndrome de Présent…), d’aborder des sujets que je ne pouvais pas traiter dans National Hebdo, et de préparer au jour le jour mes articles de National Hebdo, le blog ayant en quelque sorte une fonction de « garde-manger »).

National Hebdo est mort en juillet 2008, comme le magazine du Front national Français d’abord, suite aux difficultés financières du mouvement. (National Hebdo était indépendant, mais depuis quelques années devait faire appel au FN pour boucler ses fins de mois…)

J’ai alors décidé de créer une sorte de « lettre confidentielle ». En travaillant sur le projet avec les Editions d’Héligoland, je me suis rendu compte que ma « production », sur mon blog et à National Hebdo, me permettait de créer une « lettre confidentielle » qui ressemble à un véritable hebdomadaire. Un hebdomadaire personnel, qui aborde les sujets qui m’intéressent dans le domaine politique et religieux, à l’image de mon blog. D’où le nom de Daoudal Hebdo.

La suite de l’histoire d’Yves Daoudal est entre vos mains…


NB. Etant passionné de musique classique, j’avais commencé à écrire des chroniques musicales dans Présent sous le nom de Mireille Cruz, qui était censée être la petite sœur de Mathilde Cruz, pseudonyme sous lequel François Brigneau signait ses chroniques de télévision. Mais comme il n’était pas facile d’expliquer aux attachés de presse que Mireille Cruz, c’était moi, j’ai changé de pseudonyme pour prendre celui d’Hervé Pennven. Hervé, qui est mon vrai prénom, et Pennven, qui était le nom d’un musicien quimpérois (Jeff Le Penven), organiste, compositeur, et fondateur de l’école de musique dans laquelle j’avais appris le violon. Hervé Pennven a tout naturellement suivi Yves Daoudal à National Hebdo, et il n’est pas exclu qu’il apparaisse de temps en temps dans Daoudal Hebdo…
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